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Une expérimentation de "haut vol" avec le Cerema : un drone pour contrôler l’espace maritime

publié le 7 décembre 2017

La Direction des Affaires Maritimes a chargé le Cerema de l’expérimentation d’un drone aérien instrumenté, capable d’observer et de transmettre des données en temps réel. Des drones pourraient ainsi remplacer la surveillance par avion.

Expérimentation à Saint-Brieuc pour surveiller la pêche à la coquille St-Jacques

Au titre de sa programmation d’activités 2017, le département Technologies Innovantes du Cerema EMF a été chargé par la direction des affaires maritimes (DAM), de mener l’expérimentation d’un drone volant, instrumenté d’une charge utile de télémesure et transmissions de données et d’observation optique multispectrale. La DAM réfléchit en effet à l’acquisition à terme de tels aéronefs autonomes pour assumer ses missions.

Pour cette expérimentation, le site de St-Brieuc et le sujet de la surveillance de la pêche réglementée à la coquille St-Jacques ont été retenus comme site et sujet pilotes.

Le vecteur drone, comme alternative à la détection traditionnelle par avions des navires en infraction, devait être évalué afin de prouver son aptitude à une mise en œuvre opérationnelle, y compris en conditions exigeantes, son intérêt économique, et l’adéquation des performances réelles de son instrumentation (charge utile).

Le Cerema, représenté notamment par Pierre-Yves Martin et Jocelyn Leyssenne, a été chargé des spécifications et de la préparation de ces essais dès le premier semestre 2017 avec un consortium de 5 industriels, parmi lesquels CLS (coordination), Boréal (drone porteur), ASIO155 (charge utile). L’expérimentation proprement dite a eu lieu entre le 20 et 22 novembre 2017.

Un drone de 25 kilos a réalisé deux vols de 4h à 20 km de la côte }

Les essais ont été menés au cours de deux vols d’environ 4 heures d’un engin d’approximativement 4m d’envergure et d’une masse de 25kg, à propulsion thermique, évoluant à 20km des côtes, sous le contrôle d’un pilote pour les commandes de vol et d’un pilote des systèmes embarqués.
Ce type de drone, assisté d’une localisation inertielle et d’un mode de pilotage automatique est capable d’évoluer en mode autonome (programmation) dès qu’il est hors de portée visuelle.

Ces vols ont permis de valider le concept et l’aptitude opérationnelle (facilité de mise en œuvre, rafales de vent), de mesurer les limitations techniques (portée, résolution d’image) et réglementaires (fréquences, plans de vol), et de tirer les enseignements technologiques de ce retour d’expérience.

Ces essais en vraie grandeur constituent une avancée innovante en France dans ce champ d’application. Ils ont été le fruit d’une coopération entre le Cerema, la DAM, le ministère de l’agriculture et de l’alimentation en charge de la pêche et l’unité littorale des affaires maritimes (ULAM) de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) des Côtes d’Armor.

Au-delà de cet appui technique à la DAM, le Cerema EMF se positionne plus généralement en veille prospective sur les technologies et applications des drones, avec l’ensemble des 11 directions du Cerema, et en lien avec les activités de certains de nos partenaires (ONERA, ENAC..) pour conseiller la Direction de la recherche et de l’innovation (DRI) du Ministère, voire les collectivités territoriales sur ce domaine.