Développement des territoires et logistique

Une économie moderne dont le fonctionnement repose sur l’échange des biens, des services et des données au sein de son territoire, et au-delà de ses frontières, a besoin d’une logistique performante et agile. La logistique est à ce titre un maillon essentiel de notre circuit marchand, et un organe vital pour le fonctionnement de notre société, des entreprises et des territoires. La logistique représente 10 % du PIB national, 200 milliards d’euros de chiffres d’affaires, et 1,8 millions d’emplois.

Le transport et la logistique dans l’économie nationale et celle des territoires

Aussi pour éclairer les politiques publiques aussi bien nationales que locales, il est nécessaire de comprendre le système logistique. Cela passe par l’appréhension des mécanismes et des interactions dynamiques avec les systèmes productif et distributif. Il s’agit d’analyser les déterminants de la demande logistique, de comprendre la variété des stratégies logistiques déployées par les firmes industrielles et commerciales et les leviers pour une logistique durable, d’observer comment se façonne l’offre des prestataires des supply-chain en réponse aux besoins des chargeurs d’une part, et aux conditions de production de cette activité logistique d’autre part.

France Logistique 2025

Convaincu des enjeux et conscient de la nécessité de préparer la société et les acteurs économiques aux révolutions en marche, le Gouvernement a conduit, en concertation avec l’ensemble des acteurs économiques et des territoires, parties prenantes de ce secteur, une réflexion nationale dans le cadre de la Conférence nationale sur la logistique. Ainsi, à l’issue du Conseil des ministres du 24 mars 2016, le Gouvernement s’est engagé, au travers de sa stratégie nationale France Logistique 2025, dans un plan d’actions mobilisant les services de l’Etat selon cinq axes :

  • Faire de la plate-forme logistique France une référence mondiale en encourageant la dynamique logistique sur tout le territoire ;
  • Développer le capital humain et faciliter la visibilité de l’organisation logistique ;
  • Faire de la transition numérique un vecteur de performance logistique ;
  • Utiliser la logistique comme levier de transformation des politiques industrielles et de transition énergétique ;
  • Instaurer et animer une gouvernance intégrée de la logistique. 

Multimodalité

Le transport national et européen de marchandises s’effectue majoritairement par la route, mais les autres modes prennent aussi leur part dans l’organisation du transport de marchandises et le bon fonctionnement des chaînes logistiques. Les réflexions doivent se faire non plus seulement par mode, mais dans une approche systémique prenant en compte l’ensemble des solutions de transport, dans une approche multimodale.

Cette approche doit ainsi permettre de réduire les émissions de polluants liés au trafic routier, de limiter la pollution de l’air, de limiter la congestion sur le réseau routier et d’améliorer la sécurité routière (éviter les accidents). Les politiques européenne et nationale menées sur ce sujet ambitionnent ainsi d’améliorer la soutenabilité et la durabilité des transports au travers de différents documents :

  • Le Livre Blanc sur le transport de 2011 de la Commission européenne, qui fixe un objectif de report modal de 30% de la route vers des modes de transports durables pour les longues distances (plus de 300 km) ;
  • La Loi Grenelle de l’Environnement du 3 août 2009 qui prévoit la constitution d’un réseau interconnecté d’autoroutes ferroviaires en France ;
  • L’accord du Luxembourg du 9 octobre 2009 relatif à la mise en place d’un service de ferroutage entre la France et l’Italie ;
  • L’Engagement National pour le Fret Ferroviaire (ENFF) du 16/09/2009 qui fait de l’autoroute ferroviaire un projet prioritaire.

Enfin, cette approche multimodale est indissociable d’une vision plus large qui associe l’aménagement des territoires et les politiques industrielles.

 

Logistique urbaine

Le document-cadre France Logistique 2025 souligne l’importance des enjeux liés à la logistique urbaine partant du constat que les premiers et derniers kilomètres, généralement réalisés en milieu urbain, représentent jusqu’à 20 % des coûts logistiques, contribuant fortement aux émissions de gaz à effet de serre. L’optimisation de ces flux de logistique urbaine est un enjeu fort pour les acteurs publics et économiques. Il s’agit alors de favoriser l’intégration de la logistique urbaine dans les politiques locales notamment à travers la promotion de chartes locales en faveur d’une logistique durable.

À l’échelle locale, les collectivités agissent directement sur la logistique urbaine par la réglementation mise en place, par l’organisation territoriale choisie dans les documents d’urbanisme ou par les aménagements (aires de livraison, itinéraires poids lourds…). Les enjeux liés à la logistique urbaine sont bien identifiés par les collectivités mais la multiplicité des acteurs, la superposition des compétences et l’évolution permanente de la supply chain en font un sujet complexe à traiter.

Les contributions du Cerema sur les questions de logistique urbaine sont de différentes natures :

  • Un suivi et un appui technique, méthodologique et juridique des actions et études que pourraient porter par les collectivités territoriales ou des études portées par l’Etat avec les collectivités. Le Cerema participe ainsi à l’accompagnement de l’expérimentation de la mise en œuvre du cadre national sur les chartes logistiques, portée par l’Etat, auprès de 7 collectivités depuis le premier semestre 2017 ;
  • La production d’études techniques à destination des services déconcentrés et des collectivités territoriales permettant d’apporter un éclairage sur des problématiques, enjeux ou expériences en lien avec la logistique urbaine ;
  • L’accompagnement, la formation, et l’animation de réseaux de collectivités. Le Cerema co-anime le réseau des référents transport de marchandises des collectivités. Ce réseau, qui comprend une cinquantaine de collectivités, se réunit deux fois par an. La mission du Cerema comprend également celle de référent technique, ce qui l’amène à répondre aux questions des agglomérations tout au long de l’année.

Dans un périmètre qui peut aller au-delà de la ville, le Cerema se positionne sur les questions de logistique de circuits-courts alimentaires. Les objectifs poursuivis sont multiples et consiste à identifier les spécificités territoriales des organisations logistiques, accompagner les agriculteurs dans le développement de circuits logistiques plus durables ou encore l’impact des nouvelles TIC pour la mise en place de solutions logistiques coopératives.

Dans ce cadre, le Cerema participe à plusieurs projets :

  • Le projet OLICO-Seine porte sur l'analyse de la logistique des circuits courts alimentaires en Normandie et Île-de-France pour révéler les spécificités territoriales des organisations logistiques en Vallée de Seine et engager des démarches de sensibilisation des producteurs aux enjeux logistiques en partenariat avec les acteurs territoriaux. Le Cerema effectue les évaluations économiques et environnementales des organisations logistiques de ces circuits logistiques par le développement d’un outil de calcul spécifique, sous forme d’une application web ;
  • Le projet COLCICCA vise entre autre à accompagner les agriculteurs dans la recherche de solutions logistiques plus durables ;
  • Le projet VITICOL interroge la diffusion des TIC dans les organisations logistiques et leur rôle dans le développement de pratiques plus collaboratives pour la distribution des produits alimentaires dans les circuits courts.

Logistique interurbaine

Au niveau du territoire, la question de la logistique peut être traitée selon deux dimensions :

  • Celle des flux de marchandises ;
  • Et celle des lieux où des opérations sur la marchandise : entrepôts, plates-formes multimodales.

Sur un territoire donné, il est primordial de connaître les pratiques et les opportunités de développement logistique, quel que soit la filière. La contribution du Cerema peut porter sur l’analyse, l’aide à la rédaction ou encore l’émission d’avis du volet logistique dans les documents réglementaires et les documents de planification, tels que le SRADDET, selon l’une et/ou l’autre de ces dimensions.

De plus, pour instaurer et animer une gouvernance intégrée de la logistique, certaines collectivités ont mis en place, au travers des Observatoires régionaux du transport et de la logistique, des outils pour connaitre et suivre l’évolution de l’activité logistique sur leurs territoires. Dans ce cadre, le Cerema peut apporter son expertise, comme elle le fait auprès de l'Observatoire Régional Transports & Logistique du Grand Est (ORT&L Grand Est), une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage l’élaboration d’un tableau de bord de la logistique à usage des membres de l’ORT&L et du public pour l’observation de la logistique en Grand Est.

Multimodalité et transport de marchandises

Les champs d’intervention du Cerema portent également sur la connaissance et la compréhension des différents modes de transport, les liens entre ces modes, les obstacles au développement d’un site multimodal et les propositions de solutions.

  • Sur les ports, la logistique fluviale et les plates-formes multimodales, le Cerema participe à la production d’avis, d’expertise, d’études et de projets ; à la production d’une veille scientifique et technique sur les thématiques « transport maritime et fluvial » et « Port du futur » ; à l’élaboration de doctrines techniques et méthodologiques et de retours d’expériences sur son domaine ; (FAIRE UN RENVOI vers la page « Ports, logistique et plates-formes multimodales » OU REPRENDRE EXACTEMENT LE MEME CONTENU).
  • Le fret ferroviaire en France souffre d’un manque de données fiables ; en particulier, pour l’essentiel d’entre elles, les installations terminales embranchées (ITE) permettant de charger et décharger les trains de fret (marchandises) ne sont pas localisées et leur activité n’est pas connue. Ces ITE sont pourtant essentielles à l’activité de fret ferroviaire. Fin 2014, le Cerema a lancé une campagne de recensement des ITE qui doit permettre de disposer d’une base mobilisable par les différents acteurs du fret ferroviaire : Etat, collectivités, opérateurs ferroviaires, commissionnaires de transport, et citoyens, sur environ 3000 sites en France métropolitaine, embranchés sur le réseau ferré national.
  • Sur les plateformes multimodales, le Cerema apporte son expertise sur l’analyse du fonctionnement du site et sur l’infrastructure en elle-même. Il participe à ce titre à l’expérimentation d’une chaussée économique sous charges lourdes menée sur le chantier de transport combiné de Valenton (Val-de-Marne).

Modélisation

La modélisation multimodale des déplacements de marchandises nécessite d’utiliser des méthodes et des outils complexes en perpétuelle évolution. Le Cerema édite des guides méthodologiques de références, développe et maintient des outils internes pertinents pour être un des acteurs majeurs de ce domaine technique qui ambitionne d’aider à la décision publique.

Le Cerema a deux missions principales en la matière :

  • Être un lieu d’élaboration des méthodes de références sur la modélisation multimodale ;
  • Être en capacité de fournir une expertise en modélisation multimodale facilitant la construction de politique de mobilité durable.

L’élaboration de modèle de déplacements, à vision prospective, peut être étudiée à l’échelle communale, métropolitaine, départementale, … en intégrant tous les modes de déplacement. Pour cela, le Cerema a recours à des enquêtes de terrain, à des entretiens avec les acteurs impliqués et à des outils de simulation dynamique en complément d’une approche statique. Ces modèles et méthodes peuvent ainsi servir d’aide à l’évaluation de projets et de politiques de transport multimodal : évaluation de PDU, et de tout autre document et politique relative au transport de marchandises.

L’action du Cerema auprès des collectivités et autres acteurs du territoire se fait sous la forme d’activités de conseil, de contrôle ou d’expertise technique ou encore par la réalisation de modèles ou d’assistance technique sur ce sujet. Les outils de modélisation à disposition, l’appui d’un réseau national, et la connaissance fine du territoire sont des atouts qui permettent au Cerema de mener à bien ces études.