Prévenir et gérer les risques sur le littoral

Comme sur l’ensemble du territoire national, la prévention des risques naturels littoraux a pour objectif de concilier au mieux développement territorial et maîtrise de la vulnérabilité face aux risques naturels. Pour prévenir les risques littoraux, tous les piliers de la prévention des risques sont mobilisés : connaître, informer, surveiller, alerter, gérer les crises, protéger, aménager, tout en assurant la cohérence de ces actions entre elles, à l’échelle d’un territoire littoral.

25 % du littoral français est en érosion

Pour mieux percevoir l’importance de ces phénomènes, il paraît nécessaire de garder à l’esprit quelques chiffres. Près de 25 % du littoral français est en érosion (Indicateur national de l’érosion côtière, Cerema 2016), 1,5 million de résidents permanents et 850 000 emplois sont susceptibles d’être affectés par des submersions marines (évaluation préliminaire des risques d’inondation réalisée en 2011).

Les événements dramatiques survenus le 27 février 2010 lors du passage de la tempête Xynthia sur une partie de la façade Atlantique ont mis en évidence la nécessité de renforcer notre politique de prévention des risques de submersions rapides. La prévention des risques littoraux s’appuie sur des responsabilités distinctes et des missions partagées, entre État et collectivités territoriales.

Risques littoraux et gestion intégrée du trait de côte doivent être appréhendés de manière coordonnée et cohérente avec la dynamique sédimentaire des systèmes littoraux. Aussi la politique de prévention des risques littoraux repose pour partie sur la « stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte » (SNGITC) dont le plan d’actions a été lancé en mars 2012 et renouvelé en 2017 par le ministère en charge de l’écologie. Elle bénéficie également de la stratégie nationale de gestion des risques d’inondation (SNGRI) adoptée en octobre 2014 ainsi que du cadre d’action donné sur chaque bassin hydrographique par les plans de gestion des risques d’inondation (PGRI), déclinés au, total sur les 122 « territoires à risque important d’inondation » (TRI), dont 34 TRI littoraux arrêtés dans le cadre de la mise en œuvre de la directive inondation 2007/60/CE.

La mise en œuvre et l’articulation de la directive inondation, des appels à projets PAPI et des stratégies de gestion du trait de côte structurent progressivement l’application de la politique de prévention des risques naturels littoraux et ses outils, pour permettre aux territoires de se préparer à vivre des événements de plus en plus impactants pour les activités humaines. Cette nouvelle impulsion est d’autant plus attendue sur le littoral que le changement climatique augmente encore les risques.
 

Améliorer de la culture du risque au sein des populations et des acteurs de la prévention des risques

L’aménagement durable des territoires exposés aux risques passe par une prise en compte des risques littoraux dans l’aménagement, la gestion pérenne des ouvrages de protection, l’amélioration de la connaissance des phénomènes et des vulnérabilités, l’amélioration de la prévision, l’alerte et la gestion de crise, la réduction de la vulnérabilité, et, par l’amélioration de la culture du risque au sein des populations et des acteurs de la prévention des risques.

Accroître la connaissance des aléas

La poursuite de la hausse du niveau marin dans les décennies à venir aura des conséquences importantes sur les milieux côtiers. Le changement climatique influence les éléments météo-marins à l’origine des phénomènes de submersion, d’inondations côtières et d’érosion des côtes. Un enjeu important réside dans la prise en compte du changement climatique dans les outils de prévention des risques. Les plans de prévention des risques littoraux intègrent désormais cette évolution.

Le Cerema gère, depuis 1972, un ensemble de stations de mesure de houles le long du littoral français qui permettent d’évaluer ponctuellement les caractéristiques des houles et leur évolution. A l’occasion de la directive inondation, le Cerema a également réalisé les études à même de définir à l’échelle nationale les zones potentiellement impactées par des inondations. Le Cerema a également produit l’indicateur national de l’érosion côtière et a estimé le nombre de biens susceptibles de disparaître à horizon 2100 du fait du recul du trait de côte.
 

La Rance, Ille Et Vilaine, St Malo, Bretagne

Aménager durablement les territoires

Afin d’éviter d’aggraver les situations existantes et futures, il a été demandé à l’Etat de prescrire et d’élaborer des plans de prévention des risques (PPR) littoraux ou inondation, qui permettent de délimiter les zones directement exposées à des risques, et celles qui ne sont pas directement exposées mais où certaines occupations du sol pourraient accroître les risques ou en provoquer de nouveaux. Ces plans ont un objectif de protection des biens et des personnes, et la réduction de leur vulnérabilité.

Le Cerema a contribué à l’élaboration du nouveau cadre méthodologique en 2014 et assiste les services en charge de la mise en œuvre des PPRL. Il contribue également à assister les collectivités dans le cadre de la future prise de compétence GEMAPI que ce soit en termes de gouvernance que d’études techniques. De manière plus large, les documents d’urbanisme (Schéma de mise en valeur de la mer, PLU, carte communale, SCoT) doivent déterminer les conditions permettant d’assurer la prise en compte des risques naturels prévisibles dans l’aménagement et de réduire la vulnérabilité.

Pour prendre en compte les risques dans l’aménagement 4 orientations peuvent être retenues. Ces stratégies ne sont pas, suivant les échelles spatiales, à opposer.

  • « Laisser-faire » : suivre l’évolution naturelle lorsque les enjeux ne justifient pas une action de gestion.
  • Mitigation, adaptation : intervenir de façon limitée sur les enjeux en accompagnant les processus naturels.
  • Fixation du trait de côte, protection : conservation, modification ou construction d’ouvrages de défense côtière.
  • Repli stratégique ou relocalisation : recul des enjeux face à l’aléa.

Favoriser la prise de conscience des risques

L’information du grand public est un levier majeur de sensibilisation aux risques. Les plateformes ouvertes mutualisant les données et permettant leur visualisation, voire leur téléchargement, sont, à cet égard, particulièrement mobilisées. Le Cerema administre ainsi le portail Géolitoral.

Le développement des sciences participatives est également accompagné par la création d’application comme l’application Rivages permettant de suivre le trait de côte depuis son téléphone portable.