30 décembre 2005
Evolution des vitesses pratiquées en Haute-Normandie de 2000 à 2004
Le Cerema a produit en 2005 un rapport sur l'évaluation des vitesses pratiquées en Haute-Normandie de 2000 à 2004.

I.1. Retour sur le contexte 2000 2004

Pour comprendre les apports de cette étude, il est nécessaire de replonger dans les années 2000 - 2004. La sécurité routière a été décrétée par le Président de la République grande cause nationale en juillet 2002. Les médias mettent alors un fort accent sur l'insécurité routière. Le Président annonce le déploiement de radars vitesse fixes accompagnant un contrôle sanction automatisé pour lequel l'intervention humaine ne sera plus possible pour "faire sauter son PV", activité alors perçue comme un sport national. Les conducteurs ont le sentiment que le niveau de contrôle augmente considérablement et adaptent par anticipation leur comportement en réalisant moins d'infraction sur la vitesse. Ces radars sont une nouveauté, et les conducteurs les découvrent. Les processus d'adaptation ne sont pas encore en place. La plupart des conducteurs ignorent où se trouvent ces radars, ce qui explique qu'ils ont un effet, y compris, sur les réseaux où ils n'ont pas été déployés. En effet, la réalité est que leur déploiement est un processus qui démarre tout juste, le 1er radar arrivant en Haute Normandie en aout 2014. De plus, les téléphones mobiles sont moins rependus qu'en 2019, et les applications de type waze, tomtom, coyotte et autres sont peu diffusées et permettent à peu d'usager de s'affranchir des contrôles par radars.

La situation a fortement évolué depuis.

I.2. Contexte et objectifs

Dans le cadre de l’Observatoire Régional de Sécurité Routière (ORSR) de Haute-Normandie, le Cete Normandie-Centre de l'époque s’est vu confier par la DRE de Haute-Normandie de l'époque la mise en place d’un observatoire des comportements ayant pour objectif, dans un premier temps, l’observation des vitesses pratiquées sur les départements de l’Eure et de la Seine-Maritime.

Les objectifs sont multiples. L’observatoire doit permettre :

  • de mettre en avant le lien entre insécurité routière et vitesse. Cette partie de l’étude comprend notamment la mise en parallèle des évolutions de l’accidentologie et celle des vitesses

  • d’améliorer la connaissance des vitesses sur la région, en réalisant une « photographie » des vitesses pratiquées sur le réseau routier pour l’année en cours.

Conclusions

La présente étude permet d’apprécier, à partir d’un indicateur de vitesse à la fois simple et robuste, les évolutions de vitesse sur la région ces dernières années, mais il offre aussi un éclairage nouveau sur les liens entre comportements des usagers, infrastructure, accidentologie et influence des médias (« l’effet d’annonce »).

Les résultats très forts sur les évolutions des vitesses ont montré que les baisses des dernières années suivent de fortes tendances à la baisse, et que ce sont les fortes infractions qui ont le plus diminué. Cette baisse ne s’explique cependant pas par la pose des radars automatiques haut-normands puisque les premiers ont été mis en place en août 2004.

Evolution des taux d'infractions

En outre, l’analyse des sites les plus infractionnistes montre des configurations type : traverses de courtes zones à 70km/h, grands alignements droits en rase campagne et zones ambiguës. Une typologie se dégage également de l’analyse des sites les moins infractionnistes (sites à contraintes liées à l’infrastructure, sites autoroutiers).

Evolution chronologique

Le lien avec les accidents et surtout les accidents mortels est une fois de plus mis en avant par cette étude. La corrélation très forte entre l’influence des médias et les comportements des usagers est également largement illustrée par les mises en parallèle entre bruit médiatique et taux d’infraction.