La base unifiée des EMC² (Enquêtes Mobilité Certifiées Cerema) offre un terrain d’analyse particulièrement riche pour étudier l’influence de la parentalité sur les comportements de mobilité. Son exploitation permet de mettre en évidence les principales évolutions observées en matière d’organisation des mobilités quotidiennes, de choix modaux, de distances parcourues, etc. Les principaux résultats de cette analyse sont présentés ci-après.
Un parent se déplace davantage au quotidien qu’un adulte sans enfant
Un adulte avec enfant(s) réalise 1,5 déplacements en plus par jour par personne
Un adulte avec enfant(s) réalise en moyenne 4,7 déplacements par jour contre 3,2 déplacements par jour pour un adulte sans enfant. La présence d’enfants dans le ménage se traduit ainsi par une augmentation de près d’un tiers du nombre de déplacements quotidiens. Cette hausse n’est toutefois pas uniforme selon les situations familiales.
Même en excluant les personnes immobiles, les adultes avec enfant(s) restent plus mobiles que ceux sans enfant, avec en moyenne 1,17 déplacement supplémentaire par jour. Cet écart s’explique en partie par une proportion d’immobiles plus élevée parmi les adultes sans enfant (16 % contre 6 % chez les parents). La présence plus importante de personnes âgées dans ce groupe peut contribuer à cette différence d’immobilité.
Dans les familles monoparentales concernées, le parent seul réalise en moyenne cinq déplacements par jour. En effet, dans cette configuration, l’ensemble des déplacements liés aux enfants repose sur une seule personne, alors qu’ils peuvent être partagés au sein d’un couple.
L’âge des enfants joue également un rôle important. Les niveaux de mobilité les plus élevés sont observés lorsque le ménage compte au moins un enfant âgé de 5 à 10 ans tandis qu’ils sont les moins élevés lorsque le ménage compte uniquement des enfants de 11 ans et plus. Cette différence peut s’expliquer par l’autonomie croissante acquise par les enfants à partir de cet âge, réduisant ainsi les besoins d’accompagnement parental.
Les parents ayant trois enfants ou plus réalisent en moyenne 20 % de déplacements supplémentaires par rapport à ceux n’ayant qu’un seul enfant, traduisant l’accroissement des contraintes organisationnelles et des besoins de déplacement au sein du ménage.
Les parents à temps partiel réalisent 17 % de déplacements en plus que les parents à temps plein.
En combinant activité professionnelle réduite et responsabilités familiales, le temps partiel apparaît ainsi comme un statut offrant une plus grande disponibilité pour la réalisation des déplacements d’accompagnement des enfants à leurs activités.
Quels enseignements pour les collectivités ?
Ces résultats invitent les collectivités à renforcer la prise en compte des contraintes parentales dans l’élaboration de leurs politiques de mobilité pour favoriser des mobilités plus soutenables, inclusives et adaptées aux réalités de la vie familiale. Plusieurs pistes peuvent être mobilisées par les collectivités : le développement de dispositifs de mobilité scolaire dite partagée (pédibus, vélobus), l’amélioration des infrastructures piétonnes et cyclables aux abords des écoles, le renforcement des plans de mobilité scolaire ou encore une meilleure adéquation de l’offre de transports collectifs aux rythmes de vie des familles notamment pour les activités périscolaires notamment dans les zones urbaines et péri-urbaines.
En outre, ces résultats soulignent également l’importance d’une approche intégrée associant mobilité, aménagement du territoire et accès aux services de proximité afin de réduire les distances contraintes et ainsi limiter la dépendance à la voiture.
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Direction territoriale du Cerema Centre-Est – Département Mobilités :





