Haut de page

UNE
 

Contenu

Une étude du Cerema sur les énergies renouvelables en montagne

publié le 13 avril 2017

Le but de cette étude menée par le Département Aménagement des Territoires dans la partie sud des Alpes était de définir les difficultés et les opportunités rencontrées par les territoires de montagne pour développer les énergies renouvelables.


En premier lieu, la synthèse bibliographique a permis d’établir les atouts et faiblesses de quatre filières d’énergie renouvelable (hydroélectricité, bois-énergie, photovoltaïque et éolien) spécifiques aux territoires de montagnes :

  • La construction de nouvelles centrales hydroélectriques de forte puissance a atteint ses limites. Le développement de l’énergie hydroélectrique passe désormais par la petite hydroélectricité ou la modernisation des infrastructures existantes sous réserve de compatibilité avec la préservation de la biodiversité ;
  • Les ressources importantes en bois sur ces territoires semblent ouvrir de nombreuses perspectives pour le développement de la filière bois-énergie en milieu montagnard, sous réserve de résoudre les questions d’appartenance de la ressource et de son accessibilité ;
  • La filière photovoltaïque au sol est consommatrice d’espaces. La préservation des espaces naturels et agricoles, couplée à la faible disponibilité de grandes surfaces au sol limitent son potentiel d’implantation, malgré de nombreux paramètres physiques (pente des terrains, effet « albédo ») propices à son développement sur ces territoires. Le développement sur les bâtiments et infrastructures existantes est à privilégier ;
    - *Du fait de contraintes physiques et d’importantes qualités paysagères à préserver, le potentiel de développement de la filière éolienne reste faible.

Une approche transversale pour favoriser les énergies renouvelables

Cette analyse bibliographique a également montré que le développement de ces énergies au sein de ces territoires devait résulter du croisement entre plusieurs approches :

  • une approche sociale, avec la mise en place de processus de « planification transparent » et l’accompagnement des élus dans leur démarche afin de garantir l’acceptabilité des projets par la population locale ;
  • une approche environnementale, avec la mise en avant de la protection de l’environnement dans les projets d’aménagement ;
  • une approche territoriale, avec la promotion d’un développement territorial durable, opposé à une approche dite « par filière », risquant de déstructurer les filières d’approvisionnement locales ;
  • une approche technique, avec la modernisation des infrastructures existantes et le développement de l’autoconsommation.

Un profil énergétique des communes de montagne

En second lieu a été dressé le profil énergétique des communes situées en zone de montagne dans les Alpes du Sud en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Ces communes, au nombre de 533, produisent près de 50 % de l’énergie électrique régionale (hors département des Bouches-du-Rhône), dont près de 99 % issue de la filière hydraulique.

La territorialisation du SRCAE de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur a permis de montrer que les objectifs de production d’énergie renouvelable aux horizons 2020 et 2030 pour les communes en zone de montagne étaient respectivement 23 % et 29 % plus faibles que ceux fixés pour les communes situées hors zone de montagne.

Enfin, en dernier lieu, un focus a été réalisé à l’échelle du Pays Serre-Ponçon-Ubaye-Durance, composé de 31 communes situées en zone de montagne. L’analyse de ce territoire a permis de mettre en évidence le rôle clef d’animation de la mission énergie dans le développement et le portage des filières d’énergie renouvelable.

Ce territoire rencontre par ailleurs de nombreuses difficultés pour développer ce type d’énergie. Quatre freins ont ainsi été identifiés :

  • La capacité d’investissement limitée des communes, principalement rurales ;
  • La longueur des procédures administratives apparaissant comme un frein au développement des projets d’énergie renouvelable ;
  • L’isolement des communes augmentant, parfois de manière substantielle, les coûts de raccordement des projets au réseau électrique ;
  • L’échelle de la gouvernance énergétique territoriale, dans laquelle l’articulation entre les communes et les intercommunalités n’est parfois pas bien définie.

Quels gisements d’énergies renouvelables à moyen et long terme?

Le bilan énergétique et les perspectives de développement de trois filières d’énergie renouvelable (hydraulique, photovoltaïque et bois-énergie) ont mis en évidence que ce territoire était en mesure de parvenir à l’objectif qu’il s’était fixé à l’horizon 2030 dans le cadre de l’appel à projet TEPCV.

En revanche, l’atteinte de l’objectif d’autosuffisance énergétique en 2050 nécessitera non seulement d’identifier de nouveaux gisements parmi ces trois filières, mais également d’en explorer de nouvelles pour consolider le système énergétique territorial. Ainsi, la géothermie (avec la réalisation d’un centre aquatique dans la commune d’Embrun alimenté en chauffage géothermique par la nappe de la Durance et de l’Ubaye), la méthanisation avec le centre d’enfouissement d’Embrun et la valorisation du biogaz, ou la cogénération sont quelques pistes qu’il conviendra d’approfondir par la suite.

⇒ Contact Cerema : Jérôme Christin
Energies renouvelables en zone de montagne - Etude sur la partie sud des alpes (format pdf - 1.5 Mo - 13/04/2017)

 
 

Pied de page