15 septembre 2026
couverture
Cerema
Alors que la chaleur impacte de plus en plus les villes, comment objectiver la surchauffe et localiser les sites sur lesquels agir en priorité ? Le Cerema a mis au point une méthode, basée sur le concept de Zones Climatiques Locales (Local Climate Zone - LCZ), présentée dans ce document, afin de cartographier les différentes zones climatiques d'un territoire à partir de l'analyse d'images satellite.
Les LCZ de plus de 12 000 communes en France métropolitaine et en Outre-mer sont disponibles.

Article du 8 juillet 2026 mis à jour.

Les épisodes de forte chaleur impactent fortement les espaces urbains très minéralisés, où on observe le phénomène d'îlot de chaleur. Afin d'objectiver la surchauffe des différentes parties de la ville, le Cerema présente une méthode consistant à cartographier les zones climatiques locales (Local Climate Zone - LCZ) qui reflètent le comportement climatique des tissus urbains. Cette méthode est reproductible facilement, à des coûts raisonnables, en utilisant des données facilement accessibles.

Les données de Météo-France montrent que la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur ont augmenté au cours de ces trente dernières années, et que cette tendance va se poursuivre sur les décennies à venir, avec des impacts sur la santé et sur l'habitabilité : les villes ont tout intérêt à agir dès à présent pour réduire leur vulnérabilité face à la surchauffe urbaine.

 

Dans les villes de plus de 400 000 habitants, 1 personne sur 2 vit dans un secteur sensible à la surchauffe urbaine

 

Zoom : le phénomène îlot de chaleur

Il s’agit d’un écart de température de quelques degrés entre le centre des villes et les zones rurales ou naturelles périphériques. Cet écart est plus important l'été et durant la nuit. 

La chaleur est plus importante en ville (jusqu'à 3°C de plus en ville qu'en périphérie la nuit) en raison de plusieurs facteurs, comme la densité et la forme urbaine, l’artificialisation des sols, les propriétés d’absorption et de stockage des matériaux de constructions, les activités anthropiques productrices de chaleur (industrie, transport, équipements domestiques), la présence/absence d’espaces végétalisés ou en eau, ou encore le climat régional.

La carte des LCZ ne permet pas d'évaluer le phénomène d'îlot de chaleur : pour les sites les plus sensibles, une campagne de relevés de température de l’air ou une modélisation climatique permettent d'appréhender le phénomène.

 

Appliquer la méthode de cartographie LCZ sur son territoire

Carte des LCZ à Lyon / Cerema

Ce livret explique le concept de LCZ et son utilité pour diagnostiquer la surchauffe, ainsi que les facteurs qui la favorisent. 17 classes de LCZ ont été définies, en fonction de la configuration de l'espace : végétalisé ou artificialisé, dense ou non, avec des bâtiments élevés ou non...

Ces 17 typologies sont présentées dans le document. Les types d'espaces les plus vulnérables à la surchauffe sont, dans l'ordre : 

  1. les espaces urbains comprenant des immeubles élevés et compacts, très imperméabilisés
  2. les ensembles compacts de maisons
  3. les ensembles de tours et d'immeubles espaces
  4. les bâtiments de grande emprise et les sols imperméabilisés non bâtis

C'est donc sur ces espaces qu'il est intéressant d'agir en priorité.

Le document précise comment récupérer les données et les images satellite.

Une cartographie en ligne des LCZ sur 93 zones géographiques les plus densément peuplées sont couvertes, soit 46 millions d'habitants

En France Hexagonale, 88 aires urbaines de plus de 50 000 habitants sont couvertes. En Outre-Mer, cette couverture concerne les îles de Guadeloupe, Martinique, La Réunion et Mayotte, et le littoral nord-ouest de Guyane.

La cartographie est disponible en ligne pour 12 110 communes (sur 34 955) dont 265 communes de 20 000 à 50 000 habitants, les 87 communes de 50 000 à 100 000 habitants et les 42 communes de plus de 100 000 habitants.

Cartographies des LCZ

Enseignements :

 

  • Plus de 5 millions d’habitants vivent dans des quartiers à forte sensibilité aux fortes chaleurs
  • Plus de 30 000 hectares (300 km2, soit 3 fois la surface de la ville de Paris) de zones bâties sont à forte ou très forte sensibilité à l’effet d’îlot de chaleur et demanderaient des actions d’adaptation importantes
  • Dans les plus grandes villes (> 400 000 habitants), ces zones représentent près de 13 % des tissus urbanisés
  • Sur l’ensemble des villes de plus de 20 000 habitants, 4,5 millions de personnes vivent dans des quartiers à forte ou très forte sensibilité, soit 18 % de la population totale de ces communes
  • Sur les villes de plus de 400 000 habitants, 2 millions de personnes vivent dans des secteurs à forte ou très forte sensibilité, soit plus de 50 % de la population
  • Sur les villes de 200 à 400 000 habitants, 350 000 personnes sont dans des secteurs à forte ou très forte sensibilité, soit 18 % de la population
  • Ce taux est de 16 % pour les villes de 100 000 à 200 000 habitants, et il est plus faible (7 %) pour les villes de 20 000 à 50 000 habitants

 

Exploiter la cartographie pour prioriser l'action

Le livret explique comment utiliser la cartographie des LCZ et comment analyser les enjeux de chaque secteur afin d'identifier les solutions les plus adaptées à mettre en œuvre, et présente le retour d'expérience de la Métropole européenne de Lille ainsi que des cas d'usage illustrés d'exemples concrets :

  • Quel apport des LCZ dans la mise à jour d'un PLU, un SCoT ou PCAET ?
  • Quel usage des LCZ en Outre-mer ?
  • Comment évaluer le phénomène d'îlot de chaleur urbain en s'appuyant sur la cartographie des LCZ ?
  • Comment identifier les aménagements pertinents en faveur du rafraîchissement ? 

Le document revient aussi sur la démarche pour concevoir une stratégie de rafraîchissement de la ville en exploitant la carte des LCZ croisée avec les données sur les thématiques que la ville veut porter, par exemple les populations vulnérables, les continuités écologiques, la carte du potentiel de renaturation ou du potentiel de désimperméabilisation des sols, les zones de fraîcheur déjà existantes, les réseaux de froid pour alimenter les bâtiments... 

Des solutions en termes de renaturation, d'aménagement de l'espace public, d'évolution des comportements individuels comme collectifs peuvent être déployées.

 

Le document sur CeremaDoc :