9 octobre 2019
Florent Boithias au SIIVIM lors d'une table ronde
Expert invité à la table ronde "Penser une ville pour tous est la garantie d'une ville accessible à tous" le Cerema a présenté ses travaux sur la cartographie de l’accessibilité de la chaîne du déplacement dans le cadre d’un partenariat avec les collectivités de Lorient Agglomération, Grenoble Alpes Métropole et Toulouse Métropole. Un autre expert a présenté l'approche du Cerema en matière de territoires intelligents.

Logo SIIVIMLe Sommet International de l'Innovation en Villes Médiane (SIIVIM), à l’initiative de Denis Thuriot, Président de Nevers Agglomération, Maire de Nevers et de Michel Angers, Maire de Shawinigan (Québec), a pour objectif de fédérer les territoires autour de l’innovation et du numérique.

Pour sa deuxième édition, le SIIViM a réuni, le 26 septembre 2019 à Nevers, plus d’une centaine de territoires autour de 74 exposants-démonstrateurs, de 8 thématiques indispensables pour construire la ville intelligente et de 30 conférences et tables rondes associant des élus et des experts.

Expert invité à la table ronde "Penser une ville pour tous est la garantie d'une ville accessible à tous" animée par Aurélie Luttrin, présidente de Nomolex Performance, le Cerema a présenté ses travaux sur la cartographie de l’accessibilité de la chaîne du déplacement dans le cadre d’un partenariat avec les collectivités de Lorient Agglomération, Grenoble Alpes Métropole et Toulouse Métropole.

 

L'accessibilité par le numérique, stratégie de Nevers

SIIVIM table ronde 2Hervé Barsse, conseiller municipal délégué à l'Accessibilité, au Handicap et à la Santé à la ville de Nevers, a présenté le travail mené avec les équipes techniques de l’agglomération sur la création d’un outil répertoriant les places de parking adaptées aux personnes à mobilité réduite.

L’outil est une cartographie interactive accessible en ligne qui permet de géolocaliser les places réservées et d’en afficher les informations essentielles : adresse, dimensions et photo.

Sous l’impulsion de M. Barsse, la ville ne compte pas s’arrêter à cette première initiative prometteuse mais souhaite appliquer la même méthodologie aux établissements recevant du public de la commune afin de les géolocaliser et d’en qualifier l’accessibilité.

 

L'accessibilité des cheminements dans les systèmes d'information géographique

Le Cerema a ensuite pris la parole pour présenter le projet "SIG & Accessibilité" dont le travail est accessible. Après avoir introduit ces propos par l’état des lieux des initiatives existantes, les deux experts du Cerema ont explicité à la méthodologie appliquée au partenariat et ont mis en évidence les utilisations attendues du modèle de base de données décrivant l’accessibilité des cheminements.

  • SIG et accessibilité : infographiePremièrement à destination des collectivités qui pourront s’appuyer sur le modèle pour développer leur outil SIG ou le faire évoluer pour prendre en compte de nouveaux usages, le modèle a également vocation à permettre aux villes et EPCI de répondre aux obligations réglementaires de mise en accessibilité de la chaîne du déplacement (Ad’AP, PAVE et SDAP) ou de collecte des données accessibilité sur les cheminements à proximité des arrêts prioritaires issue de la Loi d’Orientation des mobilités.
  • Deuxièmement, le modèle a pour vocation d’homogénéiser les données d’accessibilité afin de proposer des services harmonisés et adaptés aux usagers.

Le Cerema a développé cet outil SIG dédié à l'accessibilité de la chaine de déplacements dans le cadre d'un partenariat avec trois collectivités : Grenoble Alpes Métropole, Lorient Agglomération et Toulouse Métropole.

L'objectif était notamment de résoudre les problèmes d'homogénéité et d'interopérabilité des données, liées à la variété d'outils disponibles. Un modèle de données a donc été créé afin de décrire l'accessibilité dans les systèmes d'information géographiques (SIG) à partir des travaux déjà menés dans les trois collectivités impliquées dans le projet. 

Ce modèle traite de la même manière les trois maillons de la chaîne du déplacement que sont le transport, le bâtiment et la voirie ou l'espace public,  et les interfaces entre ces éléments. Plus d'informations sur ce projet :

 

La ville intelligente sera inclusive ou ne sera pas

Anne-Marie Dumont, conseillère régionale déléguée au handicap à la région Bourgogne-Franche-Comté a témoigné sur sa mobilité quotidienne et les nombreuses difficultés rencontrées. L’accessibilité de la cité doit rester un sujet de préoccupation constant pour les élus et les techniciens qui façonnent la ville jour après jour. Faire preuve de bon sens pour construire la ville, ne suffit pas toujours et souvent des aménagements réussis résultent de la sensibilisation et de la formation des agents et des décideurs. Les formations-sensibilisation dispensées par le Cerema aux agents et des élus de la ville de Bourg-en-Bresse sont un très bon exemple d’action en faveur de l’évolution des pratiques.

La table ronde s’est conclue sur deux postulats : le premier est que le numérique est un facilitateur pour la mobilité de tous et notamment pour les personnes à mobilité réduite mais, qu’il ne peut se substituer à la mise en accessibilité de la ville, le second sur le fait que les outils numériques doivent prendre en compte l’ensemble des usagers dans leur diversité afin de ne pas accentuer la fraction numérique déjà bien trop existante.

 

Territoires intelligents et co-innovation entre villes médianes? 

infographie sur l'internet des objetsFlorent Boithias, directeur de projet Villes et territoires intelligents au Cerema, est intervenu lors du SIIVIM, à l'occasion d'une conférence intitulée "Quel fondement pour le Territoire Intelligent ? Comment garantir entre villes médianes des processus de collaboration, de co-innovation et de capitalisation ?".

Un territoire intelligent n'est pas nécessairement un territoire high tech, qui expérimente les technologies dernier cri. Même s'il reste encore beaucoup de perspectives d'innovation, les principaux cas d'usage du numérique sont aujourd'hui assez bien identifiés et, selon Jonathan Gainche, Délégué Général de Villes de France, nous entrons dans une phase de consolidation.

L'enjeu est aujourd'hui pour les collectivités de se mettre en capacité d'agir de manière souveraine sur leur territoire, pour défendre l'intérêt général dans un monde qui se transforme. S'agissant de la smart city au sens large, il s'agit de passer d'un idéal à atteindre à une logique de processus d'aménagement du territoire, permettant de répondre aux besoins des habitants et du territoire.

Il faut pour cela faire évoluer la gouvernance des territoires, adapter les méthodes de travail et l'organisation interne des collectivités, et aussi former les agents et les élus. Le Cerema propose à ce titre une plaquette de sensibilisation à destination des élus, Villes intelligentes : tous concernés, du village à la métropole, donnant les conseils pour bien démarrer une stratégie de territoire intelligent.

La transition numérique, si elle apporte de nouvelles opportunités, est également porteuse de nouveaux enjeux de niveau politique :
  • Il faut développer des services numériques, mais sans exclure ceux qui ne savent ou ne peuvent pas les utiliser ;
  • Il faut optimiser la gestion de la ville, mais en restant mesuré sur le déploiement de capteurs et d'appareillages numériques, ceux-ci étant générateurs de pollution et consommateurs d'énergie ;
  • Il faut gérer et valoriser les données territoriales, mais en protégeant les données personnelles des habitants ;
  • Il faut impliquer les citoyens, mais de manière sincère et durable et sans s'arrêter au choix d'un outil de civic tech sur étagère.
Un territoire intelligent est également un territoire qui agit en bonne intelligence avec les territoires voisins, en favorisant les démarches de mutualisation.

En savoir plus :