12 décembre 2018
Érosion sur le littoral occitan
Le Cerema publie un nouveau mini-guide à télécharger dans sa collection des P'Tits Essentiels, destinée notamment aux élus des territoires: il explique en 12 pages comment les collectivités peuvent s'appuyer sur le Plan Communal de Sauvegarde pour anticiper et réagir lors des épisodes de submersions marines. Interview en 3 questions de Sabine Cavellec, qui a co-écrit cette publication pratique avec Pascal Belin, sur l'intérêt du plan de sauvegarde pour la gestion du risque de submersions marines.

couverture de l'ouvrage

Interview en 3 questions de Sabine Cavellec, responsable d’études à la Division modélisation et mesures hydrauliques au Cerema

Co-autrice de ce nouveau P’Tit Essentiel "Submersions marines: le Plan Communal de Sauvegarde, un outil incontournable", avec

Pascal Belin, chargé d'étude ingénierie de crise au Service vulnérabilité et gestion de crise du Cerema

 

 

Pourquoi avoir conçu ce P'Tit Essentiel consacré au plan communal de sauvegarde comme outil de gestion de crise lors d’une submersion marine ?

Le littoral français a été très touché ces dernières années par des phénomènes de tempêtes, qui ont causé des submersions marines, c'est-à-dire des inondations par la mer, et de l’érosion: un recul du trait de cote, la limite entre la terre et la mer. 

Panneau d'alerte de la présence d'une digue sur une plageLes maires doivent connaître les phénomènes et les risques auxquels est soumise leur commune, et notamment le risque de submersion marine, car ils sont responsables de la protection de la population sur leur territoire.

Le Cerema est un expert sur les risques littoraux, et le but de ce P’tit essentiel est de développer la conscience du risque de submersion marine auprès des élus. Si un événement météo-marin tel qu'une tempête survient, le plan communal de sauvegarde (PCS) est pour eux un outil essentiel de gestion de crise, car il lui permet par anticipation :

  • D'organiser les dispositions à mettre en œuvre pour assurer l’alerte, l’information, la sauvegarde, la protection et le soutien de la population.

  • Ensuite de préparer tous les acteurs du territoire à avoir les comportements appropriés et les bons réflexes pour se protéger.

  • Enfin, de planifier les actions des acteurs communaux, c'est-à-dire les élus et agents municipaux, ainsi que les bénévoles et les entreprises partenaires, par le biais d’un plan d’intervention gradué permettant de répondre à deux questions clés : "quelles sont les actions à mener ?" et "à quel moment ?".

 

Le Plan Communal de Sauvegarde (PCS) implique aussi une collaboration avec les différents acteurs du territoire, quel est l’interêt ?

Lors de la démarche de PCS, une collaboration doit être engagée entre les maires et leurs interlocuteurs privilégiés en préfecture, dans les Services départementaux d'incendie et de secours (SDIS), dans les services de l’État, les communes voisines, les services de météorologie, ainsi qu'avec les gestionnaires de systèmes de protection (les digues, systèmes d’endiguement) et d'autres acteurs potentiels.

Mesures de prévention contre de hautes marées et un risque de tempête à Saint-Malo, avec des sacs de sableCela permet de mieux se connaître et de parvenir à une gestion de crise optimale, parce que chaque interlocuteur apporte sa compétence sur la connaissance du risque de submersion, sur l’anticipation du phénomène et sur l’élaboration de la réponse opérationnelle. Le Cerema peut également intervenir à ce stade, en appui.

De plus, les exercices qui simulent des événements réels de submersions marines et leur retour d’expérience sont la clé de voûte pour tester le PCS et vérifier que le rôle de chacun des acteurs est clairement identifié et coordonné. Le Cerema peut également apporter son expertise pour préparer ce genre d’exercice.

Cependant, pour une bonne gestion de crise à l’échelle communale, il est souhaitable que le PCS soit bien articulé avec les différentes planifications existantes comme les Plans particuliers de mise en sûreté (PPMS) des établissements d’enseignement ou des établissements recevant du Public (ERP), les cahiers de Prescription de Sécurité (CPS) des campings, ou encore les plans de surveillance des ouvrages hydrauliques (digues).

 

On parle de plus en plus d’une "culture du risque", de quoi s’agit-il ?

Dégâts à Saint-Martin suite à l'ouragan Irma
Dégâts à Saint-Martin suite à l'ouragan Irma - Crédit : Cerema

On observe que si certains territoires d’outre-mer régulièrement touchés par des cyclones ont développé une culture locale forte du risque de submersion marine, c’est-à-dire que les personnes connaissent les risques auxquels elles sont confrontées, leurs conséquences, et les consignes de sécurité à respecter, en revanche en métropole, le littoral est considéré encore trop souvent comme une zone de loisirs dans laquelle le risque de submersion marine est peu fréquent dans la conscience collective.

Or, ce manque de connaissance ou d’information de la population locale et saisonnière peut entraîner des comportements à risque et des réactions inappropriées. 

C'est pour cette raison qu'il faut sensibiliser les différents acteurs des territoires littoraux.

Le Cerema joue un rôle important dans ce domaine. Il fournit des outils et appuis méthodologiques aux collectivités territoriales et aux services de l’État, sur différents plans:

  • l’amélioration des connaissances notamment sur les phénomènes météo-marins comme les tempêtes, sur la houle ; et sur les conséquences de ces phénomènes sur le trait de côte (érosion et submersion marine), les zones à fort enjeux et les ouvrages de protection comme les digues et les cordons dunaires ;

  • la réduction de la vulnérabilité du bâti et des infrastructures ;

  • la préparation et à la gestion de crise et post-crise, à travers des exercices et des retours d’expérience,

  • la résilience des territoires.