6 juillet 2026
Logements vacants à Toulon-sur-Arroux
Cerema
Toulon-sur-Arroux a rejoint le programme Villages d’Avenir pour tenter de trouver des solutions à l’important phénomène de vacance des logements et des commerces de son centre-bourg, qui nuit à son image et à son attractivité. L’ANCT qui pilote le programme a fait appel à l’ingénierie locale pour accompagner la commune dans sa réflexion. Le Cerema a proposé de réaliser une stratégie opérationnelle et priorisée pour lutter contre cette vacance : livrée en 2025, elle combine diagnostic de terrain, consolidation de données et propositions d’actions immédiates ou à long terme afin de revitaliser le cœur de bourg.

Le Cerema est engagé depuis 2024 dans le programme Villages d'Avenir, piloté par l'ANCT, par le recrutement de 20 directeurs de projets, en renfort des 100 chefs de projet de l’Etat, et également par la réalisation de missions d’expertises sur des thématiques variées, en lien avec ses domaines d’interventions, auprès des communes lauréates. 

 

Un enjeu d'attractivité du territoire pour attirer de nouveaux habitants

La commune de Toulon-sur-Arroux (1 500 habitants) en Saône-et-Loire est qualifiée de "pôle intermédiaire" au sein de la Communauté de communes Entre Arroux Loire et Somme (CCEALS), elle dispose en effet d’atouts en matière de commerces de proximité, de cadre de vie et de patrimoine, et mène une stratégie de développement des services à la population ciblant en particulier les familles et la petite enfance.

Logement vacants dans un bâtiment dégradé / Cerema

Toutefois, malgré ces efforts, la commune ne parvient pas à enrayer la baisse de la population. Le taux de vacance des logements mesuré par l’Insee (2022) est de 18,9%. Certains biens vacants et non entretenus se dégradent depuis de nombreuses années. 

L’élaboration de la stratégie repose à la fois sur un état des lieux précis et sur la concertation et la mobilisation des habitants et des propriétaires. L’objectif était de faire prendre conscience des enjeux liés à cette forte vacance dans la perspective de créer une dynamique et de débloquer certaines situations.

Le deuxième pilier de l’élaboration de la stratégie est l’association étroite avec l’échelon intercommunal qui est le partenaire opérationnel de la mise en œuvre de la plupart des actions identifiées en raison de ses compétences en matière d’urbanisme, d’habitat et de commerce.

Et enfin la stratégie de lutte contre la vacance permet de donner un cap à l’action de la commune en aidant les élus à définir les actions prioritaires qui nécessitent une intervention volontariste.

 

Un état des lieux partagé de la situation

Pour réaliser l’état des lieux de la vacance commerciale et de l’habitat sur le territoire communal, le Cerema s’est notamment appuyé sur l’outil d’analyse et d’aide la décision UrbanSIMUL et sur les connaissances des élus locaux sur le foncier pour conforter la donnée sur les logements vacants.

Ce diagnostic a été réalisé en plusieurs étapes :
  1. Lancement de la démarche et mise en place de la gouvernance : organisation d’une première réunion avec la commune, les services de l’État (DDT71 et Directrice de projet Villages d’Avenir), et la communauté de communes pour échanger sur les données de diagnostic et les préconisations à prendre en compte au regard des actions déjà en cours
  2. Réunions de confortement des données avec les élus municipaux sur la base de données et les cartes extraites d’UrbanSIMUL
  3. Relevé sur le terrain des locaux commerciaux 
  4. Envoi de courriers personnalisés aux "multipropriétaires"
  5. Réalisation d’un diagnostic en marchant avec des élus, des propriétaires, des habitants et des acteurs de l’immobilier et des acteurs institutionnels pour observer la situation sur le terrain sur la base de fiches et échanger sur les enjeux.
Les enseignements du diagnostic partagé entre les élus, les acteurs du territoire et les habitants sont :
  • Le caractère déterminent dans la recherche d’un logement est la présence d’un espace extérieur ;
  • La nécessité d’avoir une réflexion sur un secteur concentrant plusieurs biens vacants et non à l’unité foncière ;
  • L’effet de levier de la rénovation et de l’aménagement des espaces publics en accompagnement de la lutte contre la vacance ;
  • L’importance de continuer à associer différents acteurs dans une démarche ouverte pour créer une dynamique locale autour de la lutte contre la vacance.

Une stratégie co-construite et priorisée 

Une fois cet état des lieux réalisé et partagé, un niveau d’enjeu a été défini pour la trentaine de biens retenus. Trois critères ont été choisis par les élus :

L’impact sur l’image de la commune du fait de la visibilité du bien
La forte dégradation des bâtiments en vue d’éviter des procédures de mise en sécurité des bâtiments
Les biens adaptés aux familles et disposant d’un extérieur