Les parkings constituent un enjeu pour l’adaptation des territoires face au changement climatique : ces vastes surfaces imperméabilisées contribuent aux îlots de chaleur urbains, à l’artificialisation des sols et limitent l’infiltration des eaux pluviales. Mais ils offrent aussi un potentiel de végétalisation (contribuant à atténuer ces phénomènes) et de production d’énergie solaire via l’installation d’ombrières photovoltaïques (PV), participant à l’optimisation de ces espaces.
Un besoin de caractériser les parkings et le potentiel en termes d’adaptation au changement climatique
La réglementation (lois Climat et Résilience de 2021 et APER de 2023) impose de déployer des dispositifs d’ombrage (végétalisation ou panneaux PV) et d’amélioration de la gestion des eaux pluviales pour les grands parkings extérieurs. Pour mettre en œuvre ces actions, la première étape est d’identifier les parkings concernés par la réglementation. Les collectivités propriétaires et gestionnaires de parkings doit donc disposer d’une base de données précisant les caractéristiques des parkings afin de savoir sur lesquels des aménagements sont pertinents, mais toutes els collectivités ont intérêt à disposer de cet outil.
Le projet Geopark, piloté par le pôle satellitaire du Cerema, en lien avec les équipes du Cerema œuvrant sur la thématique du stationnement, durera deux ans et a pour objectif de développer à partir d’images Pléiades une méthode automatisée de détection des emprises de parkings par segmentation sémantique en entraînant un algorithme IA à reconnaître les parkings à partir d’imagerie satellite en constituant une base de données de référence (BD topo et OSM). Cette approche s’appuie sur les progrès récents de l’apprentissage profond pour extraire les zones de stationnement selon leurs motifs spatiaux et spectraux.
Des indicateurs territoriaux seront ainsi définis pour appuyer les politiques locales d’adaptation au changement climatique : surfaces imperméabilisées, potentiel PV, capacité de végétalisation, etc. et pour suivre la conformité des parkings déjà identifiés via l’analyse de taux de recouvrement. Ces données seront mises à disposition dans un outil opérationnel d’aide à la décision pour soutenir la transition écologique et énergétique des territoires, aligné sur les principes portés par le SCO.
Un outil automatisé pour identifier les surfaces exploitables
L’objectif du projet est de fournir un outil opérationnel sur les territoires de la métropole européenne de Lille et du Grand Poitiers permettant d’identifier les parkings de plus de 500 m² sur lesquels intervenir, d’identifier les aménagements adaptés et de prioriser les interventions en fonction des enjeux et du potentiel. L’outil développé sera reproductible aux autres collectivités. Les résultats seront présentés via une interface cartographique interactive, développée avec les collectivités membres du consortium, et offrant la possibilité de corriger et enrichir les données localement.
Le Cerema a déjà travaillé avec la ville de Poitiers et le Grand Poitiers dans le cadre du programme Action Cœur de Ville sur le recensement dans un SIG des parcs de stationnement de plus de 500 m² et la définition d’une méthode pour objectiver les choix de végétalisation, désimperméabilisation et solarisation. Différents critères étaient pris en compte pour prioriser les interventions, notamment l’impact du parking sur le phénomène d’îlot de chaleur, sur les inondations, la présence de continuités écologiques, la surface potentielle pour le photovoltaïque, la circulation des poids lourds...
Le projet Géopark vise à développer la détection automatique des parkings, le calcul d’indicateurs et les suggestions d’aménagement.
Le Cerema porte le projet et assure le pilotage du consortium, ainsi que la coordination scientifique et technique, le développement méthodologique, la production et caractérisation des données d’emprises de parkings, et la validation méthodologique en lien avec les utilisateurs finaux. En plus du pôle satellitaire, des spécialistes thématiques interviendront dans le cadre d’un groupe de travail interne consacré à l’aménagement des parkings.
La PME Murmuration travaillera sur la conception, le développement et le déploiement de l’interface web cartographique interactive avec l’intégration des couches vectorielles produites et d’outils d’édition participative.
Les territoires d’expérimentation seront couverts par le démonstrateur : ils apporteront leurs retours opérationnels sur la donnée produite et participeront aux tests utilisateurs de l’interface. Ces territoires permettront de tester la réplicabilité de la méthodologie et d’accroître la diversité de typologies de parkings à traiter.
D’autres collectivités ont d’ores et déjà montré leur intérêt pour le projet, et pourront le rejoindre par la suite.
