12 février 2018
Erosion sur la côte ouest-africaine
Le 4 février, le Président français s’est rendu à Saint-Louis, une ville côtière du Sénégal touchée par l’érosion. Le Cerema, qui contribue au programme WACA de gestion du littoral ouest-africain, a contribué à l’organisation de cette visite d’Emmanuel Macron.

Le Cerema, partenaire du projet WACA, pour la gestion du littoral ouest-africain

A l’occasion de cette visite, le Président français a annoncé le versement de 15 millions d’euros afin de construire une nouvelle digue de rochers destinée à protéger la ville de l’érosion côtière en ralentissant le phénomène. A terme, 10.000 habitants de cette ville qui compte aujourd’hui environ 50.000 habitants, pourraient devoir être relogés. D’ores et déjà, environ 200 personnes ont dû être déplacées.

Le Cerema a été consulté par l’ambassade de France au Sénégal, car il est impliqué dans le programme WACA, dont l’objectif est de préserver le littoral d’Afrique de l’Ouest, en améliorant les connaissances sur les différents risques côtiers et sur les facteurs techniques, afin de préparer un plan d’investissements face à ces risques. Ce Programme d’assistance technique à la gestion du littoral de l’Afrique de l’Ouest (WACA – West Africa Coastal Areas) a été mis en place par la Banque mondiale en 2015 pour répondre à la demande des pays de la région de bénéficier d’un appui à la gestion de leurs problèmes croissants d’érosion et d’inondation côtières.

Le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Mauritanie, Sao Tomé-et-Principe, le Sénégal et le Togo participent à ce programme.

 

Mieux connaître l’évolution du trait de côte au Sénégal, au Togo et au Bénin

Campement de personnes déplacées en raison du recul du trait de côte
Campement de personnes déplacées en raison du recul du trait de côte 

Dans le cadre du projet WACA, le Cerema contribue à l’étude de solutions pérennes pour faire face à l’érosion côtière. Il a été chargé du pilotage d’un des volets du projet WACA intitulé « données historiques pour l’avenir des littoraux ouest africains ». Il réunit quatre partenaires (le SHOM [1], l’IGN [2], le BRGM [3]et le Cerema) et vise à mettre à disposition de pays de la région Ouest Africaine (Sénégal, Bénin, Togo) et d’analyser des données issues des cartes marines, des relevés bathymétriques et des photos aériennes sur plusieurs décennies, essentielles à la compréhension de l’évolution du phénomène d’érosion du trait de côte.

Le Cerema apportera un appui à la mise en œuvre du projet WACA et plus spécifiquement :

  1. Il assure l’interface avec les établissements publics partenaires, les services de la Banque Mondiale, du Centre de suivi écologique de Dakar et du ministère, en apportant son expertise à ces acteurs, en émettant des avis afin d’orienter les actions à entreprendre en s’assurant du concours des acteurs locaux sur le terrain.
  2. Il organise, participe et assure le secrétariat des comités de pilotage.
  3. Il est chargé de la réalisation du recensement et de la synthèse des données et connaissances disponibles relatives au recul du trait de côte disponibles sur les littoraux du Sénégal, du Bénin et du Togo. Ce travail permettra notamment de fixer un cadre commun de travail autour des données partagées.
  4. Le Cerema est également chargé de l’organisation d’un séminaire à mi-parcours, en France, fin 2018-début 2019 et un séminaire de clôture en 2020 dans un pays hôte en Afrique.

 


[1] Service hydrographique et océanographique de la Marine.

[2] Institut national de l'information géographique et forestière.

[3] Bureau de recherches géologiques et minières

 

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