14 janvier 2021
Vue du littoral Corse, plaine humide et montagnes
Lars Niessen
Ce nouveau fascicule de la collection "Dynamiques et évolutions du littoral" est consacré à la Corse. Il est le fruit d'un travail partenarial pour réunir les connaissances disponibles sur la morphologie du territoire, les facteurs hydrodynamiques, la sédimentologie, les activités humaines, et sur l'évolution passée du littoral, en proposant aussi une vision prospective.

La collection "Dynamiques et évolution du littoral" vise à rassembler les connaissances disponibles actuellement et à faire ressortir, à partir de leur examen, les points essentiels explicatifs de l’évolution du littoral français.

Ce nouvel ouvrage est structuré autour de 5 chapitres principaux:

  • Contexte physiographique : principales caractéristiques géologiques et morphologiques, habitats naturels participant à l’évolution du littoral,
  • Facteurs hydrodynamiques : principaux facteurs exogènes tels que les paramètres climatiques, les niveaux et courants marins, les vagues et l’hydrologie des principaux cours d’eau,
  • Données sédimentologiques : nature et répartition des sédiments sur les côtes et les fonds marins, ainsi que leurs mouvements le long du littoral,
  • Impact des activités anthropiques : principaux aménagements réalisés sur les côtes et leur impact sur l’évolution du littoral, ainsi que les mesures prises pour limiter ces impacts,
  • Evolution du littoral et des fonds : bilan des tendances passées d’évolution du littoral et des fonds, ainsi que mouvements sédimentaires ponctuels liés au passage d’événements tempétueux morphogènes.

 

Un littoral sensible à l'érosion

Couverture du guideLa Corse fait 183 km de long et 83 km de large, pour une superficie de 8.722 km². Elle se caractérise par une nette différence de morphologie côtière entre les façades orientale et occidentale. L’île est divisée en deux parties inégales par une chaîne de montagnes orientée nord-ouest-sud-est, d’une altitude plus élevée au nord qu’au sud. La Corse, d’une altitude moyenne de 568 m, compte un grand nombre de sommets de plus de 2000 m. 

Le littoral de "l’île de beauté", qui s'étend sur 1300 kilomètres de linéaire, est relativement préservé et ne présente que très peu d’ouvrages de protection ou d’aménagements: moins de 9% du littoral comporte des infrastructures et aménagements, contre 30% en moyenne sur le territoire national.

Le réseau hydrographique y est dense, composé de petits cours d'eau connaissant des crues torrentielles, qui apportent des sédiments jusqu'au littoral.

Le littoral corse est sujet à des phénomènes d’érosion, dus soit à des phénomènes naturels (tempêtes, diminution des apports solides des fleuves...), soit à des phénomènes anthropiques (aménagements portuaires, enrochements, détérioration des dunes littorales). Cette érosion concerne principalement les cordons sableux (plages, dunes), comme la partie du littoral appelée Plaine Orientale à l'est de l'île, composée d'un cordon sableux, qui est constamment en évolution sous l’action conjuguée des tempêtes, des courants de houle, des apports sédimentaires par les fleuves.

Sur les parties du littoral non artificialisées, les observations montrent qu'en cinquante ans, 83% du linéaire est resté stable, 11% présente une dynamique d'érosion (essentiellement sur le littoral sableux de la plaine orientale, mais de manière assez limitée) et 5% une dynamique d'accrétion.

 

Un enjeu clé: un tourisme durable

vue d'une anse entre deux montagne en Corse
Crédit: L Niessen CC-BY-SA

80% de la population sur trouve sur des communes littorales, principalement dans les grandes agglomérations que sont Bastia et Ajaccio. C'est sur le littoral que se concentrent aussi les terres cultivables.

De nombreuses mesures de protections environnementales sont en vigueur sur le littoral corse, contribuant à sa préservation. Toutefois, la forte fréquentation touristique estivale, notamment en bateau, constitue une ressource économique importante mais génère d’importants stress et dégradations des écosystèmes côtiers et marins. 

Ainsi entre le 1er mai et le 5 novembre 2017, la Corse a accueilli 2,6 millions de touristes.

La concertation entre professionnels et institutions, entre scientifiques et politiques semble indispensable pour arriver à un tourisme durable respectueux de l’environnement en Corse. 

Les activités humaines telles que le chalutage qui impacte les fonds marins, le dragage et les extractions de matériaux dans le lit des cours d'eau impactent les mouvements de sédiments et la biodiversité.

 

Pour accéder à la synthèse et à l'atlas cartographique: