8 juillet 2020
Crue des boucles de la Seine avec une route coupée et une voiture qui flotte
Manuel Bouquet - TERRA
Afin de partager les pratiques en matière de gestion des passages à gué et des ponts submersibles, une étude exploratoire a été réalisée par le Cerema Méditerranée en partenariat avec la MIIAM (Mission Interrégionale "Inondation Arc Méditerranéen") .
Ce travail a été effectué en lien avec les acteurs de terrains (Conseils Départementaux, 30, 34, 66, les communes de Pertuis (84), Saint Genies-de-Comolas (30) )

Le retour d’expérience des inondations majeures passées sur l’arc méditerranéen a mis en exergue une accidentologie et une victimologie associées significatives sur les passages à gué (29 décès recensés depuis 2003 liste non exhaustive). 

En effet, peu d'usagers sont en effet conscients que 30 centimètres d'eau suffisent pour emporter une voiture d’une route inondée vers des eaux plus profondes où elle risque de couler !

 

Des risques accrus au niveau des passages à gué

Les passages à gué ont été construits pour permettre le franchissement de cours d’eau à faible débit et à faible coût, pour éviter la réalisation d’un pont insubmersible. Leur submersion en cas de crue peut survenir avec une occurrence de zéro à plusieurs fois par an et une durée de l’ordre de quelques jours. Leur gestion nécessite de l'anticipation et des moyens, mais il apparaît que le danger est souvent sous-estimé en cas de pluies intenses, notamment par les habitants.

couverture du rapportLa DREAL a donc sollicité le Cerema pour mener une étude exploratoire sur les pratiques en matière de gestion des passages à gué et réaliser trois diagnostics tests d'ouvrages. Le territoire d’étude choisi pour cette approche est la région Occitanie, et plus particulièrement, les départements du Gard, de l’Hérault et des Pyrénées Orientales. Ces 3 départements sont en effet les territoires où le nombre de passages à gué et la victimologie associée en cas de pluies intenses sont les plus importants.

Les étapes de l’étude sur la gestion des passages à gué et des ponts submersibles

  • Ecoute des besoins des gestionnaires de passages à gué ou de pont submersibles (Conseils Départementaux 30, 34, 66, commune Saint Génies-de-Comolas (30))

  • Echanges sur leurs pratiques en matière de gestion des passages à gué en cas de pluies intenses méditerranéennes et d’inondations.

  • Analyse de la bibliographie et de la jurisprudence permettant de clarifier les responsabilités et les obligations des gestionnaires.

  • Visites de terrains pour conduire des diagnostics tests et proposer une méthode d’évaluation

  • Dix recommandations pour améliorer la prévention des risques sur ces ouvrages, à destination des gestionnaires et des acteurs de la prévention des risques d’inondation.

 

10 propositions pour réduire le nombre de victimes

Au regard de l’état des lieux dressé et des diagnostics d’ouvrages, le Cerema a formulé une dizaine de recommandations qui sont détaillées dans le rapport, pour réduire le nombre de victimes au niveau des passages à gué lors de fortes pluies sur l'arc méditerranéen.

 

Les recommandations pour améliorer la prévention des risques sur ces ouvrages:

 

  1. affiche de prévention avec 1 SUV dans l'eau et écrit "2 ou 4 roues motrices dans l'eau qu'est-ce que ca change?"
    Campagne de sécurité routière sur les
    passages à gué.
    Réaliser un inventaire préalable et un diagnostic des passages à gué quant à leur dangerosité et à leur gestion en cas de pluies intenses, les hiérarchiser en termes de dangerosité et et prioriser les interventions en matière de prévention des risques.
  2. Construire une stratégie de gestion locale et concertée avec les acteurs locaux.
  3. Planifier la gestion des ouvrages en cas d’événement, aux différentes échelles concernées (commune, bassin versant, département, région).
  4. Améliorer la signalisation et les équipements, a proximité comme en amont de l'équipement.
  5.  Déployer des Systèmes de Transports Intelligents pour informer l'usager en temps réel.
  6.  Tester l’outil Vigicrues Flash pour anticiper les fermetures des passages à gué-ponts submersibles,
  7.  Entretenir de façon préventive les passages à gué et les cours d’eau,
  8.  Améliorer l’information aux usagers via les réseaux sociaux,
  9.  Lutter contre les publicités mensongères (tous les véhicules présentent des risques avec très peu d'eau),
  10.  Sensibiliser la population.

 

 

La rédaction du rapport d’étude a été menée pendant la période de confinement. L’équipe projet (Cerema Méditerranée et le service Juridique du Cerema) sont restés mobilisés.

De nombreux échanges durant ses derniers mois ont contribué à co-construire un rapport répondant pleinement aux attentes des partenaires mobilisés.

 

L'étude sera valorisée à la rentrée de septembre

Ce rapport sera accompagné d’une synthèse non technique et d’une plaquette de communication.

Un webinaire sur le sujet sera organisé par la MIIAM.