3 avril 2020
Glissement de Charlaix
Un projet de recherche action portant sur les glissements de terrain lents a démarré, avec comme champ d’expérimentation quatre sites pilotes situés le long de la RN85 entre Saint Laurent-en-Beaumont en Isère et Aspres-les-Corps dans les Hautes-Alpes. L’idée de ce projet vient du fait que la RN85 subit régulièrement des perturbations liées à des mouvements de terrain lents. Le projet de recherche partenariale MLA3 "Mouvements lents dans les Alpes : anticiper, aménager" permettra de comprendre, suivre et d’anticiper ces mouvements, en lien étroits et permanents avec les acteurs de ce territoire.

Ce projet de recherche-action pluridisciplinaire vise à mettre en place une organisation à l’échelle territoriale du risque de glissements de terrain, en examinant plus particulièrement les mouvements lents qui restent difficiles à appréhender bien qu’ils touchent une grande partie du territoire.

 

Un projet multidisciplinaire pour connaître et intégrer le risque glissement de terrain

les sites d'étude sur la RN85
Les 4 sites d'étude le long de la RN85

La route nationale 85 qui relie Grenoble à la côte méditerranéenne, connaît régulièrement des dégradations et perturbations liées aux glissements de terrain notamment dans la région du Beaumont. Sur certains secteurs, la chaussée peut se déformer voire devenir impraticable, ou être coupée. Cela entraîne des difficultés tant au niveau des travaux d’entretien de la route que de l’aménagement du territoire, impactant de ce fait toute la vie locale .

Le projet MLA3 fait intervenir plusieurs disciplines scientifiques (géologie, géotechnique, sciences humaines et sociales). Les moyens du laboratoire géotechnique du Cerema à Bron permettront de réaliser des essais mécaniques sur les échantillons d’argiles, grâce à un appareil triaxial et un œdomètre automatisé. 

Il permettra d'appréhender la question "Comment vivre avec les mouvements lents dans les Alpes", par des approches à la fois physiques et sociétales : mieux comprendre et modéliser les glissements de terrain lents de type argileux, dans un contexte de changement climatique, afin de mieux les anticiper et envisager l’aménagement dans les zones affectées.

Ce projet permettra de mettre en commun les connaissances et les compétences des partenaires, et de diffuser les enseignements auprès de nombreux acteurs locaux et nationaux de la gestion des risques naturels.


Quatre sites pilotes et l'implication des territoires concernés

Afin de mieux anticiper et appréhender ces phénomènes de glissements lents, le projet de recherche action MLA3 se compose de trois volets scientifiques et un volet transversal :

  • Améliorer la connaissance générale sur le phénomène des glissements de terrain à instrumentationévolution lente et construire un modèle géologique à partir d’observations, d’essais et d’expérimentation de méthodes sur quatre sites pilotes le long de la RN85 entre La Mure et Saint-Firmin, où des collectivités ont manifesté leur intérêt pour le projet.
  • Déterminer les méthodes d’instrumentation les mieux adaptées au suivi et à l’observation des glissements lents.
  • Modéliser les mouvements de terrain lents en 3D, en intégrant l’incertitude liée au changement climatique, afin de suivre leur évolution et de pouvoir les anticiper.
  • Développer une réflexion collective locale sur les questions de gestion et de perception du risque lié à un phénomène naturel à évolution lente, à travers une approche humaine et sociale du territoire et de la problématique, proposer un référentiel de recommandations pratiques d’aménagement et développer des modes de suivi pérennes.

Le projet MLA3 est financé par l’Union européenne via les fonds FEDER du POIA, ainsi que par l’Etat et les régions Provence Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes. Il est par ailleurs soutenu par l'Etat - Fonds National d'Aménagement et de développement du territoire. Porté par le Cerema, il associe le laboratoire ISTerre de l’Université Grenoble Alpes (sur l’axe géologie)- et le laboratoire EV-RIVES (sur l’axe sociologie) de l’Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat (ENTPE).