17 janvier 2022
Stands et pancarte de la fete du vélo de la CAPI en septembre 2021
CAPI - Fête du vélo 2021
La Communauté d’Agglomération Porte de l’Isère a élaboré en 2021 son projet de Plan des mobilités. Ce document stratégique, qui prévoit 22 actions à l’horizon 2030, devrait être définitivement approuvé à l’été 2022. Pour son élaboration, l’intercommunalité a été accompagnée par l’agence d’urbanisme de l’aire métropolitaine lyonnaise et le Cerema Centre-Est.

Située à l’est de l’agglomération lyonnaise, la Communauté d’Agglomération Porte de l’Isère (CAPI) s’organise autour des polarités de Bourgoin-Jallieu, L’Isle-d’Abeau, Villefontaine, Saint-Quentin Fallavier et La Verpillière. Elle rassemble aujourd’hui un peu plus de 100 000 habitants et accueille près de 50 000 emplois qui attirent beaucoup d’actifs en provenance des territoires voisins.

 

Redéfinir une stratégie globale en matière de mobilités

Flexbus de la CAPI
Flexbus de la CAPI - Crédit : Christian Chevalier

En 2020, la CAPI a souhaité mettre à profit le nouveau cadre proposé par la loi d’orientation des mobilités du 24 décembre 2019 en initiant la réalisation d’un plan de mobilité simplifié. Dix ans auparavant, l’intercommunalité s’était déjà dotée d’une feuille de route en matière de déplacements. Avec une population et des emplois en forte croissance, générant une mobilité accrue, et dans un contexte marqué par l’accentuation des enjeux environnementaux et économiques des transports, les élus ont souhaité redéfinir la stratégie en matière de mobilité.

     

     

    Il s’agit désormais pour l’intercommunalité de répondre aux nouveaux défis qui se posent à elle en matière de politiques de mobilité :

    • Le défi climatique et environnemental, puisque le secteur des transports représentait 42 % des émissions de GES du territoire de la CAPI en 2016. Le PCAET élaboré en 2019 fixe une réduction de ces émissions liées au transport de près de 30 % à horizon 2030 : il importait donc que le Plan des mobilités définisse un cadre d’actions permettant d’atteindre cet objectif ;
    • Le défi territorial, puisque le SCoT du Nord-Isère projette de conforter la structuration multipolaire du territoire et de renforcer son attractivité économique. Le Plan des mobilités vise par conséquent à favoriser la desserte des polarités urbaines et à garantir l’accessibilité des zones d’emplois par les solutions alternatives à l’automobile ;
    • Le défi de l’inclusion, sachant que comme partout un nombre croissant de ménages se trouve en situation de vulnérabilité économique du fait des coûts de la mobilité quotidienne. Le Plan des mobilités entend réduire les inégalités d’accès à la mobilité des habitants de son territoire ;
    • Le défi de la gouvernance et du partenariat, puisque les déplacements des habitants et des salariés échappent aux limites institutionnelles. Les politiques de mobilité de la CAPI doivent donc plus que jamais être conçues en lien avec les autorités organisatrices voisines, avec la Région Auvergne-Rhône-Alpes, également autorité organisatrice et chef de file des mobilités à l’échelle régionale, avec le syndicat des mobilités des territoires de l’aire métropolitaine lyonnaise et avec le Département de l’Isère, gestionnaire des voiries structurantes du territoire.

     

    Une démarche concertée avec la société civile et les partenaires du territoire

    La CAPI a décidé d’inscrire l’élaboration de son Plan des mobilités dans une dynamique partenariale et concertée.

    Celle-ci a reposé notamment sur l’organisation de groupes de travail mêlant techniciens des collectivités, représentants des principaux partenaires institutionnels et membres des associations locales.

    carte de la CAPICes cinq groupes de travail thématiques, qui se sont réunis à deux reprises, étaient tous placés sous la responsabilité d’un élu de l’agglomération, garant du bon déroulement du travail. Ces groupes ont chacun travaillé à une vision prospective des mobilités à l’horizon 2035 et défini de premières propositions d’actions.

    À l’issue de ces séances, l’ensemble des participants (environ 60 personnes) a été convié à un atelier transversal qui a permis de statuer sur les apports des différentes instances et de s’entendre sur les grandes orientations et premières actions du Plan des mobilités.

    Cette démarche a également été ouverte à la société civile, puisque le Conseil de développement Nord-Isère, qui rassemble des membres bénévoles, acteurs de la vie sociale et culturelle, de l’économie et de la formation, a été mobilisé en amont et au sein des groupes de travail. Cette vision de non-spécialistes des questions de déplacements a été très utile à la démarche.

    Elle a été complétée par les apports du Panel citoyen. Ce groupe constitué de 40 habitants du territoire (les 22 communes sont représentées) et illustrant une diversité des âges et des situations socio-professionnelles a été consulté à deux reprises : une première fois pour échanger sur les pratiques de déplacements de ses membres et sur les évolutions leur paraissant souhaitables, et une deuxième fois pour recueillir leurs points de vue sur un certain nombre d’idées d’actions.

    Le contexte sanitaire de l’année 2021 a donné une tonalité particulière à ce travail partenarial, puisque toutes les séances d’échanges et d’intelligence collective ont été organisées à distance, en visio-conférence, entre février en juin 2021. Si les organisateurs et les participants ont tous regretté l’ambiance des réunions en présentiel et s’il a fallu également pallier quelques petites difficultés techniques, le numérique a sans doute permis un haut niveau de présence et de mobilisation à ces réunions de travail, et contribué à les rendre particulièrement riches et productives.

     

    L’accompagnement du Cerema et de l’agence d’urbanisme de l’agglomération lyonnaise : une diversité de savoir-faire

    vélos par terre lors de la fête du vélo de la CAPI
    Fête du vélo de la CAPI - Christian Chevalier

    Pour mener à bien cette démarche, la CAPI a souhaité bénéficier d’un double accompagnement : celui de l’agence d’urbanisme de l’aire métropolitaine lyonnaise et celui du Cerema Centre-Est. L’agence d’urbanisme, très investie sur le territoire de la CAPI, a réalisé le bilan du précédent plan de déplacements urbains et endossé le rôle de chef de projet pour l’élaboration du nouveau document. Le Cerema est pour sa part intervenu pour conseiller l’intercommunalité sur la méthodologie globale de la démarche et tout particulièrement sur la concertation et le travail partenarial.

    L’agence et le Cerema ont pu ainsi proposer aux élus et techniciens de la CAPI des programmes et déroulés d’animation qui ont permis de favoriser la créativité collective et l’expression de tous. L’organisation à distance des séances de travail a nécessité de recourir à des techniques diversifiées, mobilisées en temps relativement contraint. Les séquences tournées vers les perspectives à l’horizon 2035 ont par exemple fait l’objet de petits exercices basés sur des récits de vie prospectifs incarnés par des personnages fictifs. À d’autres moments, des murs virtuels de post-it ont été utilisés pour recueillir les points de vue et suggestions des participants. Plus de 1500 idées ont été recueillies par ce biais.

    Les apports de ces différentes instances de travail partenarial et de concertation ont été synthétisés et approfondis avec les élus pour définir et valider la stratégie du document, et avec les techniciens des différents services pour finaliser le plan d’actions.

     

    Et demain ?

    Le projet de Plan des mobilités a été arrêté le 16 décembre 2021 par le conseil communautaire. Il sera soumis dès le mois de janvier 2022 et pendant tout le premier trimestre à la consultation formelle des différents partenaires, ainsi qu’à une dernière procédure dite de "participation du public", prévue par le Code de l’environnement.

    Ces démarches permettront d’enrichir ce document avant son approbation prévue en juin 2022. Il constituera alors le document de référence des politiques de mobilité de la Communauté d’Agglomération Porte de l’Isère, et sera l’un des nouveaux exemples des "plans de mobilité simplifiés" créés par la loi d’orientation des mobilités de décembre 2019.