Le phénomène de RGA, principalement localisé dans le centre et le sud de la France il y a une dizaine d’années, touche désormais la majeure partie du territoire métropolitain, comme le montre la nouvelle carte d’exposition réalisée par le BRGM publiée en 2026.
Un impact de plus en plus fort du RGA en France
Dans la plupart des régions, le phénomène de retrait et gonflement des sols argileux (RGA) s’intensifie d’année en année : plus d’une habitation sur deux est désormais concernée, soit 12,1 millions de maisons individuelles exposées moyennement et fortement (soit 61,5 % des maisons individuelles). 280 000 bâtiments appartenant à des collectivités sont aussi concernés.
Le RGA est la première cause d’indemnisations versées au titre du régime Cat Nat entre 2016 et 2026, devant les inondations.
Pour savoir si votre terrain est concerné, le site géorisques propose un moteur de recherche :
Un fonds de prévention des argiles a été défini pour accompagner la réalisation de travaux préventifs ou curatifs ? Un simulateur est disponible pour savoir si votre logement est éligible:
Ce phénomène est accéléré par la succession de périodes de chaleur lors desquelles le sol se rétracte, et de périodes de pluie lors desquelles il se dilate, ce qui entraine des mouvements de sols qui peuvent fissurer des bâtiments, des routes, des voies ferrées, des digues... Les cinq canicules successives de cet été 2026, jusqu’à la mi-août, ont particulièrement asséché les sols, et on peut déjà observer des dégâts qui n’étaient pas apparus jusqu’à présent, comme des fissures et déformations sur des routes jusque-là épargnées par le RGA, ou des fissures sur des bâtiments qui n’en avaient pas encore.
Dans les expérimentations de solutions qu’il mène sur différents bâtiments, consistant à injecter de l’eau de pluie récupérée quand le sol sous le bâtiment est trop sec, le Cerema a observé que la consommation d’eau était déjà le double, à la mi-juillet, de la consommation habituelle sur un été entier : 1 tonne d’eau avait déjà été consommée contre 500 litres les trois années précédentes sur la même période.
Expérimenter des solutions sur différents bâtiments
Dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêts lancé en 2025 par le Cerema, une vingtaine de collectivités a présenté des bâtiments sujets au RGA pour les instrumenter et tester des solutions de remédiation de maisons sur lesquelles des fissures liées au RGA sont apparues. Le dispositif, installé sur différents types de bâtiments et dans différentes configurations, consiste à instrumenter le sol, à récupérer les eaux pluviales et à injecter l’eau quand le sol est trop sec.
Dans un autre projet destiné à mettre en œuvre des actions préventives, le projet MACH lancé il y a trois ans, des maisons de différents types ont fait l’objet d’un diagnostic et d’actions de réduction de la vulnérabilité.
Le Cerema étudie aussi l’impact du RGA et les solutions possibles sur les routes, à travers l’observatoire des routes Sinistrées par la Sécheresse. Plusieurs dispositifs ont été ou sont en cours d’évaluation (géogrilles, géomembranes, injections, écrans anti-racines, stabilisations des sols…). La solution d'étanchéification horizontale des accotements à la fois par enduit de surface et par géomembrane semble la plus efficace.
Une communauté dédiée est ouverte sur la plateforme collaborative Expertises.territoires, pour échanger entre collectivités, entreprises, bureaux d'étude, opérateurs publics... Pour la rejoindre il faut s'inscrire sur Expertises.territoires puis sur la communauté :
Diagnostiquer la vulnérabilité au RGA : un enjeu national
Aujourd’hui, l’action doit d’abord être préventive afin de réduire l’impact du RGA sur les terrains à risque. Le Cerema a publié récemment avec le CSTB un guide national pour la prévention du RGA :
La démarche comprend 4 étapes pour identifier les facteurs aggravants et les solutions d’adaptation :
Facteurs à prendre en compte |
Solutions possibles
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| Diagnostic du réseau et fuites : on observe que bien souvent les réseaux ne sont pas aux normes | Identifier les fuites dans les réseaux d’eau, raccorder l’assainissement au réseau collectif quand c’est possible, ou bien éloigner du bâtiment le dispositif d’assainissement autonome. |
| Diagnostic de la végétation : les arbres ont tendance à assécher le sol, et quand un terrain est sujet au RGA il est préférable de les éloigner du bâti. ( GB : ont classifié la végétation en fonction de son impact sur le RGA) | Planter loin du bâtiment, installer des écrans anti racines dans le sol, choisir des espèces qui ont peu d’impact sur le RGA. Entretenir la végétation pour limiter le besoin en eau (élagage, débroussaillage, enlèvement des racines...) |
Diagnostic de la gestion des eaux pluviales et de la topographie
| Créer des drains avec graviers et géotextile autour du terrain pour collecter et évacuer les eaux pluviales et supprimer les zones de stagnation. |
| Infiltration de l’eau près du bâtiment | Désimperméabiliser les abords du bâtiment, sur 1,5 m pour le protéger de l’évaporation et éloigner les eaux de ruissellement. Intervenir sur les fondations pour améliorer la stabilité, avec différentes techniques présentées dans le guide. Renforcement de la structure du bâti.
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Dans l’aménagement des espaces publics, où se croisent de nombreux enjeux, il est important que les démarches de désimperméabilisation et de végétalisation prennent aussi en compte le retrait et gonflement des sols argileux dans les zones à risque.
