29 septembre 2026
Descente de Montaigu
Pour sécuriser la descente de Montaigu (RD52) et permettre le retour des poids lourds sur cet itinéraire évitant ainsi qu’ils traversent des villages , le Conseil départemental du Jura a sollicité l'expertise du Cerema. Au-delà du contrôle technique du projet, cette expertise a révélé une difficulté majeure liée au maintien d'un carrefour existant, conduisant à une alternative plus sûre et plus économique.

Le contexte de la descente de Montaigu

plan
Situation de la route 

La RD52 permet l’accès sud à Lons-le-Saunier depuis le plateau par la descente de Montaigu, qui présente une forte pente de 13 % sur près de 1000 m. Cette descente est aujourd’hui interdite aux poids lourds (PL) de plus de 19 tonnes pour des raisons de sécurité liées au risque d’échauffement des freins et aux accidents qui pourraient en résulter. Les PL de plus de 19 t, environ 350 en moyenne journalière annuelle, doivent donc emprunter la RD678 passant par la vallée de la Vallière et occasionnent des nuisances pour les riverains des différents villages traversés.

Pour déterminer les modalités permettant d’autoriser les PL à emprunter la descente de Montaigu, le CD39 avait antérieurement commandé au Cerema des tests et modélisations de freinage des PL.

Sur la base de ces études préalables, le CD39 a élaboré un projet d’aménagement de la descente pour prendre en compte et réduire le risque d’accident. Ce projet repose sur quatre principes : l’arrêt obligatoire des PL avant le début de la descente, la limitation de leur vitesse à 40 km/h, la création d’un lit d’arrêt d’urgence à mi-hauteur et une arrivée à deux voies sur le giratoire.

Le projet proposait ainsi un dispositif de tri permettant d’arrêter les PL, puis proposait une voie spécifique à droite, réservée aux PL à 40 km/h et disposant de deux lits d’arrêts d’urgence à droite, l’un à mi-hauteur, l’autre en bas de la descente. Les véhicules légers disposaient quant à eux d’une seconde voie rapide et séparée, jusqu’au giratoire.

En outre, l’itinéraire comportait, en amont direct du giratoire d’extrémité, un carrefour avec la rue de l’Echenaud.

 

L’expertise du Cerema

Descente sur la RD 52 / Département du Jura

Pour l’accompagner sur ces sujets délicats, le CD39 a mobilisé l’expertise du Cerema selon deux volets.

Le projet étant d’ampleur, un contrôle extérieur du projet a d’abord été réalisé. Un tel contrôle permet de vérifier que les différentes composantes du projet : géométrie, visibilités, signalisation, dispositifs de retenue, lits d’arrêt… sont bien conformes aux référentiels et règles de l’art. Le contrôle a permis d’identifier des améliorations que le maître d’œuvre devra intégrer au projet, en particulier sur des distances de visibilités à assurer en approche de carrefour, de mise en conformité de la signalisation et de dimensionnement à corriger pour un lit d’arrêt.

Le second volet de l’expertise du Cerema concernait un accompagnement du maître d’ouvrage et de son maître d’œuvre pour déterminer sous quelles conditions le carrefour de l’Echenaud pourrait être maintenu. Il s’agissait de définir les principes de conception, d’équipement et d’exploitation pour sécuriser l’insertion des véhicules depuis la rue de l’Echenaud, afin que le maître d’œuvre esquisse des solutions adaptées, analysées ensuite par le Cerema avant le choix du maître d’ouvrage.

Le carrefour existant s’insère en effet de façon complexe dans le projet. Il insère des véhicules légers sur la voie réservée aux PL, alors que l’on se situe en fin de descente, dans un secteur potentiellement congestionné par le giratoire et sans échappatoire.

Pour émettre une proposition, le Cerema a mobilisé ses experts multi-thématiques afin d’analyser les différents enjeux à traiter et d’identifier la manière d’y répondre. Cette analyse a montré que le projet ne permettait pas, en l’état, de réunir les conditions de sécurité attendues, quels que soient les équipements ou dispositions déployées : les véhicules légers se trouveraient "piégés" dans la voie réservée aux PL.

Le Cerema a donc élargi le périmètre de la réflexion à l’ensemble du projet, pour proposer une alternative robuste. Au lieu d’une voie réservée au PL et d’une voie rapide pour les VL sur la descente, il a proposé de ramener l’ensemble du trafic sur une seule voie à mi-hauteur, après le premier lit d’arrêt. Cette solution permet de mettre à profit le lit d’arrêt existant, à gauche en bas de la descente : visible de loin, il permet une échappatoire en tout point pour les PL. La légère contrainte d’une vitesse limitée pour l’ensemble des flux sur cette dernière section est compensée par le maintien du carrefour.

 

Conclusion

Ces analyses ont été présentées et validées par le maître d’ouvrage, conduisant à un projet repris selon les recommandations.

L’expertise du Cerema a permis d’alerter le maître d’ouvrage sur les difficultés réelles du projet initial et de sortir du cadre strict de la problématique du carrefour pour mener une analyse plus large, remonter aux causes du danger et proposer une alternative efficace. Le Conseil départemental a ainsi pu mettre en œuvre une solution moins couteuse car réutilisant des aménagements existants, moins complexe technologiquement, plus robuste et plus sûre.