Accompagner les collectivités dans la réparation ou la reconstruction de leurs ouvrages communaux les plus dégradés
Les infrastructures, notamment les ouvrages d’art, sont soumises à des environnements agressifs, au vieillissement de leurs composants et de leurs matériaux ainsi qu’à des évolutions ou à des conditions exceptionnelles d’exploitation, susceptibles de les endommager.
L’enjeu majeur pour les gestionnaires est le maintien de leurs patrimoines dans un état garantissant la sécurité des usagers tout en optimisant les investissements nécessaires à leur entretien.
Si les gestionnaires des réseaux routiers principaux ont en général un bon standard de gestion de leur patrimoine d’infrastructures reposant sur des services techniques formés et compétents, les plus petits gestionnaires sont souvent particulièrement démunis.
La mise en œuvre d’une politique de gestion repose sur des actions de surveillance, sur l’analyse et l’exploitation d’observations et de données recueillies, et sur des actions d’entretien ou de réparation nécessitant parfois des investissements lourds pour les communes.
Dans la suite des opérations de recensement des ouvrages communaux engagées dans le cadre du Programme National Ponts (2021 – 2025), et face au succès du Programme National Ponts Travaux initié en septembre 2023, l’État pérennise le dispositif d'aide pour accompagner les collectivités à réaliser les travaux de réparation, de démolition et/ou de reconstruction de leurs ouvrages les plus dégradés et notamment ceux présentant un enjeu majeur vis-à-vis de la sécurité des usagers et de la continuité des dessertes locales.
Doté d'une enveloppe annuelle de 50 millions d’euros, ce dispositif - financé par l'AFIT France (Agence de financement des infrastructures de transport de France) et piloté par le Cerema - subventionne jusqu’à 60 % des travaux de reconstruction, de réparation, de restauration, ainsi que les études techniques et réglementaires nécessaires à leur bonne réalisation. Les demandes de financement s’effectuent « au fil de l’eau » depuis le site demarche.numerique.gouv.fr.
Programme 2026
Quelles sont les communes éligibles ?
Près de 32 000 communes sont éligibles au Programme National Ponts Travaux 2026.
Ces communes sont éligibles au regard des critères de population et de potentiel fiscal publiés l’année précédente. Pour l’année 2026, les seuils retenus sont : les communes de moins de 10 000 habitants et moins de 3,5 M€ de potentiel fiscal (données de référence 2025 publiées par le Ministère de l’intérieur : http://www.dotations-dgcl.interieur.gouv.fr/consultation/criteres_repartition.php).
Lorsqu’une commune est éligible une année N, elle en conserve le bénéfice jusqu’à l’année N+3 incluse, même en cas de sortie des critères d’éligibilité.
Les communes qui étaient éligibles en 2022 et qui ne le seraient plus selon les seuils actuels, restent néanmoins exceptionnellement éligibles jusqu’à fin 2027.
Le maître d’ouvrage du projet de travaux, peut être :
- Soit la commune propriétaire de l’ouvrage objet du projet ;
- Soit l’Établissement Public de Coopération Intercommunale (EPCI) à fiscalité propre de rattachement d’une commune bénéficiaire, si l’EPCI est gestionnaire des ouvrages situés sur le territoire de la commune éligible ;
- Soit un SIVOM ou un Syndicat gestionnaire des ouvrages situés sur le territoire de la commune éligible.
La liste des communes éligibles est disponible en bas de cette page.
Quels sont les types d’ouvrages éligibles ?
Les ouvrages éligibles sont les ponts et les murs aval de soutènement portant une voirie communale, :
- OUVRAGE DE FRANCHISSEMENT PRÉSENTANT UNE OUVERTURE SUPÉRIEURE OU ÉGALE À 2 MÈTRES après travaux
- MUR DE SOUTÈNEMENT AVAL (PORTANT UNE VOIRIE COMMUNALE) AVEC UNE HAUTEUR VISIBLE SUPÉRIEURE OU ÉGALE À 2 MÈTRES AU POINT LE PLUS HAUT après travaux
AVEC UN CONSTAT DE DEFAUTS STRUCTURELS MAJEURS, équivalent de la note 4 dans le cadre du Programme National Ponts, ou de la note 3U dans le cadre de l’IQOA (Image de la Qualité des Ouvrages d'Art)
sous réserve que :
- La commune éligible et bénéficiaire soit propriétaire de l’ouvrage ;
- L’ouvrage porte une voirie située dans le domaine public de la voirie communale ;
- L’ouvrage ait fait obligatoirement l’objet d’un recensement et d’une première évaluation de son état par un professionnel (soit par le dispositif piloté par le Cerema dans le cadre du Programme national Ponts, soit par tout autre professionnel : agence technique départementale, bureau d’études qualifié dans le domaine ,...), complétée, si nécessaire, d’un diagnostic de moins de 5 ans
- L’ouvrage fasse l’objet soit d’un projet de convention d’entretien et de travaux, soit d’un programme de travaux précisant : les travaux à réaliser, la procédure de consultation des entreprises, le coût prévisible des études et des travaux et un plan de financement.
Cas des ouvrages dont la propriété est partagée entre plusieurs communes limitrophes
Pour les ouvrages dont la propriété est partagée entre plusieurs communes limitrophes, seules les dépenses engagées sur le territoire de communes éligibles sont prises en compte suivant la répartition domaniale de l’ouvrage.
Pour les demandes de subventions, soit chaque commune éligible dépose un dossier de demande de subvention portant sur le montant à sa charge, soit les communes établissent une convention de Maîtrise d’Ouvrage déléguée précisant la collectivité à qui sera versée la subvention, ainsi que la répartition des dépenses entre les communes, et dépose un dossier unique de demande de subvention. Le cas échéant, une structure intercommunale à laquelle la maitrise d’ouvrage est confiée se substitue à une commune membre.
Liste des ouvrages exclus du dispositif d’aide et cas particulier des ouvrages de rétablissement
Sont exclus du dispositif d’aide les ouvrages suivants :
- Les ouvrages en propriété privée
- Les ouvrages portant des voies classées dans le domaine privé de la commune (chemins ruraux,…) ;
- Les tunnels et tranchées ouvertes ;
- Les ouvrages de protection (paravalanches, pare-pierres...) ;
- Les dispositifs de protection (éboulements rocheux, stabilisation des sols…) ;
- Les barrages ;
- Les ouvrages de protection du littoral ;
- Les murs de soutènement amont (ne portant pas de voirie communale) ;
- Les murs de protection d’un équipement de type candélabre ou dispositif de signalisation, présentant une longueur inférieure à 5 mètres ;
- Les murs anti-bruit ;
- Les portiques, potences et hauts-mâts de signalisation.
Cas des ouvrages de rétablissement
Les réseaux communaux peuvent parfois franchir d’autres réseaux plus importants :
- Réseau Routier National ;
- Voies navigables (VNF) ;
- Voies ferroviaires (SNCF réseau).
La loi n°2014-774 du 7 juillet 2014, dite loi Didier, régit la gestion de ces ouvrages.
Dans le cadre du Programme national Ponts, lorsqu’une convention précise la part des travaux structurels dévolue à la charge de la commune, cette part peut être subventionnée dans les conditions prévues au présent règlement.
Quelles sont les dépenses subventionnables ?
- Les évaluations et diagnostics de l’état de l’ouvrage par un professionnel
- Les études techniques et réglementaires préalables aux travaux et permettant leur réalisation* (inspections spécifiques, sondages, dossier loi sur l’eau, études techniques, DCE....) ;
- Les travaux de démolition d’ouvrages (le cas échéant sans reconstruction) ;
- Les travaux relevant d’une urgence impérieuse de mise en sécurité préalable aux travaux de réparation, y compris la mise en place d’un ouvrage provisoire dans la limite de 3 ans** ;
- Les travaux de reconstruction d’ouvrages ;
- Les travaux de réparations (portant sur la structure de l’ouvrage) ;
- Les coûts de maîtrise d’œuvre travaux, d’OPC (Ordonnancement, Pilotage et Coordination) et des contrôles extérieurs (dépenses connexes).
Le coût estimé des travaux (hors autres coûts éligibles) doit être d’un montant supérieur ou égal à :
- 20 000 € HT pour les murs aval
- 40 000 € HT pour les ponts
Le taux de subvention peut être porté jusqu’à 60 % de la dépense subventionnable HT dans les limites suivantes :
- Le montant minimum de l’aide est de 5 000 € HT
- Le montant maximum de l’aide est de 1 000 000 € HT
*Le financement des études est exclusivement lié au dépôt d’une demande de subvention pour les travaux - les dépenses engagées pour les études nécessaires à la bonne définition et la bonne réalisation des travaux sont prises en compte, a posteriori, dans l’assiette subventionnable.
** Le financement des travaux relevant d’une urgence impérieuse est exclusivement lié au dépôt d’une demande de subvention pour les travaux de réparation définitifs - les dépenses engagées pour ces travaux sont prises en compte, a posteriori, dans l’assiette subventionnable.
Comment se déroule la demande de subvention ?
Avant de formuler une demande une subvention, il convient de s’assurer de la maturité de votre dossier, c’est-à-dire que ces étapes préalables ont bien été réalisées ou sont en cours, avant le dépôt de la demande de subvention :
- Le recensement et la première évaluation de l’état de l’ouvrage ;
- Le diagnostic préalable de l’ouvrage identifiant des défauts structurels majeurs ;
- Les investigations complémentaires ;
- Le programme définissant les travaux ;
- L’identification des autorisations réglementaires nécessaires et leurs demandes ;
- Les études techniques adaptées, etc.
Le dossier d’une opération ne remplissant pas ces critères sera rejeté, mais pourra être redéposé une fois les conditions remplies, sous réserve du respect des autres critères d’éligibilité.
Pour tous renseignements avant le dépôt d’un dossier, merci de contacter le Cerema :
- par courriel : pnptravaux@cerema.fr
- par le service d’accompagnement SOS Ponts : https://sosponts.recoconseil.fr/
Dès lors que votre dossier est complet, la demande de subvention se fait uniquement par l’intermédiaire du formulaire de demande d’aide disponible sur le site demarche.numerique.gouv.fr
Pièces à fournir lors de votre dépôt de demande :
- Pièce justifiant de l’engagement de la commune pour la réalisation des travaux : délibération de la commune maître d’ouvrage ou maître d’ouvrage déléguée ou de la structure intercommunale compétente, précisant la nature des travaux et le plan de financement de l’opération ;
- Pièces justifiant de l’état de l’ouvrage et de la nécessité des travaux : Carnet de santé de l’ouvrage (ou équivalent) et/ou diagnostic préalable précisant que l’ouvrage présente des défauts structurels majeurs et la note associée (note 4 du Carnet de Santé du Programme national Ponts, note 3U de l’IQOA (Image de la Qualité des Ouvrages d’Art) ou équivalent), une fiche descriptive des pathologies constatées (avec photographies), les préconisations et la programmation des opérations à engager ;
- Pièces décrivant les travaux : dossier des études techniques, comprenant le rappel du programme des travaux, une notice descriptive des travaux, les plans des travaux, les coûts prévisionnels de l’opération (frais d’études, coût des travaux et les frais connexes), un planning prévisionnel de l’opération, ... ;
- Une liste des dossiers réglementaires en cours ou à venir (une liste des déclarations / autorisations les plus fréquentes est rappelée en annexe 4 du règlement) ;
- Les attestations sur l’honneur et les engagements du demandeur ;
- Le cas échéant, pour les ouvrages de rétablissement relevant de la loi Didier, la convention entre la commune et l’opérateur.
- Le cas échéant, la convention de maîtrise d’ouvrage déléguée.
Attention :
La demande d’aide financière doit être déposée avant tout engagement juridique ou début d’exécution des travaux (ordre de service de démarrage des travaux ou tout autre engagement rendant les travaux irréversibles).
Les études nécessaires à la réalisation des travaux (telles que l’obtention d’autorisations, les études préalables et la réalisation des études techniques nécessaires à la consultation des entreprises) et les travaux relevant d’une urgence impérieuse ne sont pas considérés comme le début des travaux.
Les travaux peuvent démarrer dès réception du message d’accusé de réception du dépôt du dossier, sans préjuger de la décision finale d’attribution de subvention.
Quelles sont les modalités d’instruction des dossiers déposés ?
Les dossiers sont instruits par le Cerema, délégataire et gestionnaire de l’enveloppe « Programme national Ponts » déléguée par l’AFIT France.
Les dossiers sont déposés au fil de l’eau par voie dématérialisée et uniquement sur la plateforme dédiée de dépôt des dossiers en ligne : demarche.numerique.gouv.fr
Cette plateforme permet de créer un dossier et de le modifier jusqu’au stade de « dépôt du dossier ». Le dépôt du dossier fait l’objet d’un accusé de réception dûment daté.
Les interactions entre le porteur de projet et le service instructeur se font uniquement par messagerie interne à la plateforme. L’adresse courriel indiquée ci-dessus ne doit pas être utilisée une fois le dossier déposé : elle sert uniquement avant.
Les dossiers sont traités au fur et à mesure des dépôts, à concurrence de l’enveloppe annuelle disponible pour le Programme national Ponts.
Le Cerema vérifie l’acceptabilité (éligibilité et complétude) de la demande et en informe le demandeur dans un délai maximal de 2 mois à compter de la date de l’accusé de réception. Il peut aussi, dans ce délai, demander des pièces complémentaires nécessaires à la bonne compréhension du dossier.
Le Cerema instruit, techniquement et financièrement, la demande. Sur la base du programme de travaux et de l’ensemble des pièces complémentaires, il s’assure de la maturité du projet, de l’adéquation des travaux proposés aux préconisations du diagnostic, aux normes et aux règles de l’art, et de la pertinence des estimations.
La décision d’attribution est notifiée, dans un délai maximal de 3 mois à partir de la date d’acceptabilité du dossier.
Documents utiles
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