Dans un contexte de changement climatique, le département des Hauts-de-Seine est confronté à des vagues de chaleur plus nombreuses, plus longues et plus intenses. Les bâtiments scolaires, souvent construits il y a plusieurs dizaines d’années au sein d’espaces extérieurs fortement minéralisés, sont peu adaptés, ou parfois mal adaptés aux vagues de chaleur. Afin d’aider les collectivités à identifier les vulnérabilités du bâti et des organisations face à ces épisodes de chaleur et à définir une stratégie d’action à court, moyen et long terme, un appel à manifestation d’intérêt est ouvert jusqu’au 14 septembre 2026.
Apporter les outils pour des écoles fonctionnelles pendant les canicules
L’objectif est d’expérimenter en milieu scolaire une forme de plan de continuité d’activité en période de canicule en s’appuyant sur un diagnostic de surchauffe réalisé selon la méthodologie établie par le Cerema pour l’adaptation des bâtiments au changement climatique (la méthode ABCD) à l’échelle du groupe scolaire. Ce plan sera co-construit par le Cerema, les équipes éducatives et les services de la Ville et propre à chaque site.
Les collectivités bénéficieront aussi d’un accompagnement collectif qui permettra au fil de trois ateliers collaboratifs de partager des connaissances sur le bâti et la surchauffe, d’échanger sur les problématiques rencontrées, de découvrir des démarches et solutions d’adaptation des bâtiments scolaires au phénomène de surchauffe, et enfin de présenter les différents plans d’action.
La démarche sera menée en collaboration entre le Cerema et les collectivités, de manière à permettre la montée en compétence collective sur l’adaptation des bâtiments scolaires, et impliquera également les occupants qui seront interrogés sur leur ressenti et les usages des bâtiments. Les collectivités qui le souhaitent pourront aussi réaliser un exercice de mise en situation pour tester le PCA et le compléter par les retours issus de l’exercice.
Les actions peuvent être ponctuelles, réalisées pendant la canicule, elles peuvent aussi concerner l’adaptation du bâtiment ou des usages, et enfin être d’ordre plus structurel, afin d’améliorer la qualité des bâtiments sur le long terme en étant intégrées dans les plans d’investissement ou les projets de réhabilitation futurs. Les abords des bâtiments seront aussi pris en compte.
L’AMI est ouvert jusqu’au 14 septembre 2026
2 questions au Cerema
Laëtitia Conreaux, directrice du département Ville Durable et Muriel Charpentier, cheffe du groupe Bâtiment au Cerema Ile-de-France, ont répondu à 2 questions sur les enjeux de cet AMI et la transmission des connaissances auprès des collectivités.
Le projet comprend aussi un important volet de partage de connaissances : une montée en compétence collective est-elle encore à mener à ce sujet ?
Muriel Charpentier : L’enjeu de cet AMI est double : construire un accompagnement sur mesure pour chaque commune lauréate et former les gestionnaires et usagers de ces bâtiments à l’adoption des bons gestes et à l’évolution de leurs pratiques. Les connaissances acquises dans le cadre de cette démarche permettront aux collectivités de reproduire les solutions coconstruites et de diffuser ces bonnes pratiques afin de partager les stratégies de continuité de service et de gestion de crise.
Le retour d’expérience de l’AMI permettra également de capitaliser sur la mise en pratique des PCA et de définir les contours d’un parcours (technique, administratif et juridique), pour faciliter le passage à l’acte et sa reproductibilité auprès d’autres établissements franciliens.
