12 août 2026
école maternelle à Colombes, Hauts-de-Seine
Ville de Colombes
La Préfecture des Hauts-de-Seine, en collaboration avec le Cerema et le rectorat, lance un appel à manifestation d’intérêt à destination des communes du département pour les accompagner dans leurs démarches d’adaptation des écoles à la surchauffe urbaine. Il est ouvert jusqu'au 14 septembre 2026.

Dans un contexte de changement climatique, le département des Hauts-de-Seine est confronté à des vagues de chaleur plus nombreuses, plus longues et plus intenses. Les bâtiments scolaires, souvent construits il y a plusieurs dizaines d’années au sein d’espaces extérieurs fortement minéralisés, sont peu adaptés, ou parfois mal adaptés aux vagues de chaleur. Afin d’aider les collectivités à identifier les vulnérabilités du bâti et des organisations face à ces épisodes de chaleur et à définir une stratégie d’action à court, moyen et long terme, un appel à manifestation d’intérêt est ouvert jusqu’au 14 septembre 2026.

 

Apporter les outils pour des écoles fonctionnelles pendant les canicules

L’objectif est d’expérimenter en milieu scolaire une forme de plan de continuité d’activité en période de canicule en s’appuyant sur un diagnostic de surchauffe réalisé selon la méthodologie établie par le Cerema pour l’adaptation des bâtiments au changement climatique (la méthode ABCD) à l’échelle du groupe scolaire. Ce plan sera co-construit par le Cerema, les équipes éducatives et les services de la Ville et propre à chaque site.

Les collectivités bénéficieront aussi d’un accompagnement collectif qui permettra au fil de trois ateliers collaboratifs de partager des connaissances sur le bâti et la surchauffe, d’échanger sur les problématiques rencontrées, de découvrir des démarches et solutions d’adaptation des bâtiments scolaires au phénomène de surchauffe, et enfin de présenter les différents plans d’action.

 

Le plan de continuité de l'activité :

Mis en œuvre lors d’une crise, le Plan de Continuité de l’Activité est un document stratégique permettant d'assurer le maintien des missions essentielles d'un établissement et leur reprise en cas de crise majeure. 

L’objectif est d’assurer la résilience des structures en identifiant les risques, en définissant les mesures à mettre en place et en identifiant les ressources nécessaires pour continuer à assurer l’accueil des  enfants dans des conditions qui les préservent eux et ainsi que le personnel éducatif et municipal

 

La démarche sera menée en collaboration entre le Cerema et les collectivités, de manière à permettre la montée en compétence collective sur l’adaptation des bâtiments scolaires, et impliquera également les occupants qui seront interrogés sur leur ressenti et les usages des bâtiments. Les collectivités qui le souhaitent pourront aussi réaliser un exercice de mise en situation pour tester le PCA et le compléter par les retours issus de l’exercice.

Les actions peuvent être ponctuelles, réalisées pendant la canicule, elles peuvent aussi concerner l’adaptation du bâtiment ou des usages, et enfin être d’ordre plus structurel, afin d’améliorer la qualité des bâtiments sur le long terme en étant intégrées dans les plans d’investissement ou les projets de réhabilitation futurs. Les abords des bâtiments seront aussi pris en compte.

L’AMI est ouvert jusqu’au 14 septembre 2026

 

2 questions au Cerema 

Laëtitia Conreaux, directrice du département Ville Durable et Muriel Charpentier, cheffe du groupe Bâtiment au Cerema Ile-de-France, ont répondu à 2 questions sur les enjeux de cet AMI et la transmission des connaissances auprès des collectivités.

Pourquoi est-ce important d’adapter les sites scolaires aux canicules ?

Ecole maternelle pour laquelle un projet de rénovation est en cours / Ville de Clamart

Laëtitia Conreaux : En période de canicule, les écoles doivent pouvoir rester des lieux d’apprentissage et de refuge pour les enfants qui sont particulièrement vulnérables à la chaleur. L’évolution des usages au sein de ces établissements, souvent peu adaptés au changement climatique, est donc essentielle pour réduire leur inconfort thermique

En effet, la grande majorité des écoles ont été construites après-guerre et avant la parution des premières règlementations thermiques. Elles présentent donc une faible qualité d’isolation, tout particulièrement à la chaleur, les travaux réalisés répondant prioritairement à des enjeux d’économies d’énergie et au confort d’hiver. La notion de confort d’été n’est apparue que récemment avec l’augmentation de la fréquence des vagues de chaleur et leur survenance plus précoce en période scolaire. Désormais, dans une zone densément construite telle que le Département des Hauts-de-Seine et donc plus sujette au phénomène d’îlot de chaleur urbain, il est nécessaire de prendre en compte l’impact des épisodes caniculaires sur les conditions d’accueil des enfants.

Dans l’attente et en complément de travaux plus structurants d’adaptation aux fortes chaleurs, et de végétalisation des espaces extérieurs, des mesures transitoires adaptées à chaque bâtiment et à leurs gestionnaires peuvent être mises en place. Elles sont peu coûteuses et peuvent éviter une fermeture de l’école, avec par exemple des réaménagements légers, des ouvertures de fenêtres anticipées, l’identification des salles les plus fraiches et de lieux refuges, ou l’aménagement des horaires.

Le projet comprend aussi un important volet de partage de connaissances : une montée en compétence collective est-elle encore à mener à ce sujet ?

Muriel Charpentier : L’enjeu de cet AMI est double : construire un accompagnement sur mesure pour chaque commune lauréate et former les gestionnaires et usagers de ces bâtiments à l’adoption des bons gestes et à l’évolution de leurs pratiques. Les connaissances acquises dans le cadre de cette démarche permettront aux collectivités de reproduire les solutions coconstruites et de diffuser ces bonnes pratiques afin de partager les stratégies de continuité de service et de gestion de crise.

Le retour d’expérience de l’AMI permettra également de capitaliser sur la mise en pratique des PCA et de définir les contours d’un parcours (technique, administratif et juridique), pour faciliter le passage à l’acte et sa reproductibilité auprès d’autres établissements franciliens.

Informations pratiques :