Cet article fait partie du dossier : Artificialisation et sobriété foncière : les outils du Cerema
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Reposant sur une approche croisant données foncières, remontées de terrain et outils numériques collaboratifs, l’observatoire permet de produire une connaissance partagée, actualisée et directement mobilisable par les collectivités.
Les observatoires locaux des friches permettent de recenser, de caractériser et d'assurer le suivi des friches à l'échelle d'un territoire. Leurs données alimentent aussi l'outil national Cartofriches et UrbanSIMUL, qui fournit de nombreuses données sur l'occupation du sol.
L’observatoire régional des friches change d’échelle
Le recensement des friches combine un pré-repérage automatisé à partir des données cadastrales et foncières, puis une phase de validation et d’enrichissement assurée par les acteurs locaux. L’observatoire local s’appuie sur un écosystème interopérable associant OpenFricheMap, UrbanSIMUL et Cartofriches, dans le respect du standard national CNIG, garantissant des données harmonisées et partageables.
Ce premier repérage automatisé permet aux collectivités de disposer d’une base opérationnelle pour identifier et qualifier les sites à enjeux. Le Cerema a exploité les Fichiers Fonciers afin de pré-repérer les friches, et UrbanSIMUL comme outil collaboratif entre acteurs publics, il a aussi veillé à l’interopérabilité avec le standard CNIG des friches, et apporté un appui à la structuration d’un dispositif d’observation partagé et pérenne.
L’observatoire capitalise également différentes sources de données complémentaires : données issues de Cartofriches (sites validés et signalements restant à confirmer), informations produites par la SAFER dans le cadre d’études menées avec les Chambres d’agriculture, retours de terrain des chargés d’opérations de la SAFER, ainsi que, lorsque cela est possible, les données du dispositif Friches+ de la Banque des Territoires lancé en 2025. L’objectif est de tendre vers un recensement le plus exhaustif possible des sites en croisant des sources nationales, régionales et locales.
La validation finale des informations est menée par les collectivités et les acteurs publics compétents, afin de garantir la fiabilité et la qualification opérationnelle des données.
Entre mars et décembre 2025, près de 4 000 friches urbaines ont été recensées, contre 2 180 au lancement. Cette montée en puissance rapide repose sur la mobilisation de plus de 60 acteurs publics et traduit une forte appropriation territoriale.

Un outil partagé au service des acteurs de l'aménagement
L’observatoire permet de qualifier les sites selon de nombreux critères : localisation, surface, type de friche, occupation ou vacance, potentiel de mutation, état d’avancement des projets, niveau de connaissance du site, statut de validation, contraintes environnementales, pollution des sols ou des bâtis, etc. Les informations sont conçues pour être enrichies et actualisées progressivement par les partenaires territoriaux afin d’améliorer la connaissance collective des sites et leur suivi dans le temps.
Le dispositif prévoit également d’élargir progressivement le nombre d’indicateurs suivis, en s’alignant sur les référentiels et champs de qualification utilisés dans Cartofriches, afin de renforcer l’interopérabilité et la comparabilité des données à l’échelle nationale.
L’observatoire devient aujourd’hui un véritable outil d’aide à la décision pour les collectivités, établissements publics fonciers, agences d’urbanisme, services de l’État et partenaires fonciers impliqués dans le suivi et la requalification des friches. Une soixantaine de structures a rejoint le cercle collaboratif local créé dans UrbanSIMUL.
La qualification des sites progresse, avec 471 friches sans projet identifiées et 484 friches en reconversion suivies activement.
Le volet agricole constitue une avancée majeure. Avec l’appui de la SAFER, plus de 126 000 sites ont déjà été recensés, offrant une vision inédite des dynamiques de déprise agricole et des potentiels de reconquête foncière.
Afin de structurer une véritable communauté d’utilisateurs, cinq ateliers territoriaux ont été organisés en 2025 à l’échelle des départements. Cette dynamique contribue progressivement à faire monter en compétence les acteurs et à renforcer leur appropriation de l’outil. La Région et le Cerema poursuivent aujourd’hui cette animation à travers des campagnes d’information, des mailings et des webinaires destinés à élargir et mobiliser la communauté d’usagers.
Les résultats sont déjà visibles : 249 friches urbaines reconverties, 484 projets engagés et des dizaines d’opérations soutenues par l’État et la Région Sud pour l’habitat, l’économie ou la renaturation.
Au-delà de la donnée, l’observatoire fédère une communauté d’acteurs autour d’un objectif commun : accélérer le recyclage foncier et accompagner la transition écologique des territoires. En 2026, la dynamique se poursuit avec un programme d’animation et d’accompagnement porté par la Région, le Cerema et la SAFER.
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