L’observation in situ est la première étape car ce sont les données de référence par excellence, permettant le calage des observations satellites et des modèles (prévision comme réanalyse). Pour la France cette mission d’observation est dévolue à l’observatoire Candhis du Cerema avec un réseau dense de bouées de mesure dédiées (houlographes) le long des côtes, et à Météo-France avec quelques bouées en haute mer.
Les états de mer sont la résultante des fortes houles venant du large, et des mers de vent générées au droit des tempêtes, et leur suivi permet d'alimenter de nombreux travaux.
Historiquement le Cerema a hérité de cette mission en tant que descendant dans les années 1970 du service technique des Phares et Balises. Le réseau a pris de son importance à partir des années 1990 avec la création de Candhis, l’observatoire côtier national de mesure un situ des états de mer.
Un réseau d’acteurs pour produire des données d’intérêt général
La connaissance des états de mer près des côtes et au large est essentielle dans différents domaines :
- La connaissance des risques littoraux (plan de prévention des risques, submersions marines, action des vagues, catastrophes naturelles) ;
- l’étude de l’évolution du climat et de son impact sur le littoral ;
- la morphodynamique côtière et le suivi du trait de côte ;
- le dimensionnement d’ouvrages portuaires et littoraux ;
- la sécurité de la navigation et des pratiques nautiques ;
- les énergies marines renouvelables.
Le réseau Candhis repose sur un ensemble d’acteurs, certains pour le financement premier du matériel, d’autres pour couvrir les coûts annuels de fonctionnement, d’autres encore pour les interventions sur site. Parmi les acteurs concernés on trouve principalement des établissements publics pour la recherche et la prévision des vagues, des collectivités territoriales pour les activités portuaires ou la prévention des submersions marines. Pour les interventions en mer les DIRM sont souvent en première ligne avec la mise à disposition des moyens nautiques des Phares et Balises.
A titre d’exemple on peut citer Météo-France, propriétaire en 2026 de 6 stations de mesure Candhis utilisées pour sa mission de surveillance de l’océan superficielle (vigilance vagues submersion). Ou encore les bouées de mesure du syndicat mixte de Baie de Somme, de la collectivité de Noirmoutier, faisant suite à la délégation aux intercommunalités par l’Etat en 2018 de la GEstion des Milieux Aquatiques et la Prévention des Inondations (GEMAPI). Mais les usages dépassent toujours très largement l'objectif premier poursuivi lors de l'installation d'une bouée de mesure. Le site Internet Candhis est là pour en témoigner avec le record du Cerema en termes de connexion pour un site métier.
Le Cerema a ici un rôle central, puisqu’il est propriétaire d’un tiers des stations de mesure en service et aide à la gestion du deuxième tiers. Le troisième tiers regroupe des partenaires autonomes, mais souvent après l’assistance du Cerema pour le montage du projet et la formation des agents.
De nouveaux projets sont en cours, comme l’installation d’un houlographe par la ville de Capbreton afin de mieux comprendre les dynamiques marines locales et leurs impacts sur le territoire, et d’améliorer l’anticipation des actions de protection côtière dans le cadre de la stratégie locale 2023-2027. Des études pour l’implantation de nouveaux houlographes ont été menées par le Cerema à Saint-Brieuc, au mont Saint-Michel, sur le Côte d’Azur. A La Réunion, Météo-France a investi dans deux houlographes mis en service en 2026.
Pour plus de détails, voir le bilan annuel Candhis édité en 2026 :
Le Cerema, gestionnaire du système d’information
Le système d’information est 100% Cerema, avec toutes les contraintes que cela implique en termes de sécurité et d’interopérabilité en entrée de la multitude de capteurs différents et en sortie avec les centres de données extérieurs.
Sa première mission est de centraliser l’ensemble des données des stations. Il n’existe pas un seul type de houlographe : la qualité et la quantité de données peut donc être assez différentes d’un site à un autre. Le rôle du Cerema est ici, autant que faire se peut, d’homogénéiser les données avec souvent des recalculs lourds et complexes, et de les valider avant leur mise à disposition.
Les données sont alors mises en base pour répondre à sa deuxième mission, la constitution et la préservation de la base de données nationale de référence pour l’observation côtières des états de mer.
Les données sont enfin mises à disposition du grand public et des professionnels du domaine sur le site Internet Candhis : https://candhis.cerema.fr. Deux types de données sont disponibles, les données Temps Réel et les données Archivées. Les données Temps Réel sont mises à jour toutes les trente minutes. Elles sont constituées d’un nombre limité de paramètres de hauteur, période et direction des vagues. Elles sont très utilisées par les navigants et pour le calage des modèles de prévision. Les données Archivées (appelé aussi Temps Différé) permet l’accès à l’ensemble des données passées. Elles sont mises à jour tous les deux mois pour les houlographes en service. Le contrôle qualité est beaucoup plus poussé et le nombre de paramètres sur les vagues beaucoup plus important (une trentaine).
Pour plus de détails, voir la description des contrôles et des types de données dans le rapport du Cerema :
Le système d’information Candhis s’inscrit dans un tout avec la nécessité d’alimenter :
- à l’échelle nationale le pôle de données et services pour l’océan ODATIS
- à l’échelle européenne l’observatoire CopernicusMarine ;
- à l’échelle internationale et via Météo-France, le Système Mondial de Télécommunication de l’Organisation Météorologique Mondiale
Le Cerema, référent sur les états de mer
Via Candhis, le Cerema se positionne en tant que référent national sur les états de mer.
Il met à jour tous les ans plus de 1000 pages d’analyse des états de mer des stations Candhis. C’est un document de référence pour caractériser les climats moyens de vagues, les valeurs extrêmes (calcul des périodes de retour) ou sélectionner les événements de référence pour faire tourner les modèles. Ce document sert aussi au Cerema pour instruire les demandes de catastrophe naturelle (caractérisation des hauteurs de vagues lors les phénomènes de submersion marine).

Le réseau Candhis dispose de données sur les températures de surface des eaux côtières, qui peuvent être exploitées pour améliorer la connaissance des impacts du changement climatique sur les littoraux. Des études ont démontré et quantifié le réchauffement des mers et océans en pleine mer, et l’exploitation des données Candhis permet d’étudier l’impact du réchauffement climatique sur la température des eaux littorales françaises.