Les principaux cours d’eau du territoire, comme la Giscle, la Mole, la Garde ou le Bourrian, sont déjà bien documentés et font l’objet de démarches de prévention. En revanche, les petits bassins versants côtiers restaient moins bien connus. La collectivité a donc souhaité disposer d’une connaissance plus précise de ces secteurs afin de pouvoir compléter sa stratégie de prévention.
Une cartographie pour mieux comprendre les risques
Le golfe de Saint-Tropez est soumis à différents phénomènes d’inondation. Lors des épisodes de pluies intenses, les petits cours d’eau côtiers peuvent réagir rapidement et déborder dans des secteurs parfois fortement urbanisés. Le territoire est également exposé à la submersion marine, un risque qui devrait s’accentuer avec l’élévation du niveau de la mer liée au changement climatique.
Le travail réalisé par le Cerema répond à un double objectif : cartographier les zones susceptibles d’être inondées et identifier les personnes, les logements et les activités qui pourraient être concernés.
Pour cartographier les zones inondables, le Cerema a modélisé dix petits cours d’eau côtiers, parmi lesquels les ruisseaux de l’Estagnet, de la Bouillabaisse, de la Croisette, de la Nartelle et de Beauvallon. Le Cerema s’est appuyé sur Cartino2D, un outil développé en interne par ses équipes et qui s’appuie sur la chaine de calcul Télémac2D, qui permet de simuler les inondations et le ruissellement sur de vastes territoires. À partir notamment des données topographiques disponibles, les modèles issus de Cartino2D permettent d’identifier les secteurs susceptibles d’être touchés selon différents niveaux de crue.
Le fonctionnement des ouvrages hydrauliques a également été pris en compte. Une reconnaissance de terrain a notamment permis de recenser les buses, passages sous chaussée et autres ouvrages susceptibles de modifier les écoulements. Les simulations ont été réalisées en considérant leur fonctionnement normal, mais aussi une situation dans laquelle certains ouvrages seraient obstrués par des embâcles lors d’une crue importante.
Après la cartographie de l’aléa, le Cerema a identifié les enjeux exposés sur le territoire.
Identifier les personnes et les biens exposés
zone inondable pour les petits fleuves côtiers / Cerema
Les résultats des modélisations ont été croisés avec différentes données sur la population, les logements et les activités économiques. L’outil AgiRisk, développé par le Cerema, a été utilisé pour caractériser les enjeux exposés et produire des indicateurs à différentes échelles. Les données d'aléas intégrées dans AgiRisk couvrent à la fois les débordements des petits cours d'eau côtiers et la submersion marine, en situation actuelle et à l'horizon 2100 avec prise en compte du changement climatique
Les résultats montrent que plusieurs communes sont directement concernées par les débordements des petits cours d’eau. Cavalaire-sur-Mer apparaît comme la commune la plus exposée, avec plus de 6 200 personnes potentiellement situées en zone inondable, soit plus de 20 % de sa population. Rayol-Canadel, Saint-Tropez et Sainte-Maxime présentent également des niveaux d’exposition importants.
Pour la submersion marine, les secteurs situés entre Grimaud et Saint-Tropez concentrent une part importante des enjeux. En situation actuelle, plus de 4 400 personnes sont potentiellement exposées à Grimaud.
L’évolution du risque de submersion marine à l’horizon 2100 constitue un autre enseignement majeur de l’étude. À Grimaud, le nombre de personnes potentiellement exposées à la submersion marine pourrait passer d’environ 4 400 aujourd’hui à 7 000 à l’horizon 2100. Les campings sont particulièrement concernés : dans les secteurs les plus dangereux, le nombre de campeurs potentiellement exposés pourrait passer d’environ 260 à près de 1 900.
L’étude identifie également plusieurs établissements sensibles, notamment des crèches et des EHPAD, ainsi que des parkings en sous-sol et des logements susceptibles d’être touchés.
Des résultats pour préparer les prochaines actions
Ces travaux ne constituent pas une finalité en eux-mêmes. Ils donnent au territoire une connaissance plus fine des risques et de leurs conséquences potentielles, indispensable pour hiérarchiser les actions à engager. Ils permettent notamment d’envisager la réalisation de diagnostics individuels de vulnérabilité sur des logements et des activités impactés. Ces diagnostics permettront d’aller plus loin en identifiant, à l’échelle des bâtiments, les mesures susceptibles de réduire leur vulnérabilité face aux inondations : adaptation des accès, protection des équipements, mise en sécurité des personnes ou encore réduction des dommages.
Avec ces deux études, la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez dispose d’une base de connaissance renouvelée pour poursuivre sa politique de prévention des inondations et adapter progressivement le territoire aux risques actuels et à leur évolution future.
