6 novembre 2026
Isolation par l'extérieur d'un bâtiment tertiaire
Cerema
Les Contrats de Performance Energétique (CPE) permettent de lier de manière contractuelle un objectif de performance énergétique aux travaux et interventions sur les bâtiments. L'Observatoire national des CPE, auquel participe le Cerema, publie une analyse des CPE en cours, qui présente les différents usages des CPE et leurs objectifs. Ces données montrent que les CPE sont pour les collectivités un levier de maîtrise des coûts et d'atteinte des objectifs de performance énergétique, par exemple dans le cadre du décret éco-énergie tertiaire.

Introduit en droit européen par la directive 2006/32 du 5 avril 2006, le Contrat de Performance Energétique est une forme contractuelle innovante par laquelle un maître d’ouvrage (public ou privé) "achète" des économies d’énergies durables qui lui sont financièrement garanties par le titulaire du marché. Le CPE permet de passer d'une logique de moyens à une logique de résultats : il ne s'agit plus seulement de financer des travaux de rénovation énergétique, mais de contractualiser et de garantir une réduction effective des consommations d'énergie dans la durée.

 

Les CPE en quelques mots :

Initiés en 2005 pour favoriser la performance énergétique des bâtiments, les CPE peuvent recouvrir différentes formes de contrats et dispositions. Ils peuvent porter sur un ou plusieurs bâtiments, sur des interventions limitées (optimisation des équipements, régulation, exploitation) ou sur une rénovation globale combinant interventions sur l'enveloppe du bâtiment, les systèmes énergétiques et leur exploitation.

Pour les collectivités, ils contribuent :

  • à l'atteinte des objectifs de performance énergétique, notamment dans le cadre du décret Eco-énergie tertiaire,
  • à assurer la qualité d'usage et le confort des occupants des bâtiments,
  • à la construction d'une stratégie de rénovation à l'échelle de plusieurs bâtiments et à en mesurer les résultats dans le temps.
  • à la maîtrise budgétaire.

Le CPE peut devenir un outil de la stratégie patrimoniale, en accompagnant des programmes de rénovation sur le long terme plutôt qu'une simple succession d'opérations isolées.

Des Chiffres-Clés pour une meilleure compréhension du marché des CPE

Dans ce cadre, le Cerema était notamment en charge de mener une analyse statistique du marché des CPE de 2022 à 2025 au travers de la dernière édition des "Chiffres-Clés du CPE" présentée lors de cette conférence.

Cette analyse montre que le nombre de CPE mis en œuvre ne cesse de progresser en raison notamment de l’introduction de nouveaux outils comme les Marchés Globaux de Performance (96% des CPE).

Toutefois, les communes, qui disposent du patrimoine immobilier public le plus important, ont encore du mal à mettre en œuvre des CPE car l’ingénierie locale tarde à s’adapter aux logiques de fonctionnement du nouvel outil. Seulement 14 CPE ont été initiés par des communes de moins de 5 000 habitants.

La part des CPE globaux, associant travaux sur le bâti, interventions sur les systèmes énergétiques et optimisation de l'exploitation, augmente : ces CPE passent de 36 % sur la période 2005-2021 à 75 % de 2022 à 2025. Par ailleurs, l'analyse de 55 CPE globaux montre qu'ils affichent des ambitions d'économies d'énergie ambitieuse, de 42,4% par rapport à la période de référence, contre 20,9% pour les autres CPE. 

 

Les collectivités, principales utilisatrices des CPE :
76 % des CPE

Part des collectivités dans le marché recensé.

54 % des montants attribués

Part des collectivités dans la valeur du marché.

Chiffres-clés des CPE - 2026