Mis en place dans le cadre de la Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte qui est désormais fixée jusqu'en 2030, l’indicateur national d’érosion côtière permet d’objectiver les évolutions passées du trait de côte dans l’Hexagone, la Corse, ainsi que dans les départements et régions d’outre-mer (DROM).
La première version, diffusée en 2017, proposait une vision nationale homogène de l’évolution du trait de côte sur plusieurs décennies. Sa mise à jour apporte une connaissance beaucoup plus détaillée des dynamiques littorales, grâce notamment à l’analyse de plusieurs périodes successives et à un maillage resserré des points de calcul.
Objectiver l’évolution du trait de côte dans le temps
La position du trait de côte est déterminée par photo-interprétation, à partir de marqueurs tels que la limite de végétation, le pied de dune, le haut de falaise ou encore le front de mangroves. Les tracés sont réalisés à partir de photographies aériennes acquises à différentes dates, dont les plus anciennes remontent aux années 1940-1950.
Chaque position du trait de côte est associée à une estimation d’incertitude, fondée sur la qualité et l’ancienneté des images, ainsi que sur les conditions locales d’interprétation.
La mise à jour de l’INEC repose sur un important travail conduit par le Cerema en lien avec les observatoires régionaux du trait de côte et les acteurs scientifiques et techniques de référence.
Les principales évolutions de l'INEC :
- Plusieurs périodes d’observation, avec des positions du trait de côte établies a minima autour de 1950, 2000, 2010 et 2020, auxquelles s’ajoute une situation autour de 1975 lorsque les données sont disponibles ;
- L’intégration de données produites par les observatoires locaux, harmonisées selon la méthode nationale ;
- Une analyse des évolutions sur plusieurs pas de temps, qui permet de mettre en évidence les changements de tendance et de mieux rendre compte du caractère dynamique des littoraux ;
- Un maillage beaucoup plus fin, avec des profils de calcul espacés de 50 mètres, contre 200 mètres dans la précédente version, grâce notamment à l’utilisation de MobiTC, logiciel développé par le Cerema ;
- La prise en compte de la présence des ouvrages littoraux, grâce à la mise à jour parallèle de leur cartographie nationale.
Une cartographie nationale des ouvrages littoraux également mise à jour
En parallèle de l’INEC, le Cerema a mis à jour la cartographie nationale des ouvrages et aménagements présents sur le littoral français. Près de 20 000 ouvrages actuellement visibles ont été recensés sur l’ensemble du littoral : murs, perrés, digues, épis, brise-lames, infrastructures portuaires, accès au littoral ou encore bâtiments.
Cette cartographie permet de mieux connaître l’artificialisation du littoral et constitue également une information importante pour interpréter localement les évolutions du trait de côte.
Des dynamiques littorales très contrastées selon les secteurs et les périodes
La mise à jour de l’INEC permet de disposer d’une connaissance beaucoup plus fine de l’évolution du trait de côte. Sur les 89 565 profils pour lesquels une évolution peut être calculée sur une période longue comparable à celle de la première version, 19,8 % présentent un recul du trait de côte, 12,2 % une avancée et 68 % une évolution dite non perceptible, c’est-à-dire comprise dans un intervalle de ± 0,1 m/an.
Ces résultats restent proches des grands ordres de grandeur établis lors de la première version de l’INEC, publiée en 2017. Ils masquent toutefois de fortes différences selon les types de littoraux, les territoires et les périodes considérées.
Les plages, des espaces particulièrement mobiles
Les plages présentent des dynamiques plus marquées que l’ensemble du littoral : sur la période longue étudiée, 28 % des profils de plage sont en recul et 19 % en avancée au niveau national.
Mais l’un des principaux enseignements de cette nouvelle version réside surtout dans l’analyse des évolutions successives. Sur les quatre périodes étudiées depuis les années 1950, près de la moitié des profils de plage (49 %) changent au moins une fois de tendance, passant d’une situation de recul à une situation d’avancée, ou inversement. Ces résultats illustrent le caractère dynamique et souvent non linéaire de l’évolution des plages.
Plus d’un quart du littoral concerné par une problématique d’érosion
L’analyse de l’évolution du trait de côte naturel ne suffit pas, à elle seule, à rendre compte de l’ensemble des secteurs confrontés à l’érosion. Une partie du littoral est en effet aménagée par des ouvrages destinés à limiter les effets de l’érosion, comme les murs ou les perrés, ou à agir sur les dynamiques sédimentaires, comme les épis ou les brise-lames non portuaires.
En croisant les secteurs naturels en recul avec les portions de littoral où sont présents ces ouvrages, 27,6 % du littoral français apparaît concerné par une problématique d’érosion côtière.Cette proportion atteint 50,1 % sur les secteurs de plage.
Ce chiffre offre ainsi une vision plus globale des territoires concernés, en intégrant à la fois les évolutions observées du trait de côte et les secteurs aménagés pour limiter l’érosion ou agir sur les dynamiques sédimentaires.
Une nouvelle application cartographique permet de consulter les résultats de l’INEC 2026 sur l’ensemble du littoral français.
À une échelle fine, elle donne accès aux évolutions du trait de côte, à la comparaison des différentes périodes étudiées et à la visualisation des résultats locaux.


