Retenu dans l’appel à projets "Co-innovation" de France Agrimer, Optim’ehau durera 4 ans. Il est piloté par Astredhor Institut du végétal, et réunit six partenaires techniques dont l’équipe TEAM du Cerema.
En Europe, des études récentes estiment que 10 à 25% de l‘eau est gaspillée, et le risque de pénurie d’eau augmente avec les vagues de chaleur et la baisse des précipitations. Par ailleurs, les dispositifs d’agriculture urbaine se multiplient dans le cadre des démarches de ville durable, et l’horticulture se trouve aussi bien souvent dans les périmètres urbains qui connaissent des tensions sur la ressource en eau : le projet Optim’eheau a pour objectif de caractériser les consommations d’eau de ces nouvelles filières urbaines et proposer des pistes pour les maîtriser.
Il existe aujourd’hui peu de travaux sur le cycle de l’eau dans les systèmes d’agriculture urbaine : en apportant ces connaissances à partir d’expérimentation à l’échelle 1, Optim’eheau répond à un besoin de la filière.
7 sites démonstrateurs pour tester des solutions d’optimisation de l’usage de l’eau
Le projet permettra d‘analyser le cycle de l’eau dans des exploitations utilisant différents systèmes de production, pour fournir des données de référence : d’où vient l’eau utilisée ? Quelle est la consommation finale ? Peut-on recourir à des eaux alternatives (eaux grises, eaux usées traitées, eaux de pluie) ? Quelles solutions innovantes peuvent être apportées pour limiter le niveau de consommation ?
Pour cela, des sites d’agriculture urbaine au sol et en toiture et des sites horticoles seront suivis afin de mesurer les consommations en eau, les teneurs en eau dans les substrats et de relever la pluviométrie ainsi que l’évapotranspiration potentielle, et caractériser la qualité des effluents. Ces expérimentations seront menées sur différents types d’exploitations et permettront :
- D’acquérir des données de référence sur l’origine de l’eau, la consommation et le recyclage de l’eau dans différents systèmes d’agriculture urbaine et d’horticulture. Un questionnaire sera envoyé aux professionnels pour connaître le type d’exploitation (taille, culture, systèmes utilisés…) ainsi que les pratiques en matière de gestion de l’eau.
- Développer des outils "clé en main", low ou high tech, pour les agriculteurs afin d’optimiser la gestion de l’eau.
- Etudier différents capteurs, méthodes et pratiques
- Sensibiliser les acteurs sur la gestion économe de l’eau.
Différentes méthodes de culture sont mises en œuvre sur ces sites :
- Tours aéroponiques en toiture
- Des bacs en terre en toiture
- Des planches de culture en toiture
- Une parcelle de pleine terre
A la recherche de solutions novatrices
Après l’observation et l’analyse des pratiques actuelles durant une saison sur les 7 sites expérimentaux, des pratiques innovantes telles que l’arrosage en fonction des besoins réels des plantes et des substrats ou l’usage d’eaux non conventionnelles, seront mises en œuvre sur certaines parcelles.
L’évaluation permettra ensuite d’objectiver l’apport des nouvelles pratiques en termes de consommation finale d’eau . Pour cela :
- des bilans hydriques seront réalisés à différentes échelles temporelles (jour, semaine, année) et analysés par le Cerema afin de mesurer les flux entrants, sortants et stockés. Les variations périodiques pourront ainsi être identifiées.
- La production végétale sera suivie en termes de qualité et de rendement
[1] ^Les cinq autres partenaires sont Veniverdi, Vegetal Social, le Conseil horticole d’Ile-de-France, AFAUP et la chambre d’agriculture d’Ile-de-France.
