Les zones de transition entre les plaines et les montagnes sont des milieux d’interface où se côtoient et s’articulent différents espaces urbains, agricoles et naturels. Soumises à de fortes pressions d’aménagement, elles sont confrontées à une urbanisation et une artificialisation croissantes des sols entraînant une fragmentation des habitats et une perte de biodiversité.
Approfondir la connaissance des zones de transition en montagne
Dans ce contexte, le projet PINO (Planning Instruments for Nature-based Solutions, Instruments de planification pour les solutions fondées sur la nature), lancé en 2026 pour 3 ans, vise à renforcer la prise en compte de la biodiversité et des connectivités écologiques dans les documents de planification du territoire tels que les plans locaux d’urbanismes, sur les zones spécifiques de transition entre plaine et montagne. En effet, les acteurs en charge de la planification et l’aménagement du territoire dans ces régions de montagne ne disposent pas d’outils ni de méthodes spécifiquement adaptés à ces espaces d’interface.
Le projet PINO a pour objectif de combler cette lacune en concevant et testant des outils de planification du territoire axés sur la biodiversité. Ces outils permettront :
- de mieux prendre en compte la biodiversité,
- d’intégrer les trames écologiques pour améliorer les connectivités écologiques,
- de développer des solutions fondées sur la nature (SfN).
Le projet PINO rassemble 9 partenaires sur l’arc alpin :
- En Autriche : l’Institut de Salzbourg pour l’aménagement du territoire et le logement (SIR).
- En Allemagne : l’Institut pour la planification environnementale et l’aménagement du territoire (ifuplan) et l’Université de Würzburg
- En Italie : l’Université d’Udine et la région autonome de Friuli Venezia Giulia (Direction centrale des infrastructures et de l’aménagement du territoire)
- En Slovénie : l’Institut de planification urbaine de la République de Slovénie (UIRS) et l’Institut slovène des forêts (SFI)
- En France : Grenoble Alpes Métropole et le Cerema (Direction territoriale Centre- Est)
Les outils développés seront testés sur 6 sites d’expérimentation : deux en France (avec Grenoble Alpes Métropole et le Grand Annecy qui sera le site d'expérimentation du Cerema), un en Autriche, un en Allemagne, un en Italie et un en Slovénie.
Identifier des outils pour intégrer les trames écologiques dans la de planification
Il s’agit tout d’abord d’établir un état des lieux de la prise en compte de la biodiversité dans la planification du territoire dans les zones de transition entre plaines et montagnes. Il s'agit de :
- caractériser et cartographier les spécificités de ces zones de transition,
- identifier leurs typologies, les acteurs impliqués dans l’aménagement du territoire, et les outils existants à leur disposition.
- identifier les lacunes, les contraintes et les opportunités d’action.
Les résultats de cette première étape alimenteront la deuxième partie du projet consacrée à la conception de méthodes permettant une meilleure prise en compte de la biodiversité et des continuités écologiques dans les documents d’urbanisme. Ces méthodes seront testées sur les six sites d’expérimentation, puis capitalisées dans une "boite à outils PINO" destinée à faciliter leur appropriation et leur utilisation par les acteurs des territoires.
Chaque partenaire du projet PINO a choisi de développer plus particulièrement un sujet adapté à son territoire et à ses besoins. En France, où il existe déjà de nombreux outils dédiés à la prise en compte de la biodiversité dans les documents d’urbanisme, le Cerema travaillera plus particulièrement sur l’intégration des trames écologiques via les orientations d’aménagement et de programmation (OAP) dédiées aux trames. Il s’agira notamment d’améliorer la prise en compte des continuités écologiques associées à la pollution lumineuse (trame noire) et au bruit (trame blanche).
Le projet PINO s’appuiera sur les résultats et les enseignements issus d’autres projets européens, afin de favoriser la capitalisation des connaissances. Parmi ces projets figure notamment ARTISAN, auquel le Cerema est partenaire, qui vise à renforcer la résilience des territoires face au changement climatique en s’appuyant sur les solutions fondées sur la nature.
La dernière étape du projet consistera à favoriser l’appropriation et l’adoption de cette boite à outils par l’ensemble des acteurs travaillant pour l’aménagement du territoire. Il s’agira par exemple de développer des modules de formation à destination des élus et des techniciens afin de faciliter la compréhension et l’utilisation des méthodes et outils développés dans le cadre du projet.
L’ensemble de ces étapes sera mené en collaboration avec les collectivités. Leurs besoins, leurs retours d’expérience et leurs connaissances constitueront un socle essentiel de notre travail, afin que les outils développés soient pleinement en adéquation avec leurs besoins.
