3 septembre 2026
Châtenois-les-Forges (90) - Le chalet, ancienne maison de maître, actuelle crèche et bibliothèque
Face à un patrimoine immobilier souvent vaste et complexe à gérer, les équipes du Cerema déploient la méthode SURFAC²E auprès de petites communes aux moyens limités. À travers le diagnostic technique et usages de leurs bâtiments, cette démarche d'ingénierie territoriale apporte aux élus locaux des éléments d'aide à la décision objectifs pour arbitrer, prioriser et planifier leurs investissements sur plusieurs mandats. Zoom sur quatre exemples d’accompagnement menés en Bourgogne-Franche-Comté.

Les petites communes de moins de 2 000 habitants font aujourd’hui face à de nombreux enjeux : baisse démographique entrainant fermeture de classes, disparition des commerces de proximité, accroissement des contraintes réglementaires, ou encore nécessité de s’adapter au changement climatique. Les équipes municipales, composées essentiellement d’élus bénévoles, d’un(e) secrétaire de mairie et de quelques agents techniques, doivent composer avec des budgets d’investissement souvent limités.

Pourtant, ces collectivités gèrent un patrimoine bâti qui peut être vaste. Écoles, mairies, églises, salles polyvalentes, anciens logements de fonction (faisant office de parc social local), équipements associatifs : les bâtiments sont nombreux, anciens, parfois inscrits aux Monuments Historiques. Acquis au fil du temps pour éviter leur dégradation, ou à l’occasion d’une période prospère, ils représentent une forte charge affective pour les élus et les habitants. Maintenir l’attractivité du village et accueillir des services dans des bâtiments de qualité est nécessaire, mais comment savoir par où commencer ?

 

La méthode SURFAC²E : un diagnostic de terrain partagé

C’est ici qu’intervient la méthode SURFAC²E développée par le Cerema pour connaître et évaluer son patrimoine immobilier. La première phase de l’accompagnement repose sur un diagnostic partagé et pragmatique.

Les experts du Cerema visitent l’ensemble des bâtiments aux côtés des élus. Cette étape de terrain s’avère souvent révélatrice : pris par le quotidien, les élus n’ont que rarement le temps d’inspecter minutieusement chaque recoin de leur patrimoine et y découvrent parfois des espaces insoupçonnés ou des désordres ignorés.

1. Châtenois-les-Forges (Territoire de Belfort) : Anticiper les futurs projets

Avec 13 bâtiments recevant du public (environ 7 500 m² de surface de plancher), cette commune de 2 600 habitants dispose d’un patrimoine globalement bien entretenu (investissements continus au cours des dernières années). La question des projets à mener dans les prochaines années est aujourd’hui sur la table. Les préconisations du Cerema ont permis de structurer de futurs projets d’envergure :

  • Une cession pour cofinancer d’autres opérations prioritaires, car les investissements à prévoir seraient trop conséquents et la transformation du bâtiment en logements privés est possible.
  • Une étude de faisabilité par un architecte afin de redistribuer les espaces et rénover thermiquement le bâtiment d’accueil périscolaire, bien situé mais aujourd’hui peu fonctionnel.
  • Une rénovation thermique d’ampleur d’un bâtiment associatif aujourd’hui fermé les cinq mois d’hiver car trop consommateur.
Ancienne Gare / Cerema

2. Issy-l’Évêque (Saône-et-Loire) : Définir ses priorités

Pour cette commune rurale de 680 habitants, l’étude du Cerema a ciblé 5 sites parmi l’ensemble du patrimoine communal. Cela représente une quinzaine de locaux, dont sept logements (environ 2 610 m² de surface de plancher). 

La méthode SURFAC²E a mis en lumière de nombreux enjeux, appelant l’équipe municipale à faire des choix de priorisation des investissements : conserver autant de logements et les rénover, développer l’offre médico-sociale en adaptant les bâtiments ou développer une offre culturelle mettant en avant le patrimoine historique (ensemble des remparts en photo ci-dessous).

Ensemble historique des remparts à Issy-l’Evêque (71)
Ensemble historique des remparts à Issy-l’Evêque (71)

 

La réflexion sur la stratégie patrimoniale pourra s'appuyer sur un diagnostic précis de l'état du patrimoine, de son potentiel et des points d'attention, et sur les propositions d'orientations stratégiques accompagnées d'estimations financières, présentées par le Cerema.

3. Villersexel (Haute-Saône) : Mettre en œuvre un programme politique

Pour cette commune d’environ 1 400 habitants, l’étude a porté sur 11 sites (soit 16 bâtiments) totalisant plus de 9 000 m² de surface de plancher. A l’issue du diagnostic, un échange avec la nouvelle équipe municipale élue en mars 2026, a permis de traduire leurs objectifs politiques en feuille de route pour les bâtiments. 

L’objectif est d’optimiser l’utilisation des surfaces disponibles, ce qui peut aller jusqu’à la mutualisation des locaux administratifs.

Villersexel (70) – Bibliothèque municipale au sous-sol de la salle des fêtes

4. Saint-Gengoux-le-National (Saône-et-Loire) : Prévoir les scénarios d’évolution des bâtiments à enjeux

Cette dernière étude a ciblé quatre bâtiments communaux stratégiques : mairie, Foyer Rural, ancienne gare et immeuble de logements en fin de bail emphytéotique. En analysant finement l’occupation des locaux (comme le Foyer rural et son planning d’activités associatives) et les performances thermiques (DPE E), le Cerema a proposé à la municipalité des scénarios d’évolution pour chacun : rénovations simples, lourdes ou cessions.

Mairie / Cerema