Cet article fait partie du dossier : Ecoles de demain : toutes les actualités du Cerema
Voir les 28 actualités liées à ce dossier
Comment les enfants, parents, quand ils sont cyclistes ou piétons, se réapproprient-ils les espaces publics autour des écoles lorsque ces derniers ont été apaisés ou piétonnisés ?
Quels effets produisent réellement ces réaménagements de voirie en faveur des modes actifs sur les usages et les interactions entre usagers ?
Repenser les abords des écoles : comment les usagers se déplacent-ils réellement ?
Ces questions sont au cœur du dispositif "rues aux enfants" déployé par la Ville de Lyon dans le cadre du programme européen REALLOCATE. Ce programme vise à accélérer la transition des villes vers des mobilités plus durables et plus inclusives, en favorisant notamment le rééquilibrage de l’espace public au profit des modes actifs.
Depuis 2020, plusieurs sites lyonnais font l’objet d’aménagements pérennes visant à réduire la circulation automobile aux abords des établissements scolaires. Les aménagements mis en œuvre combinent plusieurs leviers : élargissement des parvis, suppression du stationnement, modification du profil de la rue pour réduire les vitesses et le volume de trafic motorisé, déploiement de zones de rencontres ou encore piétonisation partielle ou totale de certaines rues.
Au-delà des objectifs de sécurité, ces dispositifs interrogent également les usages réels de l’espace public : les piétons occupent-ils davantage l’espace lorsque celui-ci leur est partiellement ou totalement réalloué ? Comment les usages évoluent-ils selon les moments de la journée ? Comment s’organise la cohabitation entre piétons et cyclistes ?
Une méthodologie innovante fondée sur l'analyse vidéo et la cartographie des usages
Afin d’évaluer ces transformations et de qualifier les effets sur la réappropriation des espaces publics par les modes actifs, le Cerema a développé une méthodologie d’analyse fondée sur l’exploitation de captations vidéo et la production de cartes de densité par typologie d’usagers : piétons, cyclistes et engins de déplacement personnel motorisé (EDPM).
Des campagnes de captation vidéo ont été réalisées sur plusieurs sites lyonnais à différents moments de la journée : heures de pointe scolaires du matin et du soir, périodes creuses et week-end. Les données recueillies ont ensuite permis de reconstituer les trajectoires et positions des usagers afin de produire des cartographies des usages. Cette approche a permis d’identifier :
les zones les plus fréquentées ;
les principaux flux de déplacement des modes actifs ;
les espaces de croisement et d’interaction entre usagers ;
les logiques d’occupation de l’espace selon les configurations d’aménagement.
L’objectif poursuivi était de de passer d’une perception des usages à une analyse objectivée des pratiques réelles.

Des cartes de densité pour mieux comprendre les effets des aménagements
L'exploitation des cartes produites permet de mettre en évidence des mécanismes parfois difficiles à observer directement sur le terrain. L'étude montre notamment que le profil des aménagements influence fortement les usages. Lorsque la distinction entre trottoir et chaussée demeure très lisible, les pratiques restent souvent séparées. À l'inverse, les aménagements de façade à façade favorisent une occupation plus diffuse et partagée de l'espace public.
Les analyses révèlent également l'influence des temporalités. Les sorties d'école correspondent à des périodes de forte réappropriation piétonne, tandis que les heures d'entrée relèvent davantage de logiques de déplacement et de dépose.
Enfin, les cartes permettent d'identifier précisément les zones d'interaction entre usagers, notamment aux abords des écoles, des traversées ou des espaces contraints. Ces secteurs constituent des points d'attention pour l'analyse des conditions de cohabitation entre piétons et modes roulants.


Dans le dossier Ecoles de demain : toutes les actualités du Cerema
