Un objectif de préservation d’un site sensible et stratégique
Située à l’embouchure du Rhône, la flèche de la Gracieuse est un site en mouvement qui joue un rôle de protection à la fois des écosystèmes lagunaires et des activités présentes dans le Golfe de Fos, dont celles du Grand Port Maritime de Marseille-Fos (GPMM). Propriétaire du site, le GPMM a entrepris une démarche de sauvegarde et confié au Cerema, au Cerege et à Suez Consulting une étude destinée à comprendre précisément les mécanismes hydrodynamiques et hydro sédimentaires en présence, à l’aide d’outils de modélisation numériques et d’analyses historiques et à envisager une solution durable de préservation fondée sur la nature.
D’une longueur de plus de 6 km, la flèche de la Gracieuse constitue la première ligne de défense du port de Marseille Fos au bénéfice des enjeux humains, économiques et environnementaux. Elle protège des vagues les terminaux des Bassins Ouest du dépôt de sédiments ainsi que les activités en arrière telles que la conchyliculture et limite les intrusions sédimentaires.
La sécurité de la navigation dans le chenal est également un enjeu majeur : la formation de bancs de sable à l’extrémité de la flèche pourrait gêner à terme l’accès des navires, voire compromettrait les conditions de navigation : le GPMM assure donc une surveillance bathymétrique régulière pour suivre l’évolution des fonds et intervenir si besoin.
Ce cordon dunaire est également un refuge pour des centaines d’espèces, y compris des espèces protégées, et une halte pour les oiseaux migrateurs. Mais l’érosion, le recul du trait de côte et les brèches menacent aujourd’hui son intégrité. À terme, sa rupture ou sa disparition pourraient, par la perte de son rôle de protection, avoir des conséquences majeures pour le Port comme pour les écosystèmes qui en bénéficient.
Comprendre, anticiper et modéliser le fonctionnement du système dunaire
Via un projet de recherche et développement sur 3 ans baptisé "La Gracieuse, dune vivante", le GPMM s’est entouré du Cerema, du Cerege et de Suez pour :
- Caractériser les différents météo-océaniques opérant sur le site
- Réaliser une analyse historique de son fonctionnement et de son évolution. Le Cerema apportera notamment ses connaissances sur le phénomène de submersion marine et ses impacts sur le long terme.
- Construire des modélisations prédictives. Le Cerema pilotera la modélisation sur une large emprise qui englobe l’embouchure du Rhône, la flèche de la Gracieuse et le golfe de Fos.
- Concevoir et tester des solutions fondées sur la nature et durables, afin de maintenir pendant au moins 50 ans les fonctionnalités protectrices de la Gracieuse tout en préservant les habitats naturels.
Issu d’une démarche co-construction engagée depuis 2023, ce programme s’appuie sur une concertation étroite avec l’ensemble des acteurs du littoral qui sera menée en parallèle des travaux.
Des mesures ont été réalisées sur le site en 2025/2026 pour caractériser les courants, la hauteur des vagues, les mouvements de sédiments, la houle. Ces données permettront de caler et valider les modélisations réalisées par le Cerema.
Le budget du programme de Recherche et Développement s’élève à 535 000 €. Le financement est assuré par l’État, la Région Sud, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et le port de Marseille Fos.
