
Sur cette base de découpage territorial, le département a fait appel au Cerema pour l’accompagner dans la réalisation d’un portrait climatique du territoire aujourd’hui ainsi qu’aux horizons 2050 et 2100 et la compréhension des principales sensibilités du territoire (phase 1 du schéma de projet ci-dessous).
Le Cerema a ensuite identifié les vulnérabilités aux impacts du changement climatique, dans une vision multithématique à 360° (phase 2 du schéma de projet ci-dessous).
In fine, le Cerema a accompagné les acteurs du territoire vers l’élaboration d’une stratégie et d’un plan d’actions (phase 3 du schéma de projet ci-dessous). Ce travail collaboratif qui a mobilisé une équipe projet d’une douzaine de spécialistes du Cerema Occitanie, a été mené sur 11 mois et a permis de renforcer la dynamique et la mobilisation des acteurs locaux sur les enjeux et les leviers de l’adaptation au changement climatique.

Une compréhension fine des sensibilités territoriales
Dans un premier temps, le Cerema a construit une base de connaissances du territoire (atlas cartographique et données clés), ainsi qu’une valise de questionnement. Il a partagé et enrichi sa compréhension au cours d’un atelier de travail d’une journée avec des experts locaux mené en avril 2025, suivi d’entretiens pour approfondir les différents sujets : 70 participants de 43 structures, ont ainsi permis de dresser un profil du territoire et de ses spécificités. Etaient notamment présents à cet atelier des acteurs de la chambre d'agriculture de l'Aveyron, du syndicat des vignerons, le CEN Occitanie, Fibois, l'OFB, la Fédération départementale du BTP, l'EPTB, d'intercommunalités, de la DDT, de l'ONF, de Météo france, de la CCI de l'Aveyron, du CAUE, du SDIS...

Portrait climatique du territoire:
L’exposition de chacune des 8 entités du département a été évaluée à travers 13 indicateurs climatiques tels que la chaleur, la sécheresse, l’augmentation des nuits tropicales ou encore les précipitations et l’état des cours d’eau. Chaque indicateur a été projeté en 2050 et 2100, en cohérence avec la TRACC et avec les dernières données Météo France. Les rendus étaient accessibles à plusieurs niveaux de vulgarisation, du plus scientifique au plus citoyen, avec différents visuels construits par le Cerema.
Le portrait climatique du territoire :
Analyse des vulnérabilités
Valorisant les résultats de la phase 1 (analyse de la sensibilité et portrait climatique), le Cerema a réalisé une analyse de la vulnérabilité sur les 8 entités. La tenue concomitante en 2025 des COP adaptation (3 réunions en Aveyron), a permis de présenter les résultats de la phase 1 et d’enrichir la réflexion.
L’étude des vulnérabilités du territoire a permis de territorialiser les enjeux et de les étudier par thème pour chaque entité. Un tableau de bord synthétise ainsi pour chacune l’exposition climatique, la vulnérabilité pour chaque thème, et les critères locaux de sensibilité présentés avec un code couleur en fonction du niveau de vulnérabilité.

Les vulnérabilités identifiées auront aussi des impacts croisés. Sur le territoire, des enjeux forts sont prévisibles sur le vieillissement de la population et l’activité économique, très liée à l’agriculture. Des questions se posent concernant les logements et le confort en été, la capacité à se déplacer, sur la qualité et la quantité de l’eau disponible, en in fine sur la capacité à anticiper et à s’adapter. L’analyse des vulnérabilités a ainsi permis d’avoir une vision globale des menaces présentes et à venir sur les différentes parties et sur l’ensemble du territoire.
Des cartes mentales illustrées ont permis de partager ces analyses auprès des élus du territoire, pour ensuite amorcer les réflexions sur la stratégie.

Synthèse des vulnérabilités :
Stratégie et Plan d’actions
Sur la base du diagnostic des vulnérabilités, le Cerema a pré-identifié une cinquantaine d’orientations stratégiques, pour protéger les populations, assurer la résilience, adapter les activités humaines, protéger le patrimoine naturel et mobiliser les acteurs locaux pour l’adaptation au changement climatique (les 5 axes du PNACC3). Le conseil départemental et l’Etat ont ensuite sélectionné 15 orientations stratégiques pour les partager avec les acteurs du territoire (élus, EPCI, partenaires institutionnels) lors d’un atelier qui a aussi permis d’identifier de premières pistes d’action.
Un atelier débat organisé le 30 septembre 2025 avec une cinquantaine de participants : élus locaux, conseil départemental, EPCI, parcs naturels régionaux, acteurs économiques, établissements publics, représentants de l’Etat (DDT, préfecture, sous-préfecture). Après une présentation du portrait climatique du territoire, des groupes de travail ont réfléchi aux pistes d’action à envisager autour de ces 5 axes : 30 pistes d’action prioritaires ont été identifiées.
Les acteurs locaux et membres du COTECH ont ensuite travaillé sur les idées, les choix à opérer, et défini une feuille de route de l’adaptation au changement climatique reprenant 16 orientations stratégiques et 21 pistes d’action, et qui a été présentée aux acteurs publics lors des rencontres de l’eau. Celle-ci évoluera au fil de l’avancement des projets et de l’évolution des enjeux.
Le Cerema a proposé des modèles de fiches actions avec les informations pratiques : le descriptif de l’action, l’objectif poursuivi, le pilote, les bénéficiaires, les points d’attention, outils existants...

Axe (PNACC-3) | Orientations | Actions |
|---|---|---|
| Protéger les populations | Préparer collectivement les crises climatiques | Profiter de l’adaptation au changement climatique pour faire évoluer les Plans Communaux de Sauvegarde, créer des plans intercommunaux opérationnels |
| Sensibiliser les populations et les touristes aux risques liés au changement climatique | Inventer les outils d’acculturation à l’adaptation au changement climatique et ses impacts locaux | |
| Adapter les bâtiments publics sensibles | Adapter et rénover le bâti public sensible, en considérant le confort d’hiver et d’été | |
| Assurer la résilience des infrastructures et des services essentiels | Organiser la réponse collective face aux risques incendie
| Organiser collectivement la protection de nos forêts |
| Diminuer la vulnérabilité de nos infrastructures face au changement climatique | Identifier et prioriser les tronçons de réseaux les plus vulnérables (routiers, énergétiques, numériques) | |
| Adapter les activités économiques et les emplois | Adapter le modèle agricole d’élevage extensif de qualité, économiquement viable, préservant la ressource en eau et les milieux naturels pour s’adapter au changement climatique et renforcer l’attractivité des métiers agricoles |
|
| Aider les acteurs du tourisme à adapter leur offre |
| |
| Aider les entreprises à s’adapter | Evaluer la sensibilité des entreprises : diagnostic et accompagnement à l’adaptation. | |
| Protéger notre patrimoine naturel | Améliorer les stratégies de partage et de connexion pour sécuriser l’assainissement d’eau potable : être exemplaire dans le partage local et dans l’organisation de la solidarité amont-aval |
|
| Améliorer l’impact des systèmes d’assainissement sur les milieux récepteurs | Faire évoluer les critères d’instruction des aides publiques | |
| Améliorer la préservation de la biodiversité | Observer, rechercher et innover pour la préservation des milieux naturels | |
| Adapter la filière forêt et bois aux conséquences du changement climatique : favoriser la résilience de la ressource forestière en gérant les forêts |
| |
| Mobiliser les forces vives | Fournir une ingénierie aux collectivités
|
|
Moduler et coordonner les aides publiques pour répondre aux objectifs du changement climatique
| Faire évoluer les critères d’instruction des aides publiques | |
| Traduire les actions d’adaptation au changement climatique dans la planification et les documents d’urbanisme | Former les élus et les services techniques chargés de l’urbanisme Intégrer l’objectif de l’adaptation au changement climatique dans les CCTP [2] des procédures d’évolution des documents d’urbanisme et de planification |
