Le rapport analyse le développement de ces pratiques, leurs objectifs et leurs modalités de mise en œuvre. Il examine également les questions de lisibilité, de sécurité routière, d’accessibilité et de cadre réglementaire que ces marques peuvent soulever.
Des marques au sol aux usages multiples
Les marques d’animation recouvrent une grande diversité de formes : motifs géométriques, fresques artistiques, jeux peints au sol, compositions colorées ou parcours ludiques.
Leur mise en œuvre peut répondre à plusieurs objectifs :
- encourager la marche et les mobilités actives en rendant les cheminements plus attractifs, parfois en lien avec une démarche de design actif ;
- accompagner l’apaisement de la circulation et le partage de l’espace public, notamment dans les rues mises en zone de rencontre ;
- mettre en valeur et rendre plus conviviaux certains lieux tels que les abords d’écoles, les entrées d’équipements publics, les places ou les espaces de jeux ;
- favoriser l’appropriation et l’identité des espaces publics, notamment dans le cadre de démarches participatives.
Ces marques se rencontrent aujourd’hui dans une grande diversité de contextes : chaussées en zones de rencontre, aires piétonnes, places, parvis ou même trottoirs. Elles peuvent également s’inscrire dans des démarches variées, par exemple comme interventions temporaires dans le cadre d’opérations d’urbanisme tactique ou de préfiguration d’un projet de réaménagement, dans des démarches de design actif à l’échelle d’un quartier, ou encore dans le cadre de projets participatifs, notamment au sein d’écoquartiers, associant habitants et acteurs locaux.
Le cadre réglementaire des marques d’animation
La signalisation routière : un domaine réglementé
La signalisation routière constitue un langage visuel destiné à communiquer avec l’usager. Sa compréhension doit être immédiate, claire et non ambiguë. Une signalisation mal conçue ou ambiguë peut en effet entraîner des comportements inadaptés et nuire à la sécurité routière. La réglementation de la signalisation routière s’applique à toutes les voies ouvertes à la circulation publique, quelles que soient leur domanialité ou leur gestion (routes, rues, parkings, voies vertes, etc.).
Au niveau international, les principes généraux sont définis par la Convention de Vienne sur la signalisation routière, qui vise à harmoniser les formes, couleurs et significations des signaux afin de garantir une lecture cohérente par les usagers.
En droit français, ces principes sont transposés notamment dans le Code de la route. L’article R.411-25 précise que les prescriptions imposées aux usagers ne sont opposables que si une signalisation conforme est mise en place. Ce principe fonde l’arrêté du 24 novembre 1967 relatif à la signalisation des routes et des autoroutes, qui définit les signaux et marques utilisés sur le réseau routier.
Les règles techniques d’implantation et de conception sont précisées par l’Instruction interministérielle sur la signalisation routière (IISR), document de référence pour l’ensemble des gestionnaires de voirie.
Les marques d’animation : un outil encadré
Introduites dans la réglementation en 2016, les marques d’animation constituent un outil permettant d’accompagner la mise en valeur de certains espaces publics.
Selon l’article 118-7 de l’IISR, elles peuvent être implantées uniquement dans les zones de rencontre et les aires piétonnes. Elles consistent en des dessins non répertoriés dans la réglementation, à vocation principalement décorative ou ludique.
Afin de préserver la lisibilité de la signalisation routière, plusieurs règles doivent être respectées :
- les dessins ne doivent ni reprendre ni détourner des signaux routiers ;
- ils ne doivent pas utiliser de marques commerciales ;
- ils ne doivent pas créer de confusion pour les usagers.
Ces marques n’ont aucune valeur prescriptive ou de guidage. Elles doivent néanmoins présenter les mêmes performances techniques que les autres inscriptions sur chaussée, notamment en matière d’adhérence. Par ailleurs, les couleurs utilisées ne doivent pas correspondre aux couleurs réglementaires définies pour la signalisation routière.
L’usage de la couleur sur chaussée
La circulaire du 15 mai 1996 relative à l’utilisation de la couleur sur chaussée rappelle que l’usage de la couleur ne doit en aucun cas créer de confusion avec le marquage réglementaire ni en affaiblir la lisibilité. En complément de la réglementation, il existe plusieurs recommandations pour guider les collectivités :
- La note d’information du SETRA "Coloration des revêtements routiers et sécurité routière" (1998) recommande ainsi l’emploi de gammes de couleurs atténuées (sable, ocre, brun, brique, gris, etc.) pour la valorisation d’espaces urbains tels que les aires piétonnes ou les places.
- Les fiches "Plan d’actions pour les mobilités actives" (Cerema, 2016) notamment la fiche n°19 explicitant le cadre réglementaire des marques d’animation et fournissant des recommandations sur leurs usages.
Un point de vigilance : l’accessibilité
La mise en œuvre de marques d’animation doit également prendre en compte les exigences d’accessibilité de l’espace public, notamment celles issues de la loi du 11 février 2005 relative aux droits des personnes handicapées.
Il convient notamment de veiller à maintenir des contrastes visuels suffisants, préserver la lisibilité des cheminements et éviter une saturation visuelle du sol pouvant perturber l’orientation des usagers, en particulier des personnes malvoyantes ou des personnes atteintes de déficiences mentales, psychiques ou cognitives.
Dans ce contexte, la concertation avec les associations représentant les personnes en situation de handicap peut constituer un appui utile pour garantir la compatibilité entre animation de l’espace public, sécurité et accessibilité.
Les marques d’animation offrent de nouvelles possibilités pour animer et valoriser certains espaces publics, notamment dans les zones de rencontre et les aires piétonnes. Leur mise en œuvre doit toutefois s’inscrire dans le respect du cadre réglementaire existant et des principes fondamentaux de la signalisation routière, en particulier la lisibilité, la cohérence et l’absence de confusion pour les usagers.
Dans la pratique, la conception des marques d’animation peut soulever plusieurs points d’attention, notamment concernant le choix des couleurs, l’implantation des motifs ou la durabilité des matériaux. Leur mise en œuvre doit veiller à préserver la lisibilité de la signalisation routière et à maintenir une distinction claire entre les éléments décoratifs et les dispositifs ayant une portée réglementaire.

Ce travail met en évidence :
- une hétérogénéité des approches selon les contextes urbains et les objectifs visés ;
- des méthodes de mise en œuvre variées, souvent issues de collaborations entre services techniques, artistes et associations ;
- une utilisation croissante de ces dispositifs dans les démarches de design actif et de ville apaisée.
Des enjeux de sécurité, de lisibilité et d’appropriation citoyenne
Les marquages d’animation contribuent à la sécurité des piétons, mais aussi à réenchanter l’espace public. Même si les évaluations quantitatives restent rares, plusieurs effets positifs ont été mis en avant lors des entretiens :

Un levier au service de la ville apaisée
Plusieurs pistes de réflexion permettraient aux collectivités de mieux utiliser cet outil de marquage :
Le rapport d'étude sur CeremaDoc :
Le replay :
Diaporama :
Ressources :

