Cet article fait partie du dossier : Le programme Territoires adaptés au climat de demain (+4°C) : Co-construire un diagnostic et une stratégie d’adaptation
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Le programme Territoires adaptés au climat de demain permet d’accompagner les collectivités dans la définition de stratégies d’adaptation au changement climatique sur différents volets : approche stratégie de territoire transversale, aménagement urbain, bâtiment, infrastructures, risques et ressource en eau. Au-delà du travail individualisé avec chaque collectivité, ces séminaires collectifs et webinaires visent à partager les pratiques, mutualiser les connaissances et lever les verrous opérationnels.
En introduction de ce séminaire, un temps d’accueil s’est tenu autour du partage de bonnes pratiques en binôme.
Réfléchir collectivement au passage de la vision à l’action : partager nos problématiques et y répondre ensemble
Les participants et participantes ont été invités à faire remonter les problématiques auxquelles ils faisaient face. 3 sujets ont été choisis collectivement afin d’y travailler en sous groupes. Voici une synthèse de leurs réflexions.
Groupe "Quelle méthode pour l’appropriation de la démarche trajectoire par des ateliers multi-acteurs ?"
Ce groupe s’est concentré sur la manière d’impliquer et d’embarquer les différents acteurs locaux dans l’élaboration de trajectoires d’adaptation.
Ainsi, le groupe propose de :
Groupe "Comment faire boule de neige à partir d’une stratégie d’adaptation thématique pour enclencher une adaptation de toutes les politiques publiques de la collectivité ?"
L’objectif de ce groupe est de partir d’une entrée thématique spécifique pour diffuser et généraliser la démarche d’adaptation de manière transversale au sein de la collectivité.
Ainsi, en valorisant la réussite de la stratégie d’adaptation élaborée, le groupe propose de mobiliser :
Groupe "Comment ancrer durablement les démarches d’adaptation"
Ce groupe a travaillé sur la pérennisation et l’institutionnalisation des démarches d’adaptation au sein de la collectivité, sous le prisme de l’exemplarité et de la cohérence.
Ainsi, le groupe propose de :
Lever les verrous mentaux : repenser notre modèle de décision
Céline Bigi, Mission expertise territoriale intégrée, Cerema
Le passage de l’idée à l’action est souvent l’étape la plus difficile pour les collectivités. En introduction, Céline Bigi, experte Territoires et transitions au Cerema a rappelé que nos freins ne sont pas uniquement techniques, mais profondément culturels. Notre modèle dominant, axé sur la performance rapide, la culture du résultat immédiat et le fait de "faire vite et bien", s’avère inadapté face à l’incertitude inhérente au changement climatique. Ce cadre fixe limite nos capacités d’adaptation, décourage le travail collaboratif et freine l’expérimentation.
Pour dépasser ces résistances, elle a proposé de s’appuyer sur l’équation du changement de Beckhard et Harris :
Insatisfaction x Vision de l’avenir x Premiers pas, devient + fort que Résistances au changement *

En factualisant l’inconfort du présent, en partageant une vision désirable du futur et en engageant des actions simples et immédiates, les territoires peuvent enclencher une dynamique vertueuse et surmonter l’inertie.
LA CARTE DU POTENTIEL DE DESIMPERMEABILISATION : un socle pour le dialogue avec les acteurs et l’élaboration de la stratégie
La carte du potentiel de désimperméabilisation montre que 20% du territoire urbanisé pourrait faire l’objet de mesures de désimperméabilisation. Au-delà de la connaissance, cette carte est un outil de sensibilisation et un support de travail utilisé lors d’ateliers avec les collectivités. Elle met en avant 4 types de zones :
- Désimperméabilisation nécessaire : elles se situent en amont des zones à enjeux notamment en termes de qualité des eaux de baignade.
- Désimperméabilisation fortement souhaitée : elles se situent en aval mais présentes des contraintes.
- Potentiel de désimperméabilisation à confirmer : elles présentent des contraintes à préciser.
- Potentiel de désimperméabilisation limité.
80% des espaces urbanisés sont situés dans les deux zones où l’imperméabilisation est nécessaire ou fortement souhaitée.
Lors des ateliers, les collectivités ont réfléchi aux opportunités pour agir, en identifiant les projets d’aménagement permettant la requalification des espaces publics et la désimperméabilisation aux endroits les plus adaptés. Des indicateurs de désimperméabilisation ont été précisés, et une fiche action disponible en ligne a été produite pour chaque commune et arrondissement de Marseille, afin de repérer les endroits les plus intéressant pour la désimperméabilisation.
Une feuille de route en 3 axes :
Une feuille de route en 3 axes a été définie :
- Levier technique : Harmonisation des discours (distinguer désimperméabilisation et déconnexion), montée en compétences des bureaux d’études (souvent sous-dimensionnés face aux enjeux d’infiltration lors d’épisodes méditerranéens) et formation de plus de 300 agents métropolitains et partenaires (mobilité, voirie, CAUE, etc.). Une assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) a également été mise à disposition des communes.
- Levier financier : Simplification administrative majeure via un guichet de subvention unique associant la Métropole, le Département et la Région. Ce dispositif simplifie la vie des aménageurs et maximise l’effet de levier des aides de l’Agence de l’eau (permettant de doubler le volume de projets réalisés pour un même coût communal).
- Levier réglementaire : Évolution des règles d’urbanisme pour inciter les aménageurs privés et publics à agir.
Questions / Réponses
Question : Cette stratégie s’applique t-elle aux nouvelles opérations d’aménagement ou plus largement ?
Réponse : Cela s’applique plus largement sur les opérations où on a déjà une imperméabilisation. La réduction de l’artificialisation était déjà enclenchée mais la désimperméabilisation n’est pas facile, un des freins c’est de convaincre qu’on arrivera à exploiter les aménagements et que l’efficacité dans le temps sera pérenne : il est dit à la Métropole : les dispositifs vont se colmater, cela va s’user plus rapidement… il faut convaincre. A cela s’ajoutent les problématiques d’entretien : la Métropole est compétente en voirie, espaces verts, pluvial… mais se sont parfois ses services qui disent qu’ils n’ont pas les budgets ou ne savent pas faire donc des exemples sont montrés (exemple Lyon) pour les rassurer.
Construire la nature en ville signifie davantage de dépenses de fonctionnement, alors qu’un réseau d’eaux pluviales ne nécessite presque pas d’entretien pendant 100 ans. La décision politiquepermet de supporter ces coûts de fonctionnement. Marseille est souvent raillée concernant les problèmes de déchets. Quand on aménage des noues paysagères, les jours de Mistral tous les déchets viennent dedans ; or ce ne sont pas des balayeuses automatiques mais des gens qui viennent ramasser ces déchets donc de nouvelles embauches, plus de frais de personnels… tout cela doit se faire dans une autre temporalité, c’est le principal frein.
Question : En termes d’évaluation, avez-vous identifié une réduction des dégâts sur la STEP lorsqu'il pleut beaucoup grâce à cette désimperméabilisation, donc une baisse des coûts de fonctionnement sur gestion de la STEP (car réseau unitaire) ?
Réponse : La Métropole veut mettre en place un observatoire pour témoigner de l’efficacité des effets directs et indirects. Un des aspects motivants c’est que sur les 92 communes, il n’y a pas les mêmes couleurs politiques ni les mêmes sensibilités ni les mêmes approches des questions humaines. « Quand je suis arrivé, je ne travaillais ni sur Aix ni sur Marseille. Aix était déjà très investi sur le sujet et sur Marseille le président de la Métropole et de la ville sont de couleurs politiques différentes mais on est arrivé à travailler avec les services en bonne intelligence en passant outre les divergences politiques, dans un travail collaboratif, même si au départ commande politique émanait de la Métropole. »
Question : Face au manque de moyens, vous avez pu mettre en œuvre la solution d’élever la taxe GEMAPI, comment cela a-t-il été amené ?
Réponse : Sur l’aspect financier, la base est l’étude socle sur la compétence, pas seulement les quatre items fondamentaux. La Métropole avait 2 scénarios financiers :
- Soit que de la GEMAPI stricte pour 12-13 M€
- Soit acception plus large de la GEMAPI et aide des projets pour 21 M€
Les élections venaient de passer, la Métropole a pu avoir des marges de manœuvre financière car il est plus facile d’augmenter une taxe en début de mandat. Et comme tous les projets matures n’étaient pas prêts sur les premières années, la Métropole avait une marge financière plus importante par la suite.
Question : Comment la taxe GEMAPI est-elle gérée, est-ce un budget annexe ? Nous on avait manne financière mais elle a été siphonnée par autre chose.
Réponse : C’est un budget annexe géré par le service GEMAPI. Pour cela, la Métropole a défini des règles d’utilisation dans l’étude socle pour définir ce qui rentrait dans la désimperméabilisation ou non et comment. Par exemple, la dé-couverture de cours d’eau pour être financée. La Métropole a aussi fait un logigramme pour définir précisément ce qui relève de GEMAPI et des eaux pluviales et l’a inscrit dans une délibération.
A cela s’ajoutent des effets leviers : tout ce qui est GEMAPI est bien subventionné (par le Département, la Région, l’Agence de l’eau qui soutiennent beaucoup la Métropole). Donc si la Métropole met du financement GEMAPI dans les projets cela démultiplie les aides. La voirie est aidée même dans le centre-ville de Marseille, la Métropole a travaillé avec eux et la greffe a bien pris, maintenant ils savent faire travailler les concepteurs pour intégrer la GEMAPI, s’il a 150 k€ de travaux sur 300, la subvention de l’Agence de l’eau est difficile à obtenir, le fait de passer par la Métropole permet d’obtenir 75 k€ de l’Agence de l’eau et 75 k€ de la Métropole ainsi ça ne leur coûte plus que 150 k€. Ce dispositif permet de faire 2 fois plus de choses. Charge à la Métropole que les factures des entreprises ciblent bien la GEMAPI pour qu’elle puisse utiliser les subventions de l’Agence de l’eau.
Question : Sur notre territoire on essaie de travailler la GIEPP (Gestion Intégrée des Eaux Pluviales à la Parcelle) mais il y a des freins des acteurs techniques (bureaux d’études et maîtres d’œuvre), comment avez-vous dépassé cette difficulté ?
Réponse : On s’est rendu compte que les bureaux d’étude n’étaient pas au niveau donc la Métropole a organisé des formations à la désimperméabilisation pour les bureaux d’études. Par exemple : le dispositif terre pierre sous les aménagements permet de faire tampon lors des épisodes méditerranéens où il faut gérer gros volume de pluie dans peu de temps, ce qui nécessite du stockage puis de l’infiltration.
La recherche action Trajectoire 4 A – Adapter, Anticiper – Articuler – Ajuster
Comment aider les décideurs à planifier sur le temps long ? Christine Voiron-Canicio, Professeure émérite à l’Université Côte d’Azur, a présenté le projet de recherche-action Trajectoire 4A (Adapter, Anticiper, Articuler, Ajuster), mené en partenariat avec la Communauté d’Agglomération du Pays de Grasse (CAPG) et soutenu par l’ADEME dans le cadre du programme PACT2e.
Ce projet repose sur la création d’un jumeau numérique 3D (SIM-PROSPECT) permettant aux élus de simuler virtuellement, jusqu’en 2100, les impacts de leurs choix d’aménagement face à quatre risques majeurs : incendies, inondations par ruissellement, pénuries d’eau et canicules (surmortalité des aînés) sur un territoire virtuel mais ressemblant au Pays de Grasse, qui recouvre des espaces diversifiés, aux enjeux différents, de moyenne montagne, de coteaux, de plaines vallonnées, de périurbain, de rural…
Les principes de la démarche
Le projet a ensuite été co-construit avec les acteurs de la collectivité. Un outil de modélisation (SIM-PROSPECT) a été créé pour simuler dans le temps (jusqu’en 2100) et dans l’espace les impacts d’actions possibles que les élus ou les agents imaginaient ou qui étaient inscrites dans les documents d’urbanisme.
Christine Voiron-Canicio a mis en évidence trois caractéristiques du projet :
- Observer parallèlement l’évolution du territoire et l’évolution climatique à travers une démarche géo-prospective, d’anticipation des phénomènes sur le temps long des vulnérabilités projetées. Les vulnérabilités sont mesurées selon des scénarios d’évolution, en intégrant les variations des dynamiques socio-économiques. Ainsi, le changement climatique (le scénario 4.5 intermédiaire du GIEC) a été croisé avec l’évolution du territoire en prenant des hypothèses d’évolution 2020 - 2050.
- L’aspect géographique : le territoire de la CAPG est formé d’espaces diversifiés aux potentialités différenciées donc l’équipe ne voulait pas avoir seulement une trajectoire générale mais prendre en compte les spécificités.
- Inversion de la relation planification / action de terrain : l’approche du projet consiste à partir d’actions sur le terrain virtuel pour évaluer leur impact sur le territoire sur le temps long. Ceci met en évidence la politique d’adaptation au changement climatique à mettre en place, de laquelle on peut déduire les trajectoires d’adaptation qui seront ensuite traduites dans la planification.
Le travail collectif :
Les agents ont choisi de travailler sur un jumeau numérique 3D, qui permet d’alimenter la réflexion en s’extrayant de leur contexte habituel et d’une approche opérationnelle de court terme. Les thématiques de travail ont été mises en débat et les élus ont sélectionné la mobilité durable et la réduction de la vulnérabilité du territoire, à travers quatre risques : incendie, inondation par ruissellement, pénurie d’eau et surmortalité des aînés lors des canicules.
Après l’état des lieux, un travail a été mené sur l’importance de la prospective, de la stratégie et de coupler les actions dans le temps long, au regard des objectifs cibles que l’on souhaite atteindre.
En s’appuyant sur un jeu sérieux, des questionnements des élus ont été identifiées (quelles sont les actions efficaces ? Celles qui sont utiles ?) ainsi que le besoin d’outils pour mesurer les impacts (notamment via des indicateurs environnementaux et socio-économiques) des actions. Trois angles morts ont aussi été révélés :
- la temporalité des actions est évaluée de manière souvent approximative en court/moyen/long terme,
- l’organisation de l’espace n’est pas regardée en termes de co-bénéfices
- la modification des modes de vie n’est pas intégrée/anticipée.
Des expérimentations modélisatrices sur les thématiques plébiscitées par les élus ont été mises en place en un an après des discussions et brainstormings avec les agents.
Le projet est achevé depuis septembre 2025, les 6 derniers mois ont été axés sur les retours d’expérience de ces simulations en termes de planification et d’intégration dans les documents d’urbanisme et le PCAET. Le livrable du projet est disponible dans la librairie de l’ADEME, tandis que la présentation, le jeu sérieux et les deux modèles de simulation sont déjà sur le site trajectoire4a.org.
Les enseignements clés du projet :
Questions / Réponses
Question : Qu’est-ce qui a mobilisé les élus ?
Réponse : L’équipe et l’interlocuteur côté CAPG ont pris leur bâton de pèlerin pour aller voir 15 à 23 maires qui ont été écoutés et le contact s’est fait ainsi. A la suite de cela, ils et elles ont été impliqués dans la démarche progressivement pour les amener à avancer : restitution des entretiens puis le jeu sérieux et son débriefing avant de préparer la modélisation. L’équipe technique les a tenu et le fait que les chercheurs ne soit pas dans leur tour d’ivoire mais sur le terrain leur a plu.
Les élus adhèrent aux résultats et in fine il y a eu un noyau d’élus : sur les 15 sollicités, 7 venaient régulièrement. Les maires venaient souvent avec leurs adjoints (urbanisme et mobilité par exemple). L’équipe a fait en sorte de leur mettre à disposition un outil facile d’utilisation et ça leur semblait même trop facile, les agent·s ont demandé une vidéo pour montrer ce qu’il a derrière (tous les algorithmes).
Question : Les outils proposaient-ils aussi un regard sur le coût ou l’acceptabilité ?
Réponse : Non, ils apportent un regard sur les résultats de l’action d’un point de vue temporel et spatial.
Question : Est-il possible de tester plusieurs actions ou seulement une seule ?
Réponse : Plusieurs actions sont testées car le but est d’accompagner au choix d’une trajectoire.
Question : Est-il possible d’introduire plus de réalité avec les moyens financiers ?
Réponse : Les élus avaient déjà en tête les aspects financiers, il fallait qu’ils et elles apprennent à penser sur le temps long. Très vite la question du coût est venue, tout comme la complexité des actions. Par exemple, il a été proposé dans une des actions de remettre en service une halte ferroviaire, il y a eu des réactions en ce sens “jamais la SNCF, les politiques… “ et des débats. Mais s’il y a une volonté politique… est-ce si coûteux ? Cela peut sembler compliqué aujourd’hui mais dans 15 ans est-ce que ce ne sera pas une priorité de la rouvrir ?
Question : Pourriez-vous nous présenter un exemple d’action choisie et ce que ça a donné ?
Réponse : Il existait 3 politiques de mobilité durable: le covoiturage, le bus et le déploiement de l’intermodalité. Ensuite il fallait choisir l’angle d’attaque politique puis choisir des actions dans un autre module via un menu déroulant (exemples : créer des lignes pour desservir toutes les communes, améliorer la qualité du service, développer des lignes express…) et des modalités d’action (exemples : billettique, pass tarifaire, localisation des arrêts de bus…). Suite à ces choix, les résultats sortaient à l’écran avec 10 indicateurs à leur disposition : en termes de diminution du trafic, la diminution CO2 et PM10, diminution du budget transport, etc.
En binômes, ils ont testé différentes options en fonction des résultats, puis suite au debriefing l’équipe les questionnait sur des options qu’ils ne voyaient pas afin de lancer un nouveau run de simulation. Ainsi, pas à pas, les élus ont bâti leur réflexion sur un terrain Canada dry à partir de données réelles. Ils et elles ont joué le jeu et ont fait ce pas de côté. Par la suite, les élus sont retournés dans leur commune. L’anticipation, la temporalité et la complexité dénouée par les simulations ont été bien compris.
Inspirations de terrain : visites de sites à Toulon
Le séminaire s’est clôturé par des visites inspirantes guidées par les acteurs de la métropole Toulon Provence Méditerranée et de la ville de Toulon (Sébastien Ruvira, Martine Bérard, Olivier Badie, Emmanuel Kopp et Emmanuel Droz Vincent), démontrant que l’adaptation améliore concrètement le cadre de vie urbain :
Quartier Chalucet et jardin Alexandre 1er
Le projet d’aménagement du quartier Chalucet date des années 2000 et avait pour objectif d’initier un projet de coulée verte à partir de l'existant. Le jardin Alexandre 1er a été réaménagé dans la suite du grand projet de la rade de Toulon et fait partie de la grande promenade des remparts constituée d’une succession de jardins en puzzle autour de la ville, dont ce jardin est la première pièce.
Un concours urbain et architectural a été lancé pour réaménager le site, étendre le parc et réaliser le quartier Chalucet qui est devenu le quartier de la connaissance et de la créativité. Le programme était mixte, incluant équipements publics (médiathèque), logements, école supérieure d’art et de design, école Camondo et Kedge business school.
L’objectif du projet était de redynamiser et rouvrir cet espace. Il a permis de créer un poumon vert dans la haute ville haussmanienne très minérale.
Le quartier a été labellisé Ecoquartier et Quartier Durable Méditerranéen niveau argent pour la conception et la réalisation et il vient d’acquérir le niveau or pour l’usage.
Le jardin, composé d’espèces méditerranéennes, d’essences odorantes, de plantes aquatiques australiennes dans les fontaines, a obtenu le label jardin remarquable. 90 nichoirs ont été placés dans le quartier pour accueillir des martinets, dont l’habitat disparaît, dans le cadre d’une vaste démarche de la ville.
Le bâtiment La voile blanche a été livré en 2020, 164 logements dont 49 logements sociaux. La médiathèque est utilisée par des habitants provenant de toute l’aire toulonnaise et s’y déroulent également des conférences de l’Université du Temps Libre. Un incubateur de la pépinière d’entreprises TVT (Toulon Var Technologie) a été positionné en haut de l’école d’art. L’isolation thermique est forte avec l’utilisation de la technique de GBE (2 murs de béton en sandwich avec de l’isolant au milieu). La bibliothèque de l’école d’art a été positionnée au sein de la médiathèque.
Les ressources pour aller plus loin :
- Un Film sur Chalucet
- Deux conférences du CAUE du Var sur Chalucet :
- Un film de l’OFB sur les martinets
- Un film du Ministère de la Transition Ecologique sur les martinets
Jardin des Lices
Les bâtiments présents dans la pinède ont été détruits, laissant place à du stationnement sauvage d’environ 200 voitures. Le site a ensuite été renaturé, avec un espace vert de 9000 m2 conçu et réalisé en régie, réduisant ainsi les coûts. Un parking au bord du site a été désimperméabilisé à l’aide de revêtement nid d’abeille pour récupérer l’eau.
La suite du chantier doit permettre d’ouvrir le lieu au public.
Les sols des cheminements sont poreux, des ganivelles ont été installées, l’éclairage qui éclairait les arbres par le bas a été remplacé par un basse consommation et de détecteurs. Les arbres sont entourés de patelage bois, une micro-forêt urbaine est replantée densément pour stimuler la concurrence et des jeux d’enfants en bois ont été installés.
Trois personnes ont été recrutées pour concevoir et réaliser ce parc. La conception en régie permet de penser à la maintenance dès l’amont. Le choix d’essences méditerranéennes permet de limiter l’arrosage aux 3-4 premières années avec un goutte-à-goutte installé et déclenché par des capteurs dans le sol qui sont programmés à partir d’un seuil de stress hydrique choisi.
Des jeux pour enfants ont été installés, et l’écoute des habitants a permis d’apporter quelques évolutions au projet.
Les ressources pour aller plus loin :
* Équation du changement de Beckhard et Harris
Dans le dossier Le programme Territoires adaptés au climat de demain (+4°C) : Co-construire un diagnostic et une stratégie d’adaptation
