16 avril 2026
Cycliste et autobus à Paris
Arnaud Bouissou TERRA
Deux journées consacrées aux solutions d’amélioration de la qualité de l’air relatives à la mobilité et à l’urbanisme ont été organisées les 27 et 28 novembre 2025 par le Cerema, pour croiser les regards et les expériences, et réfléchir aux leviers d'action dont disposent les collectivités.
La synthèse de ces rencontres est disponible.

Les 27 et 28 novembre 2025, les Journées  "Objectif Air 2030 » organisées par le Cerema en partenariat avec l’Alliance des collectivités pour la qualité de l’air, l’ADEME, Atmo France et le ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche ont réuni plus de 150 participants publics, parapublics et privés. Informations, réflexions, partage d’expériences ont rythmé les plénières et les trois sessions thématiques.

 

Les points-clés :

  • Ont été rappelés les seuils de pollution plus stricts fixés par la directive européenne du 23 octobre 2024, à ne pas dépasser en 2030 : - 10 µg/m³ par an pour les particules fines PM2,5 ; - 20 µg/m³ pour les PM10, le dioxyde de soufre, le benzène et le dioxyde d’azote. 
  • 2030 marque une étape vers 2050 et le respect de normes de l'Organisation mondiale de la santé qui seront encore plus strictes que ce que prévoit la Directive Air. 
  • Nous devons bâtir une transition juste - avec des dispositifs efficaces et acceptés par nos concitoyens - et penser ensemble qualité de l'air et décarbonation 
  • On compte de nombreux  leviers pour agir sur la qualité de l’air : le report modal (vers les transports collectifs ou les modes actifs), l’encouragement au remplissage des véhicules avec des voies réservées covoiturage, l'électrification des véhicules, les régulations de vitesse et les limitations à 30 km/h dans de nombreuses villes…
  • L’outil CopCerema (gratuit, basé sur Copert) a été abordé, il vise à calculer les émissions routières sur un ou plusieurs tronçons routiers, en lien avec des ressources en ligne et une expertise disponible.
  • Nous devons diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 5 % par an pour être conformes aux seuils de la directive européenne en 2030 or en 2025, la diminution ne sera que de - 0,8 % ». 
  • Différents leviers d’action ont là aussi été détaillés : travailler sur les carburants alternatifs ou encore sur le poids des véhicules mais aussi interroger l’aménagement du territoire et le report modal.
  • En s’appuyant sur la fourchette basse des estimations disponibles, le bénéfice net actuel des politiques en faveur de la marche est estimé à 57 milliards d’euros. Un chiffre qui pourrait augmenter si la part des déplacements à pied passait de 24 % (part actuelle) à 30 %. Ce bénéfice économique supplémentaire serait d’environ 35 milliards d’euros. 
  • Cerema et ADEME travaillent en synergie et en complémentarité sur ces sujets à travers quatre dispositifs : l’eXtrême Défi Mobilités sur les véhicules intermédiaires, le programme AVELO ; l’appel à manifestations d’intérêt "Territoires de Nouvelles Mobilités Durables" ou encore le programme ADAMOB pour l’accompagnement de la transition énergétique des flottes de bus.
  • La captothèque d’Atmo AuRA qui permet à chaque citoyen d’emprunter gratuitement un micro-capteur afin de mesurer la qualité de l’air respirée au quotidien.

 

Zoom sur les interventions 

Partage de la voirie vélos - piétons  - Communauté de communes Maremme Adour

En matière de qualité de l’air, si beaucoup de progrès ont été accomplis, de nombreux défis restent à relever. Telle pourrait être la conclusion de l’événement organisé par le Cerema et ses partenaires à Champs-sur-Marne en novembre dernier. Parmi les nouveaux défis rappelés en préambule par la DGEC (Pascal Barthe), figure le respect de seuils de pollution plus stricts fixés par la directive européenne du 23 octobre 2024 à ne pas dépasser en 2030. "Ce texte vient conforter une réalité portée aujourd'hui par les décideurs publics, nationaux et locaux car en cinq ans, nous avons fait des pas de géant entre la révolution du vélo et l’accélération de la végétalisation qui présentent des co-bénéfices majeurs sur la qualité de l'air, la qualité de vie et le confort urbain", a exprimé Hélène Peskine, Directrice générale adjointe du Cerema, lors de la table ronde d’ouverture, en compagnie de Charlotte Lepitre, Déléguée générale adjointe d’Atmo France, et de Gilles Aymoz, Directeur adjoint à la Direction Villes et Territoires Durables, de l’ADEME. 

La première matinée d’échanges traitait du sujet : "Exploiter les données de trafic pour guider les politiques locales". Dans le cadre des ateliers, plusieurs dispositifs et expériences ont été présentés comme le Guide méthodologique pour l’élaboration des inventaires territoriaux des émissions atmosphériques, l’évaluation de l’impact de mesures spécifiques comme la rénovation des quartiers, l’évolution des carrefours ou encore les réductions de vitesse, ou des outils Cerema comme CopCerema et AVATAR, qui fournit des données de trafic qualifiées à l’ensemble des acteurs concernés.

L’après-midi a été consacrée au "transfert modal", notamment vers les mobilités actives. Stéphane Chanut et Antoine Dupont ont souligné combien le Cerema et l’ADEME travaillent en synergie et en complémentarité sur ces sujets à travers plusieurs dispositifs : l’eXtrême Défi Mobilités sur les véhicules intermédiaires, le programme AVELO, l’appel à manifestations d’intérêt "Territoires de Nouvelles Mobilités Durables", ou le programme ADAMOB pour l’accompagnement pour faciliter la transition énergétique des flottes de bus. Des collectivités comme les Métropoles de Lyon et Rennes, ou leurs partenaires, ont présenté en ateliers leurs expériences.

Enfin, la dernière demi-journée visait à "Aménager une ville favorable à la santé"dans un contexte où la nouvelle donne climatique, la décarbonation des mobilités, la sobriété foncière imposent de repenser l’aménagement. Là encore, les outils sont nombreux pour accompagner les collectivités, comme l’ont rappelé Karine Debeaune pour le Cerema et Florence Drouy pour la DGALN: le Guide ISadOrA, le guide de l'aménagement durable pour des territoires sobres, résilients, inclusifs et créateurs de valeurs, des formations sur l’urbanisme favorable à la santé, l’outil Sésame pour intégrer l’arbre dans les projets de renaturation urbaine, l’outil MUSE pour cartographier la multifonctionnalité potentielle des sols à l’échelle supra-communale … Cette séquence a aussi permis de présenter les différents recueils des données qualité de l’air pour mieux guider l’action publique et des actions exemplaires, comme celle sur le éQuartier à santé positive Lille concorde. 

En conclusion de ces journées en compagnie d’Hélène Delmotte, journaliste, Cécile Cénatiempo, Présidente de l’alliance des collectivités pour la qualité de l’air, a salué "l'enthousiasme, l'engagement, la volonté d'aller encore plus loin ensemble" des participants, dans un contexte budgétaire de plus en plus tendu qui imposera des choix difficiles. "Mais je reste optimiste. Transformons la contrainte en outil positif, réinventons nos façons de travailler ensemble pour continuer à faire au moins aussi bien avec moins de moyens. Il va falloir faire preuve d'un peu d'imagination, de beaucoup de courage et de solidarité. J’ai confiance en vous et en nous".