Cet article fait partie du dossier : Le programme Territoires adaptés au climat de demain (+4°C) : Co-construire un diagnostic et une stratégie d’adaptation
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A la suite de l’accompagnement du Cerema pour repenser des espaces publics afin de lutter contre la surchauffe urbaine sur des sites précis du territoire, la Métropole Toulon Provence Méditerranée a souhaité se doter d’une stratégie pour agir à l’échelle métropolitaine. Le Cerema a construit une démarche sur un an impliquant les élus, techniciens de la métropole et des communes ainsi que leurs partenaires, depuis le diagnostic jusqu’à la définition d’une stratégie locale d’adaptation des espaces publics au changement climatique.
Le territoire est déjà impacté par le changement climatique : augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur et des pluies intenses, avec des conséquences sur le quotidien des habitants, leur santé, et sur la biodiversité. Les espaces publics du territoire sont un levier d’adaptation important : cet accompagnement a permis de construire une méthode pour développer une approche plus résiliente de l’aménagement de l’espace public.
Une expertise transversale pour une réponse globale sur l’adaptation des espaces publics
Le Cerema a monté une équipe pluridisciplinaire en interne, et la démarche a été menée avec les services de la collectivité ainsi que l’agence d’urbanisme Audat.var qui ont associé leurs connaissances. La transversalité de l’équipe projet Cerema a permis des apports très complémentaires. Par exemple :
- L’expert mobilité a pu identifier des opportunités que les réaménagements offraient en termes d’évolution du plan de circulation voire d’expérimentation de piétonisation de certains secteurs sur une commune, ainsi qu’une approche plus fine du stationnement : plutôt que comptabiliser le nombre total de places, penser aux fonctions différentes que le stationnement remplit : pour faire des courses, pour aller au restaurant, pour les résidents… ce qui peut conduire à des orientations de travail différentes.
- L’expert biodiversité a permis d’enrichir l’approche des plantations par une expertise sur les essences, une approche sur les 3 strates arborée, arbustive et herbacée, mais aussi sur la perméabilité de la clôture d’un parc à la petite faune ou encore sur la politique d’éclairage nocturne
- L’experte matériaux a challengé les expérimentations de revêtements perméables de la métropole afin de les documenter davantage (profondeur de pose…) et de faire évoluer les cahiers des charges d’aménagement ou d’entretien, notamment concernant la voirie du quotidien : par exemple, pour un revêtement teinté, demande-t-on que le liant soit teinté ou bien les matériaux car cela n’aura pas la même tenue dans le temps
- L’experte urbanisme et gestion des eaux pluviales a permis de porter une attention aux connexions des zones projets avec les trames urbaines environnantes, aux chemins de l’eau dans les projets et aux fonctionnements des aménagements par temps sec, par temps de pluie modérée et en cas de forte pluie, ainsi que sur la multifonctionnalité des ouvrages, mettant en évidence des opportunités qu’un parking en creux devienne une zone de stockage temporaire de l’eau de pluie sans avoir besoin de construire d’ouvrage enterré
Cette démarche était construite en 4 étapes, rythmées par les 4 séminaires de réflexion collective, et s’appuyait sur des expertises de terrain :
- Diagnostic des espaces publics de la métropole sous l’angle du changement climatique
- Appropriation des enjeux et construction d’une vision commune
- Capitalisation et retour de terrain sur les bonnes pratiques et recommandations pour agir aux 3 échelles (rue, îlot, quartier)
- Définition d’une feuille de route pour une stratégie métropolitaine
L'enjeu de cette démarche était d'engager un véritable changement de paradigme dans la conception et la fabrique de l'espace public, pour en faire un levier de rafraîchissement, de résilience, et d'amélioration du cadre de vie dans un contexte de changement climatique.
Un diagnostic partagé, première pierre d’une culture collective sur l’adaptation
Le premier séminaire collectif a permis de partager de nombreux constats sur le changement climatique, les vulnérabilités du territoire et les espaces publics. L’accélération du changement climatique et l’augmentation des périodes de forte chaleur (au-dessus de 35°C) ou de forte pluie sont déjà perceptibles.
Sur la base de ce diagnostic, les participants ont travaillé à la définition d’une intention pour la réussite de ce programme : la notion d’urgence à adapter les espaces publics a été mise en avant, afin d’apaiser les lieux publics et de permettre le développement de solutions fondées sur la nature pour agir sur la surchauffe urbaine, l’infiltration des eaux pluviales, améliorer le cadre de vie notamment en été.
L’action doit aussi être pensée sous l’angle de la résilience, en intégrant les besoins actuels et à venir.
Une vision à 360° des leviers d’adaptation des espaces publics
A l’issue du diagnostic, et afin de mieux ancrer la réflexion dans la réalité du territoire, le Cerema s’est intéressé aux projets de requalification de centres-villes, de parcs ou d’aménagement de voirie en cours (14 sites au total) en menant des visites de terrain et des réunions de travail avec les équipes projet, afin de recueillir les bonnes pratiques et recommandations pour l’adaptation des espaces publics.
Différents leviers d’action sur les espaces publics ont été identifiés, permettant de déployer une approche intégrée :
Le retour du Cerema :
Céline Bigi, pilote du projet
Le recueil de bonnes pratiques sur CeremaDoc :
Dans le dossier Le programme Territoires adaptés au climat de demain (+4°C) : Co-construire un diagnostic et une stratégie d’adaptation

Au-delà des enjeux d’adaptation au changement climatique, les aménagements identifiés au cours de cette démarche ont un impact positif sur le cadre de vie des habitants, leur confort, et sur l’attractivité des rues, des quartiers, de la ville et de la métropole.