19 mai 2026
Places d'autopartage à Lille
Cerema / Places d'autopartage à Lille
Le 7 mai 2026, le Cerema proposait un "Rendez-vous Mobilités" consacré à l’autopartage. L’occasion de faire un point sur l’actualité nationale, et de présenter les dernières études publiées et des cas concrets de déploiement de services d’autopartage dans les territoires.

Aujourd'hui utilisé par près d’1 million de Français et porté par une myriade d'acteurs sur l'ensemble du territoire, l'autopartage est le chaînon manquant de la multimodalité permettant aux citoyens de renoncer à leur véhicule personnel et d’avoir davantage recours aux transports collectifs et aux mobilités actives. Ce Rendez-Vous mobilités a permis de dresser un état des lieux des politiques et pratiques d'autopartage, de présenter les leviers d'actions pour développer la pratique, et de partager des retours d'expériences de porteurs de projets.

 

Le contexte national de l’autopartage : une dynamique sans précédent

Véhicules en autopartage à Paris /  Wikimedia Commons

Delphine Hardy (DGITM) est revenue sur la constitution du groupe national autopartage copiloté par la DGITM, le Cerema et l’ADEME, en partenariat avec le GART, l’Association des acteurs de l’autopartage (AAA) et Dromolib. Ce groupe a piloté des travaux menés en ateliers entre septembre 2024 et février 2025 associant près de 180 volontaires du secteur. Ces travaux ont mené à l’identification de 5 familles de verrous au développement de l’autopartage : la gouvernance et l’aménagement du territoire, l’électrification, les verrous culturels, les verrous économiques et financiers et les verrous opérationnels. S’en est suivi un travail sur des propositions de mesures visant à développer l’autopartage à l’échelle nationale.

L’ensemble des travaux du groupe national a abouti à 4 axes de travail annoncés par le ministre des transports Philippe Tabarot lors de la journée nationale de l’autopartage qui s’est tenue à Montpellier le 4 décembre 2025 :

  • Transformer l’expérience usager, notamment en facilitant l’inscription à un service d’autopartage ;
  • Rendre l’autopartage plus visible
  • Faciliter le déploiement de stations d’autopartage
  • Lancer une expérimentation de mise en autopartage de flottes professionnelles

L’objectif est d’atteindre 70 000 véhicules en autopartage à l’horizon 2031.

D’autres travaux nationaux sont en cours, notamment sur la signalisation et la sécurisation des emplacements réservés à l’autopartage avec l’appui du Cerema, ou encore sur les verrous assurantiels.

 

L’enquête nationale autopartage 2025 : des effets positifs avérés

Mathieu Chassignet (ADEME) a ensuite présenté les résultats de l’édition 2025 de l’enquête nationale autopartage. Il s’agit de la 5ème édition d’une enquête réalisée depuis 2012 qui vise à dresser un état des lieux actualisé de l’offre et des usages de l’autopartage sous ses différentes formes, définir le profil et les pratiques de mobilité des usagers et évaluer l’impact des services d’autopartage sur les habitudes de mobilité, le mode de vie, l’environnement, et la dépendance à la voiture particulière.

Une des particularités de cette nouvelle édition est la réalisation d’une enquête auprès de 1000 conducteurs français. Cette enquête a permis de mettre en évidence la notoriété de l’autopartage avec 60% des conducteurs qui connaissent l’autopartage et un fort potentiel de nouveaux utilisateurs avec 3,5 à 4M de potentiels utilisateurs supplémentaires. 

Extrait de la présentation

 

Comme dans les éditions précédentes, l’étude présente aussi l’impact des services d’autopartage sur la motorisation : depuis leur inscription à un service d’autopartage, 60% des utilisateurs se sont démotorisés dont la moitié grâce à l’autopartage. L’autopartage est aussi un catalyseur de nouvelles mobilités. On observe ainsi que les utilisateurs de l’autopartage se mettent à utiliser d’avantage tous les autres modes de déplacement alternatifs à la voiture individuelle.

 

Evolution des pratiques de mobilité / Extrait de la présentation

Enfin, un des enseignements de l’étude est l’effet positif de l’autopartage sur l’espace publique et l’environnement. Ainsi, pour un service d’autopartage en boucle, une voiture en autopartage évite 5 à 7 voitures, 18 000 à 48 000 km parcourus et libère 1 à 1,9 place de stationnement.

L’ensemble des résultats de l’étude sont disponibles en téléchargement sur ce lien.

La présentation :

Les leviers à disposition des collectivités : des méthodes de déploiements éprouvées

Honoré Rouland (Cerema) a conclu cette première partie institutionnelle en rappelant les modèles de contractualisation utilisées par les collectivités pour organiser un service d’autopartage que ce soit par l’intermédiaire d’un opérateur privé d’une SEM ou d’une SPL ou encore en régie. 4 modèles coexistent aujourd’hui L’intérêt de la labellisation ainsi que la gestion du stationnement.

Pour les collectivités, d’autres leviers existent pour développer l’autopartage tels que l’ouverture de leur flotte, la mise à disposition d’une solution d’autopartage pour les agents d’une collectivité ou encore des subventions aux usagers particuliers et professionnels.

Une étude en cours au Cerema viendra évaluer les avantages et inconvénients de chaque approche et les modèles économiques associés. Cette étude traitera également des politiques de planification de l’autopartage et leurs avantages respectifs (schémas directeurs autopartage, PDM, PLUi), des différences d’enjeux et de modèle économiques entre les zones urbaines, rurales et périurbaines (tarification, emplacement des stations, parcours usagers, communication…) et enfin, de l’organisation de la multimodalité (abonnement combiné TC et autopartage, intégration dans un Maas, etc.)

 

La présentation :

Des territoires engagés sur le développement de l’autopartage : des exemples concrets

Crédit : Citiz

La deuxième partie du webinaire a été consacrée à des retours d’expériences sur le déploiement de services d’autopartage en boucle. Trois collectivités ont présenté leur service d’autopartage : "En autopartage" pour la Métropole de Lyon, Mouv’nGo pour le Pôle Métropolitain le Mans Sarthe (P3MS) et "Optymo" pour Syndicat Mixte des Transports en Commun du Territoire de Belfort (SMTC90).

David Leicher-Auchapt (Métropole de Lyon), Laurent Nicolet (P3MS) et Franck Mesclier (SMTC90) ont chacun présenté :

  • l’historique du déploiement de l’autopartage sur leur territoire
  • le niveau de déploiement actuel (nombre et type de véhicules) du service
  • le montage contractuel avec l’opérateur d’autopartage
  • le parcours usager
  • un bilan du service avec le nombre d’usagers et de locations ainsi que le coût pour la collectivité

Pour la Métropole de Lyon, l’une des particularités du service est l’évolution du modèle contractuel d’une délégation de service public à un marché public attribué en 2024 à la SPL Mobilités qui appartient au groupe LPA Mobilités (Métropole, Ville de Lyon et SYTRAL). Le SMTC90 opère en régie le service d’autopartage "Optymo" ce qui permet d’avoir une maîtrise totale de la qualité de service et une souplesse dans l’adaptation de l’offre. Enfin, le P3MS opère le service Mouv’nGo avec une flotte composée uniquement de véhicules électriques. Une autre spécificité du service est qu’il est disponible dans des communes qui se situent hors des frontières administratives du P3MS.

Enfin, les 3 intervenants ont conclu leurs présentations avec les enjeux et les perspectives à court et moyen termes : à Lyon et Belfort un enjeu de "conquête usager" avec l’idée d’aller convaincre de nouveaux usagers grâce à une communication active ou par le biais des employeurs. Pour le PEMS les prochaines années seront dédiées au remplacement des véhicules électriques et bornes de recharge de 13 des 17 stations du territoire. Le SMTC90 ambitionne également d’intégrer progressivement plus de véhicules électriques dans sa flotte, d’entendre le maillage en stations du territoire et d’améliorer l’application MaaS existante et les outils numériques.

Le replay :

Dans le dossier Les Rendez-vous Mobilités du Cerema

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