19 octobre 2020
Saint-Martin de Londres place du village
Henri Moreau
Depuis le confinement dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire, le besoin d’apaisement du trafic motorisé dans les villes s’est fait ressentir de manière plus prégnante. Des collectivités pionnières ont instauré des zones de circulation apaisée (zones 30, aires de rencontre, aires piétonnes), et ces démarches se multiplient. Le Cerema publie un guide destiné aux collectivités et aux spécialistes de la voirie pour les accompagner dans la mise en place de ces aménagements.

couverture de l'ouvrageCe guide largement illustré d’exemples d’aménagements mis en place par des collectivités, présente les différents types de zones de circulation apaisée et la démarche pour les réaliser. 

L’espace public est questionné par le développement des nouveaux modes de mobilité, par la densification urbaine, par le vieillissement de la population, par le besoin de calme exprimé par les habitants… A travers la mise en œuvre de zones de circulation apaisée, les collectivités cherchent à répondre à plusieurs objectifs : équilibre entre les modes de déplacement, réduction de l’accidentologie, volonté de rendre plus attractifs les centres-villes…

L’aménagement de ces zones est l’occasion de repenser le cadre de vie d’une manière plus général.

 

La démarche présentée dans le guide peut être synthétisée en trois axes :

 

Penser l’aménagement à l’échelle de l’agglomération

Dès le début de la réflexion sur les aménagements futurs visant à apaiser la circulation, il est important, pour qu’ils soient efficaces, de penser à l’organisation de la circulation sur l’ensemble de l’agglomération. L’objectif est que le cheminement des différents modes soit lisible et clair à travers l’agglomération, et que la circulation reste fluide.

Une hiérarchisation des réseaux de voirie en adéquation avec les fonctions des différentes rues (voirie principale, voirie de distribution pour les déplacements internes à l’agglomération, voiries de desserte qui représentent autour de 85% du réseau et sont essentiellement utilisées par les riverains) constitue une aide à la décision pour réfléchir à l’organisation des circulations et programmer les interventions.

Cette vision globale permet aussi d’assurer la cohérence entre les différents aménagements, et d’anticiper et préfigurer les futurs aménagements en fonction de la vision que la collectivité a de la ville dans l’avenir.

De plus, les aménagements de zones apaisées doivent être en cohérence avec les autres documents de planification (urbanisme, déplacements…)

 

Adapter la réalisation des aménagements

Vue d'une zone de rencontre piétons voitures
Zone de rencontre à Etretat - Cerema

Un autre point important est d’adapter les aménagements. Certaines villes décident de passer d’un coup à une vaste zone 30 ou de créer directement des zones de rencontres, d’autres procèdent par étapes pour aller vers des zones de rencontres élargies ou des aires piétonnes.

Chaque zone (zone 30, zone de rencontre, zone piétonne) s’appuie sur quatre critères principaux :

  • La priorité relative ou absolue donnée aux piétons ;
  • L’accès libre ou limité donné aux véhicules motorisés ;
  • La vitesse limite des véhicules ;
  • La possibilité de stationner pour les véhicules motorisés

Il est possible aussi de tester avec des aménagements provisoires, qui permettent de recueillir le retour des usagers et d’adapter l’aménagement si besoin. Cela peut être intéressant pour les aires piétonnes et les zones de rencontre surtout, qui ont davantage d’impact sur le plan de circulation.

On adapte aussi le type d’aménagement à la configuration de la voirie. S’il existe des pôles qui génèrent des déplacements piétons, comme des écoles, des commerces, les choix vont s'orienter davantage vers une zone de rencontre ou une aire piétonne.

Pour adapter au mieux les aménagements, le Cerema recommande une approche fonctionnelle des aménagements, à travers la réalisation d’une étude de l’espace public. Celle-ci passe par l’observation sur le terrain pour repérer les habitudes et les usages, par l’étude des données sur les accidents, le trafic, les déplacements, les vitesses, le stationnement, la prise en compte des futurs zones d’urbanisation et des pôles générateurs de déplacements… Une marche observatoire peut compléter ce diagnostic, en recueillant à chaud les impressions des habitants sur un parcours donné.

Le guide précise les éléments à prendre en compte et les points d’attention lors de cette étape de diagnostic de l’espace public et propose des focus sur différentes expériences menées par des agglomérations de toutes tailles.

Une fois l’aménagement réalisé, il est intéressant d’évaluer la cohérence entre ce que l’on a voulu faire et l’usage réel que le public fait de l’aménagement, d’évaluer l’appropriation de l’aménagement par le public.

 

Communiquer auprès des usagers

visite commentée de l'espace public avec des habitants dans un centre bourg
Visite commentée avec les habitants - Cerema

Aujourd’hui on observe que la mise en place d’aménagements pour apaiser la circulation n’est pas toujours accompagnée de communication vers les usagers. Pourtant, ces aménagements ont un impact sur les habitudes et la mobilité des différents usagers, et la sensibilisation facilite l’évolution des comportements.

Différents modes de communication existent, allant de la simple réunion publique à l’implication des habitants à travers des collectifs qui participent aux réflexions avec la commune sur la définition de l’aménagement réalisé dans leur rue, dans leur quartier. De nombreuses actions de communication sont possibles, et permettent de cibler différents publics.

Lorsque les collectivités communiquent sur ces aménagements, les gens sont plus réceptifs aux arguments liés à l’amélioration du cadre et de la qualité de vie (baisse du bruit, de la circulation, plus de calme… ) qu’aux arguments liés à la sécurité routière.

Cette communication doit penser à s’adresser aux différents usagers : aborder la question du stationnement, présenter aux automobilistes, tout comme aux piétons et cyclistes, les modifications qui interviennent.

 

Pour télécharger le guide :