Cet article fait partie du dossier : Le concours Innovation Routes et Rues
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Dans le contexte particulier de 2026, les innovations contribuant à la sobriété énergétique, à une réduction des coûts ou aux enjeux de l’adaptation au changement climatique pour les maîtres d’ouvrages seront particulièrement recherchées. La date limite de candidature est fixée au 12 juin 2026.
L’appel à projets d'innovation routière est l’un des outils mis en place par la Direction des Mobilités Routières (DMR) du Ministère des Transports pour encourager l’innovation dans les domaines techniques des routes et des rues.
Il vise à permettre la réalisation d’expérimentations vraie grandeur ou de chantiers de démonstration pour tester des propositions d’innovations sous trafic réel et dans des conditions réelles d’environnement. Le suivi assuré par le réseau scientifique et technique du MATD permet d’évaluer de manière objective des apports de l’innovation sur un laps de temps relativement court.
L’action du CIRR se situe donc en aval des actions de recherche et développement et après que le procédé ou produit innovant a fait l’objet de premiers tests destinés à établir la faisabilité de sa production et de sa mise en œuvre.
Il s’inscrit dans le cadre de l’arrêté du 7 mars 2007 relatif à la création d’un programme public national de recherche, essai et expérimentation dans le domaine de la voirie et des réseaux divers.
L’appel à projets 2026
L’Appel à projets 2026 s’inscrit dans la continuité des appels à projets depuis 2022 avec des thèmes recentrés.
Pour l’élaborer, ont été recueillies les suggestions des collectivités, des entreprises et bureaux d’études via l’IDRRIM, celles des Directions interdépartementales des routes (DIR) et des Conférences techniques territoriales (CTT) animées par le Cerema.
La transition écologique est au cœur de cet appel à projets. Dans le contexte de la planification écologique et de la préparation du troisième plan national d’adaptation au changement climatique, cet appel à projets inclut non seulement les questions de réduction des impacts environnementaux et des nuisances, mais aussi, dans le contexte du dernier rapport du GIEC, ceux de la décarbonation des chantiers, de la transition énergétique, de la résilience au changement climatique. Les innovations en faveur des modes actifs ou du partage de la voirie sont également recherchées.
Dans le contexte particulier de 2026, les innovations contribuant à la sobriété énergétique, à une réduction des coûts ou aux enjeux de l’adaptation au changement climatique pour les maîtres d’ouvrages seront particulièrement recherchées.
3 thèmes pour 2026
Construction et entretien du patrimoine Routes et Rues : éco-conception ;
La construction et l’entretien des infrastructures routières mobilisent de manière très importante des ressources budgétaires, humaines, énergétiques et naturelles, au point qu’aujourd’hui, faute de ressources suffisantes, il est difficile d’assurer le niveau de service attendu sur les différentes parties du réseau.
Cette tendance est amplifiée par l’incidence des aspects sanitaires et environnementaux dont la prise en compte complexifie et renchérit les travaux.
A cela s’ajoute le besoin de limiter les nuisances (congestion, bruits et vibrations, poussières, etc.), découlant des interventions pour la construction ou l’entretien.
Le changement climatique requiert une double conduite : le développement des techniques pour des infrastructures résilientes et capables de supporter des événements climatiques extrêmes et des techniques dont l’utilisation va limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES).
Il est donc attendu des solutions facilitant le diagnostic et la gestion du patrimoine (jumeaux numériques par exemple ou techniques faisant éventuellement appel à l'intelligence artificielle) ainsi que des solutions techniques (matériaux, matériels, méthodes) de construction et d’entretien performantes sur la durée de vie de l'ouvrage, de moindre coût, plus économes en matériaux primaires et en énergie, réduisant les émissions de GES, optimisant la durée des travaux, sans réduction des exigences sur la santé, la durabilité, la sécurité et les impacts environnementaux et favorisant la réutilisation des matériaux en place (développement des sols traités : technique, durabilité…). Plus largement, seront privilégiées les techniques de construction, d’évolutions des constructions existantes et d’entretien en synergie avec les enjeux de transition énergétique et écologique, par exemple techniques de construction ou de transformation qui permettent de décarboner l’usage (faible résistance au roulement, intégration des véhicules électriques, des mobilités douces...). Les outils numériques tels que le BIM peuvent être utiles afin d’optimiser la conception, la construction et l’entretien des ouvrages, et d’éclairer les choix le plus en amont possible.
Préservation, modernisation et résilience des ouvrages d’art et des ouvrages géotechniques (ponts, murs, tunnels, fondations, ouvrages de confortement, ouvrages de protection, ouvrages en terre…) ;
La France dispose d’un patrimoine de plus de 200 000 ponts construits en très grande partie durant les "Trente Glorieuses" et de près de 1000 tunnels routiers (tunnels creusés ou tranchées couvertes) dont beaucoup sont également anciens. Ce patrimoine doit être entretenu et parfois adapté pour préserver un niveau de service compatible avec nos exigences économiques et sociales et satisfaire à de nouveaux besoins ou pour anticiper les conséquences du changement climatique.
Il est attendu de cet appel à projets des solutions innovantes de réhabilitation ou d’adaptation au moindre coût, en limitant la gêne aux usagers.
Cette section inclut les murs, les protections contre la chute de blocs, les protections contre les mouvements de terrain (glissement de terrain, effondrement de cavité, RGA…), les portiques, les potences et les mâts, les tunnels.
Usage et gestion optimisés des infrastructures de transport en milieux urbains et interurbains ; systèmes de transports intelligents et en faveur de la décarbonation des mobilités
L’optimisation de l’usage des infrastructures est une préoccupation importante des maîtres d’ouvrages, gestionnaires et exploitants des réseaux de transports, notamment parce qu’elle améliore la rentabilité des investissements réalisés et qu’elle permet d’éviter ou de différer la réalisation d’infrastructures nouvelles.
Cette optimisation vise également à adapter, au fil de la journée ou de la semaine, l’usage de l’espace public, voire à en réserver certaines parties en fonction des besoins : covoiturage, transports collectifs, livraisons, accès aux établissements scolaires, accès aux secteurs d’emploi, etc.
Par ailleurs, en cohérence avec l’objectif de décarbonation totale des mobilités à l’horizon 2050, le partage de la voirie en faveur des modes alternatifs à la voiture « solo » se développe. Il peut se concrétiser par un partage de l’espace spatial ou temporel comme par une mixité des usages, chaque usager devant pouvoir circuler ou séjourner en toute sécurité. Des solutions techniques doivent être développées pour permettre cette variation spatiale et temporelle de l’usage des voies, favoriser la lecture des aménagements, favoriser le cheminement de tous les usagers.
Les aménagements et les mesures d’exploitation doivent aussi favoriser le report modal, notamment vers les modes actifs (vélo et marche), et le transfert de l’usage individuel de la voiture vers les transports collectifs ou partagés en vue de réduire la consommation d’énergie et les émissions de GES ou autres polluants, par exemple à travers la prise en compte prioritaire des transports en commun en carrefour comme en section courante, et la minoration des temps d’arrêts en station pour en favoriser la régularité et l’attractivité. Cela nécessite en particulier d’améliorer la coopération et les échanges de données entre les gestionnaires de la voirie, les exploitants des transports publics et les AOM afin d’offrir aux usagers une information complète et également des solutions de tarification faciles d’accès, simples et favorisant le report (ex : Parc Relais…)
L’accessibilité, le déplacement en toute sécurité des personnes déficientes visuelles et des personnes à mobilité réduite ou souffrant d’autres types de handicap est un autre enjeu pour les maîtres d’ouvrages. Les aménagements des aires et voiries urbaines doivent intégrer des solutions techniques visant à faciliter cette accessibilité et ces déplacements.
Parmi les opportunités d’action, on soulignera celles liées aux systèmes de transport intelligents (STI) qui s’appuient sur les avancées constantes dans les domaines de l’informatique, des communications et de la géolocalisation, et sur la dissémination toujours plus grande des outils et applications associés. Les tunnels présentent des spécificités à prendre en compte dans le développement des STI en raison des difficultés particulières liées à la perte de connectivité, alors même que l’enjeu de communication sur la sécurité y est primordial ; a contrario, les STI peuvent offrir aux exploitants des opportunités à bien identifier et à saisir.
Modalités de participation
Les dossiers seront envoyés ou déposés pour être reçus au plus tard le 12 juin 2026 à midi en un exemplaire « papier », accompagné impérativement d'une saisie informatique au format PDF sur clé USB à l'attention de :
CEREMA/DTec ITM
Appel à projets CIRR
B.P 214
77487 PROVINS CEDEX
A compter du 12 juin 2026, le CIRR finalise la sélection des propositions et propose à la directrice des mobilités routières la liste des projets lauréats.
La liste sera publiée par la Direction des Mobilités Routières (DMR) au BOAMP courant juillet et diffusée sur les sites de l’IDRRIM et du Cerema.
Documents
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