16 janvier 2026
Bottes de pailles avant transformation en panneaux pour le bâtiment
Arnaud Bouissou TERRA
Le Cerema se mobilise pour accompagner le développement sur l’axe Seine d’une filière biosourcée, qui utilise des coproduits de l’agriculture, pour fabriquer un isolant pour la construction-rénovation.

Bativertcoop Seine est un projet financé par l’ADEME et la Région Normandie dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt "transition Ecologique et Valorisation économique" du Contrat de Plan Interrégional Etat-Régions (CPIER). Lancé en octobre 2024 pour une durée de deux ans, il s’inscrit dans la continuité des projets Maillons et NG2B, et vise à développer une filière biosourcée en Vallée de Seine (considérant la Normandie et l’Ile-de-France) à partir de coproduits agricoles locaux pour une utilisation comme matériau de construction dans le bâtiment.

L’enjeu du projet est multiple, à savoir :

  • Structurer une chaîne de valeur locale, de la ressource agricole, à la mise en œuvre dans le bâtiment ; 

  • Répondre aux enjeux environnementaux : réduction de l’empreinte carbone, adaptation au changement climatique ; 

  • Créer une filière économiquement viable en intégrant les agriculteurs, les coopératives agricoles, les transformateurs et les professionnels du bâtiment. 

Le Cerema y est un des partenaires du consortium, en pilotage des volets techniques sur la performance du produit. La communication du projet est notamment assurée par le site internet : 

Bativertcoop 

 

Mettre en lien les agriculteurs et acteurs du bâtiment pour exploiter les matériaux biosourcés

Bativertcoop Seine est un projet innovant et ambitieux qui vise à créer du lien entre les acteurs du bâtiment et du monde agricole autour de nouveaux produits. Ses objectifs généraux sont de proposer aux acteurs socio-économiques de la Vallée de la Seine, et in fine aux porteurs de projet, un scénario qui offre des garanties de développement opérationnel pour une, voire des, filières de biosourcés issus de coproduits agricoles. Les axes principaux sont : 

 

  • Performance économique : définir un business plan issu de l’accompagnement et des rapprochements entre acteurs de l’amont agricole et de l’aval industriel.
  • Performances techniques et environnementales : garantir la conformité réglementaire et scientifique, en s’appuyant sur les laboratoires de recherche et d’innovation du bâtiment pour valider chaque étape.
  • Performances sociales et sociétales : intégrer un panel représentatif des acteurs concernés, en ciblant les publics prioritaires et en proposant des actions pour renforcer le lien entre porteurs de projet et acteurs publics.

Après un état de l’art détaillé, le Cerema a piloté l’évaluation de chaque typologie selon une approche multicritères : critères techniques, environnementaux, économiques, maturité technologique et facilité de pénétration du marché. 

Des matrices d’aide à la décision pour la ressource (fonction de la disponibilité, de la concurrence d’usage notamment), pour la transformation en usage bâtiment (sur la base des critères ci-dessus) et la combinaison ressources et transformations ont été établies.

La synthèse croisée des travaux et la concertation avec les partenaires ont conduit à préciser les trois typologies de matériaux attendues pour la deuxième phase du projet :  

  1. Granulats biosourcés à base de colza pour mortiers et bétons ; 

  2. Panneaux isolants à base de paille de blé, en laissant ouvert, à ce stade, le type de panneaux (paille compressée ou autre) ; 

  3. Isolants en vrac à base de colza.