Objectifs de l’étude
Au regard des enjeux de sobriété sur la ressource en eau imposés par les effets du changement climatique, et au regard de l’épisode de pluie intense ayant entraîné un phénomène de ruissellement mortel en 2022, la commune de Bois-Guillaume a souhaité réfléchir aux actions qu’elle pourrait engager pour mieux gérer l’eau, le "trop" et le "pas assez", en abordant 3 sujets :
- Sensibilisation des acteurs (citoyens, élus etc.)
- Identification des acteurs de l’eau, compétences et responsabilités
- Leviers d’actions mobilisables (complexité, coûts, efficacité, acteurs concernés etc.)
Bilan hydrique du territoire
Une analyse préalable du territoire a été réalisée, avec la production d’une cartographie des acteurs de l’eau et de leurs compétences, et un bilan hydrique simplifié de la commune. Ce travail a permis de présenter à tous "de quoi on parle" et "qui agit".
Ce bilan représente les volumes globaux des différents types d’eau transitant par la commune (eau potable, eaux pluviales, eaux usées etc…).
Consommation d’eau potable par secteur d’activité
En s’appuyant sur les données de distribution d’eau potable de la Métropole Rouen Normandie de 2023, une méthodologie sur-mesure a été appliquée pour estimer la consommation en eau potable des différents secteurs d’activités sur la commune. Cette analyse a permis d’identifier les secteurs les plus consommateurs : le secteur résidentiel, suivi du tertiaire hospitalier.
Les personas : "situation actuelle" contre "situation exemplaire" et actions envisageables pour y parvenir
La commune a retenu trois typologies de consommateurs auprès desquelles elle souhaite se mobiliser :
- Le résidentiel individuel
- Le résidentiel collectif
- Le tertiaire de bureaux
Un "persona" a alors été construit pour chaque typologie, avec des hypothèses de consommations d’eau par usage (WC, douches, arrosage des plantes etc.).
L’infographie présente les flux et les volumes d’eau par usage, avec en bleu l’eau potable et en rouge l’eau non potable. Ainsi, sur 80m3 d’eau potable distribués et consommés, 16m3 sont utilisés pour les WC par exemple. L’eau de pluie et les eaux usées sont toutes évacuées vers le réseau d’assainissement collectif (réseau unitaire principalement sur la commune).
Pour chaque persona, il a ensuite été proposé des pistes d’actions pertinentes à mettre en place selon 4 axes distincts :
- Réduction de la consommation
- Utilisation d’eaux non conventionnelles, principalement l’eau de pluie
- Infiltration de l’eau de pluie à la parcelle
- Sensibilisation au risque inondation
L’application de ces pistes d’action a permis de modéliser un persona « exemplaire », avec des consommations d’eau moindres et des comportements plus vertueux.
L’infographie présente les flux et les volumes d’eau par usage, avec en bleu l’eau potable et en rouge l’eau non potable. Avec ce fonctionnement exemplaire, seulement 29m3 d’eau potable sont consommés. L’eau de pluie est collectée dans une citerne pour être soit utilisée pour les WC puis rejetée dans le réseau d’assainissement collectif; soit infiltrée directement à la parcelle.
Sobriété en eau atteignable
En faisant l’hypothèse que toutes les actions soient mises en place – réduction de la consommation d’eau potable pour les différents usages via sensibilisation et travaux, utilisation de l’eau de pluie et des eaux grises dans les toilettes et pour l’arrosage - et que les acteurs concernés agissent tous comme les personas « exemplaires », une consommation d’eau potable minimale théorique de la commune a été calculée.
La consommation d’eau potable de la commune baisserait de plus de 50%
Aujourd’hui, la commune se mobilise pour communiquer les résultats de l’étude et prioriser ses pistes d’actions auprès des habitants.
