2 avril 2019
Séance plénière aux Assises Nationales du Risque naturel
Les 25 et 26 mars, le Cerema était présent aux Assises Nationales du Risque Naturel, sur un stand partagé avec l'Ifsttar et Irstea. Les experts du Cerema ont présenté à cette occasion plusieurs projets de développement d'applications destinées à aider les territoires à connaître et gérer différents types de risques naturels, ainsi que l'accompagnement dans le cadre de la GEMAPI.

crisi, un outil de reconnaissance terrain suite aux inondations

Fonctionnement de l’outil et captures d’écran des applications Android et PC
Fonctionnement de l’outil et captures d’écran des applications Android et PC

L'un des outils présentés était CRISI (Collecte et Relevé d’Informations Suite à une Inondation), une application gratuite développée par le Cerema, qui regroupe dans un smartphone tous les outils nécessaires à une collecte complète et fiable sur le terrain des laisses d’inondations.

CRISI a été développé pour:

  • Faciliter la réalisation de retours d’expérience suite à une inondation
  • Développer la collecte de Plus Hautes Eaux et de laisses d’inondation (traces de passage de l’eau, dommages…)
  • Simplifier la capitalisation de données, compatibles avec la base de données nationale repères de crues

Il permet, après la reconnaissance de terrain, de de visualiser et d'éditer l'ensemble des données sur PC, de produire un rapport de visite et d'exporter ou extraire les données, dans un format compatible avec la base de données nationale repères de crues.

Les avantages de CRISI:

  • Un utilisation simple
  • Des collectes rapides et efficaces
  • Un matériel unique remplaçant appareil photo, GPS, bloc-note, crayon...
  • Une application sous Android en téléchargement gratuit
  • Des données fiables et de qualité
  • Un format de données compatible avec la base repères de crues
 
Pour en savoir plus sur cette application:

 

Pour obtenir et tester l'application :

L'application CRISI a besoin de retours d'expériences pour en continuer le développement. Les collectivités et les services intéressées peuvent contacter l'équipe du Cerema qui travaille sur cette application pour se la procurer, à l'adresse suivante:

MURex, une solution pour mutualiser les données collectées suite aux inondations

Capture d'écran de l'application µrex
Capture d'écran de l'application µrex

µrex (murex) est un outil web qui permet de mutualiser les informations recueillies lors de relevés de terrain effectués à la suite d'une inondation. 

Quand une inondation survient, beaucoup d’acteurs vont sur le terrain et ont besoin d’outils de mutualisation pour stocker et mettre en commun les informations qu’ils ont collectées : des photos, des observations de terrain, des documents divers.

µrex est une solution innovante pour mutualiser les données collectées sur le terrain après une inondation.

Elle permet aux organismes, même s'ils n'ont pas de compétence en SIG (Systèmes d'Information Géographique), de mettre en commun et de visualiser :

  • des données de dommages après une inondation

  • des relevés de PHE

  • d’autres types de ressources types vidéos, tweets, documents pdf

Les données collectées sur le terrain peuvent être versées une par une à partir d’un formulaire ou téléversées en lot.

Logo Murexµrex est interfacé avec l’outil CRISI de collecte de données des Plus Hautes Eaux de laisses de crue dont les données peuvent être téléversées en lot dans µrex. 

µrex est également interfacé avec le site repère de crues du Schapi : les repères de crues des événements antérieurs sont visualisables sur µrex, le modèle de données est le même. L'application permet aussi d’éditer un rapport de synthèse sur les données collectées à la suite de l’inondation.

Présentation de l'application µrex par Anne Chanal, spécialiste du Cerema

Démonstration de l'application µrex

Evaluer le risque sismique sur un itinéraire de secours : le projet SISMET à Nice

Pour aider les maîtres d'ouvrages à identifier les ouvrages les plus critiques, hiérarchiser les enjeux et leur fournir des outils d'évaluation du risque sismique sur les infrastructures routières en zone urbaine, le Cerema a initié le projet R&D SISMET.

La Métropole de Nice Côte d'Azur et le Conseil Départemental 06 font partie des collectivités qui ont signé une convention de partenariat avec le Cerema. Implantées sur un territoire très exposé aux risques sismiques et dont le contexte naturel limite les possibilités d'itinéraires de secours en cas de crise sismique, leur territoire correspond outre à une zone très touristique, avec une forte densité des constructions et de nombreuses constructions vulnérables.

Différentes études avaient déjà été menées sur le risque sismique dans la région, mais elles n'intégraient pas la vulnérabilité des infrastructures de transport. 

Le projet SISMET y sera déployé sur un itinéraire prioritaire défini en lien avec le SDIS 06, qui intègrent le contexte "urbain" et "inter urbain":

  • Enjeux locaux tels que la densité urbaine, la segmentation de l'espace, la redondance des réseaux, les zones de congestion, la présence d'équipements stratégiques...
  • Risque d'effondrement de bâtiments sur les routes
  • Solidarité à organiser au sein de la communauté de communes

L'itinéraire de secours comporte 150 ouvrages d'art, des murs de soutènement et quelques remblais de hauteur supérieure à 10 m. 

Pont Napoleon 3 à Saint Laurent du Var
Pont Naopléon III - Fabrice NGUYEN - Canope de l'Académie de Nice

L'un de ces ouvrages, le pont Napoléon III qui assure la traversée du fleuve Var, est un ouvrage particulièrement stratégique en termes de circulation et de réseaux portées (télécommunication, électricité...). Il fera par conséquent l'objet dans le cadre du projet SISMET d'un diagnostic plus détaillé et d'une étude préliminaire de renforcement.

Si toutefois le renforcement de l'ouvrage s'avérait trop complexe ou coûteux, deux trajets secondaires ont été retenus et seront également évalués en termes d'exposition à l'aléa, vulnérabilité et enjeux.

Le Cerema comparera également sa méthode de hiérarchisation des itinéraires avec l'approche mise en œuvre par le SDIS pour le choix de l'itinéraire de secours prioritaire.

Infrastructures et risque sismique : les travaux du Cerema

Denis Davi, référent risque sismique et infrastructures au Cerema Méditerranée, présente les travaux et productions du Cerema dans le domaine des infrastructures et du risque sismique, notamment les méthodologies développées et le projet de recherche SisMET.

Accompagnement des collectivités dans la prise de compétence GEMAPI

Crues dans le centre de la france en 2016
Inondations de juin 2016 dans le centre de la France - Cerema

La Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations (GeMAPI) est une compétence obligatoire depuis le 1er janvier 2018 (loi NOTRe) et confiée au bloc communal (loi MAPTAM).

Le Cerema et Irstea accompagnent les collectivités territoriales dans la mise en œuvre de cette nouvelle compétence. Ils ont lancé en juin 2016 un appel à partenaires qui vise au développement de méthodes innovantes pour accompagner la mise en œuvre de la nouvelle compétence GEMAPI.

Cet appel à partenaires, qui a été mené avec neuf collectivités aux profils et aux problématiques différentes, couvre les thématiques suivantes :

  • le diagnostic territorial en vue de l’élaboration des stratégies locales de restauration des milieux aquatiques et de prévention des inondations ;
  • l’expertise pour l’intégration des différentes composantes de la GEMAPI ;
  • l’élaboration de méthodes d’évaluation socio-économique des projets et programmes d’action relevant de la GEMAPI ;
  • la conception de dispositifs innovants pour l’acquisition et la valorisation de données, la cartographie et l’aide à la décision.

 

Observer et suivre les digues pour une protection durable des territoires

Deux projets complémentaires sont menés pour la surveillance des ouvrages hydrauliques.

Digue 2020

Le projet CPER-FEDER PACA DIGUE 2020, dont le Cerema est l'un des partenaires, vise à construire, à taille réelle sur une échelle de temps significative, une plateforme in situ de recherche sur les digues maritimes en combinant différentes approches.
Le projet, associant en parallèle les travaux de trois thèses et d’un post-doc, traite des thématiques suivantes :

  • réaliser une plateforme de recherche en utilisant un concept innovant de réalisation de digue en sol-chaux en milieu marin,
  • quantifier les effets de l’action de la mer sur les digues de protection,
  • quantifier la durabilité du matériau des digues en sol-chaux en milieu marin,
  • évaluer la perception du risque de submersion marine.

L’ouvrage projeté sera implanté sur une digue existante gérée par le SYMADREM (Camargue) et se décompose en 5 plots de caractéristiques différentes (compactage , taux de chaux) ainsi qu’un local technique enterré pour installer le matériel d’auscultation au sein de l’ouvrage (teneur en eau, température, succion, mesures électriques/sismiques, fibre optique,…).

Projet DIDRO

Essai de détection de fuite sur une digue de Loire par anomalie thermique
Essai de détection de fuite sur une digue de Loire par anomalie thermique.

Le projet FUI DIDRO vise à disposer d’un dispositif de surveillance de DIgues par DROnes. Il combine dans le même projet des experts des digues et des phénomènes géophysiques et des professionnels de l’acquisition et du traitement d’images de drones.

DIDRO propose une plateforme modulaire multi-capteurs embarquée sur drone pour la surveillance et la détection des désordres sur les digues, en inspection routinière ou en période de crise.

Les capteurs Lidar et imageurs fournissent de manière précise la topographie et la cartographie thermique de la digue (détection des écoulements d’eau dans la digue). 

D’autres capteurs non destructifs sont aussi testés pour connaitre les propriétés internes de la digue et détecter d’éventuels désordres (cavités, écoulements internes...).

Une plateforme SIG centralisée multi-acteurs fournit une visualisation en 3 dimensions des différentes informations permettant le diagnostic des experts et la prise de décision par les gestionnaires. 

 

Deux projets de recherche pour prévoir et gérer les crues-éclair

Le ruisseau de Trapel dans la traversée de Villegailhenc (11), suite aux crue du 15 octobre 2018 (crédit DDTM )
Le ruisseau de Trapel dans la traversée de Villegailhenc (11), suite aux crue du 15 octobre 2018 (crédit DDTM )

i-Nondations (2018-2022) et PICS (2018-2021) sont deux projets de recherche financés par l’ANR, dont le Cerema est l'un des partenaires.

Le projet PICS a pour objectif de proposer et évaluer des chaînes de prévision offrant jusqu’à 6h d’anticipation et permettant une estimation directe des dommages.

Le projet i-Nondations propose une modélisation des processus de gestion du risque (en crise et hors crise) visant à faciliter la prise de décision et à analyser ses effets.

Les dégâts liés aux crues-éclair (ou crues soudaines) atteignent régulièrement plusieurs centaines de millions d’euros par événement (Hérault-Gard en 2014, Alpes-Maritimes en 2015, Aude en 2018). Ces crues s’avèrent aussi particulièrement meurtrières.

Pour faire face à ces phénomènes dont la fréquence pourrait encore augmenter à l’avenir, de premières réponses sont apportées avec par exemple la mise en oeuvre du système d’avertissement Vigicrues-Flash en 2017. Mais la rapidité de ces crues et la connaissance limitée des petits cours d’eau touchés représentent encore des difficultés majeures pour une gestion de crise efficace.

Les deux projets de recherche devraient apporter des bases solides pour :

  • Améliorer les outils opérationnels de surveillance pour mieux anticiper les phénomènes et permettre l’estimation en temps réel de leurs impacts,
  • Développer des systèmes efficaces d’aide à la décision et de remontée / capitalisation d’information, pour faciliter la gestion de crise et la gestion du risque.

Collaboration Cerema - IFSTTAR - Irstea sur la thématique des Risques Rocheux

modélisation numérique de l’impact d’’un bloc sur filet, logiciel GENEROCK (J. Coulibaly - Cerema)
Modélisation numérique de l’impact d’’un bloc sur filet, logiciel GENEROCK (J. Coulibaly - Cerema)

Le Cerema, l’Ifsttar et l’Irstea sont des acteurs majeurs dans le domaine du risque rocheux. Ils collaborent autour de projets de recherche (Risque Rocheux, Rempare, Chutes de blocs et éboulements rocheux, Cadoroc, etc.) dans une dynamique partenariale toujours plus forte.

Lancé en 2015, le projet national C2ROP a entrepris de structurer la communauté française du risque rocheux autour des trois axes que sont les aléas, la gestion du risque et les ouvrages de protection.

C2ROP aborde de manière globale la problématique des risques rocheux depuis leur genèse (aléas), jusqu’aux stratégies de protection en associant les acteurs concernés des secteurs publics et privés.

Il vise à rassembler les éléments de connaissances et les outils à ce jour disponibles dans le domaine de l’aléa rocheux afin de développer des outils, méthodes et concepts nouveaux permettant d’améliorer les produits et les procédures techniques relatives à 3 axes principaux :

  • Connaissance et caractérisation de l’aléa, considérant le déclenchement et la propagation, 
  • Gestion du risque et aide à la décision, pour les enjeux linéaires et ponctuels, 
  • Parades, i.e. ouvrages de protection.

Les livrables attendus témoignent d’une volonté forte d’innovation et de capitalisation : recommandations pour la conception et la maintenance des ouvrages, guide de gestion du risque rocheux, congrès scientifique (RSS 2018), etc.

La synergie entre les trois organismes est particulièrement marquée sur la simulation des trajectoires de blocs rocheux ainsi que sur les merlons et filets pare-blocs, avec des développements numériques et expérimentaux.

 

Risque Sismique : caractérisation de l’aléa, des vulnérabilités et des conséquences

Scénario des pertes économiques sismiques en France métropole - ©IFSTTAR
Scénario des pertes économiques sismiques en France métropole - ©IFSTTAR

Les séismes en France sont rares mais le risque sismique existe. Les équipes du Cerema et de l’IFSTTAR constituent un groupe d’experts de renommée internationale, spécialisés dans l’évaluation de l’aléa sismique, de la vulnérabilité des structures au séisme et des conséquences socio-économiques.

Leurs outils sont la modélisation numérique, les expériences de terrain et l’observation long-terme des phénomènes sismiques.

Ils interviennent sur des actions de recherche fondamentale et appliquée via des programmes nationaux ou internationaux, et viennent en appuis aux collectivités locales pour leur gestion du risque sismique.

 

Aléa sismique

Pour les ouvrages à risque normal, l’aléa sismique de référence au rocher est défini par le zonage national. Cet aléa peut être modifié par les conditions géologiques ou topographique des sites. La réglementation parasismique française définit des mouvements sismiques forfaitaires selon un classement des sols en fonction de leurs caractéristiques géomécaniques.

Il est possible localement de préciser cet aléa en définissant un microzonage dans le cadre des Plans de Prévention des Risques. IFSTTAR et Cerema développent des outils permettant la mise au point de ces microzonages et les mettent en oeuvre au profit des collectivités locales.

 

Structures sous surveillance

Suivi sismique des structures stratégiques - ©RAP-RESIF

Le Cerema et IFSTTAR participent au réseau sismologique et géodésique français (RESIF) via la maintenance de stations sismologiques sur le
territoire français, ainsi que la manipulation et l’exploitation des données enregistrées.

Leurs études contribuent à la définition de la réglementation sismique et à la compréhension des phénomènes observés. 

En particulier, ils s’intéressent au comportement des structures sollicitées par des séismes, à leur modélisation et à l’évaluation de leur fragilité par des expériences temporaires.

 

Outils d'aide à la décision

Le Cerema et IFSTTAR accompagnent les collectivités locales et les opérateurs dans la représentation des conséquences sismiques et proposent des outils d’aide à la décision pour la gestion du risque sismique.