17 janvier 2022
Bans autour d'une place ombragée par des arbres à Lyon
Le contexte de dérèglement climatique réinterroge les modes de conception et de gestion de la voirie urbaine et des espaces publics.
Pour aider les villes à renforcer la résilience de leurs voiries et services de transport, le Cerema lance une étude nationale sur l’adaptation des voiries urbaines au changement climatique en diffusant au préalable un questionnaire à destination des aménageurs, élus, décideurs publics ainsi qu’aux services des collectivités en charge des voiries, espaces publics et services de transport.

Les phénomènes climatiques extrêmes à l’instar des canicules, pluies diluviennes, tempêtes, etc. s’intensifient avec des conséquences en ville comme dans les territoires peu denses sur la pérennité des voiries urbaines et l’exploitation des services de transport associés. En général, ces conséquences s’accompagnent d’une baisse plus ou moins forte de la qualité d’usage de la voirie et des espaces publics avec des impacts sur la mobilité pour les usagers de la voirie et les utilisateurs des services de mobilité.

Dans la perspective d’une voirie plus résiliente face au climat, le Cerema cherche à capitaliser des solutions innovantes efficaces ou prometteuses déjà mises en œuvre et reproductibles à d’autres territoires ou encore des solutions restant à expérimenter. Cette capitalisation de solutions d’adaptation contribuera à enrichir la doctrine sur la conception et la gestion des voiries au service de la qualité d’usage des espaces publics de demain.

 

Aménageurs et gestionnaires de voiries urbaines : un questionnaire pour connaître vos besoins et capitaliser vos solutions

Vue d'une rue avec de la végétation basse et beaucoup d'espace désimperméabilisés
Arnaud Bouissou - TERRA

Alors qu’un certain nombre de publications existent sur les questions d’adaptation au changement climatique, la présente étude a pour ambition de construire une réflexion commune apportant aux concepteurs et aménageurs de la voirie urbaine des recommandations et des leviers leur permettant de s’engager dans une démarche d’adaptation de ces espaces.

Cette étude vient en complément des publications existantes sur la conception de la voirie urbaine. Elle vise à améliorer la qualité d’usage (déplacements, séjours…) et à renforcer la résilience des voiries urbaines dans un contexte de changement climatique.

Dans le cadre du lancement de cette étude nationale, le Cerema s’est orienté sur la diffusion du questionnaire en ligne ci-après (disponible jusqu’au 4 février 2022). Les renseignements issus de ce questionnaire permettront, d’une part, de mieux cibler les besoins des collectivités territoriales, d’autre part, de capitaliser les nouvelles pratiques dans la conception et la gestion des voiries et des espaces publics en réponse à ces enjeux climatiques. Enfin, ils permettront de fournir des indications sur la forme souhaitée du livrable final : outils, méthodes, solutions techniques…

Cette capitalisation de solutions pourra également nourrir le Centre de Ressources pour l’Adaptation au Changement Climatique , projet porté par le Cerema aux côtés du Ministère de la Transition Écologique, de l’ADEME, de l’ONERC et de Méteo France, qui vise à fournir ressources, bonnes pratiques, outils, etc. pour aider les acteurs à mettre en œuvre des politiques d’adaptation.

 

Le questionnaire

 

voiries et espaces publics soumis aux effets du changement climatique : quels enjeux et solutions ?

Face aux enjeux climatiques, l’atténuation et l’adaptation constituent deux stratégies complémentaires. En matière d’aménagement des voiries urbaines et espaces publics, les initiatives en faveur d’une atténuation (visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre) sont nombreuses, et se traduisent principalement par un partage plus équilibré de la voirie au profit de mobilités décarbonées et partagées : mobilités actives, transport en commun, etc.

Vue d'une piste cyclable et d'un trottoir bordés d'arbres avec revetement de chaussée clair, à Lyon

L’objectif de cette étude porte sur les stratégies d’adaptation des voiries urbaines et leur déclinaison opérationnelle (actions, initiatives, techniques d’aménagement…) qui commencent à se déployer dans un certain nombre de collectivités même si les élus et décideurs publics sont inégalement sensibilisés aux enjeux climatiques, d’atténuation comme d’adaptation.

Par ailleurs, la mise en œuvre de ces stratégies d'adaptation implique, pour les services techniques des collectivités, de se conformer à d'autres exigences et enjeux (accessibilité, sécurité routière, contraintes d'emprise, intermodalité, pluralité d'usages à satisfaire sur un même espace...), qui les conduisent à une révision des pratiques traditionnelles de conception et de gestion de leur voirie. Ceci peut susciter par exemple les questionnements suivants :

Pour préserver voire renforcer la qualité d’usage de voiries urbaines exposées à des sollicitations climatiques toujours plus fortes, dans quelle mesure est-il nécessaire de prendre en compte la contrainte climatique dans les projets d’aménagement ? Comment adapter les pratiques de gestion aux évolutions climatiques ?

Quels impacts peut-on prévoir sur la gouvernance "historique" des projets et la posture des services techniques de la ville ? Quelles peuvent être les différentes implications des citoyens qui sont les premiers bénéficiaires ? En quoi la prise en compte du paramètre climatique peut constituer un catalyseur de solutions d’aménagement et de gestion innovantes (dans l’organisation des services, dans les techniques employées) plus frugales ? Quels sont les freins à leur déploiement dans un contexte urbain ?

 

L’ambition de cette étude lancée par le Cerema est d’aider les communes et leur EPCI à répondre à ces problématiques et à trouver des solutions d’adaptation au profit de la résilience de leurs voiries urbaines et espaces publics.

 

Viser la résilience, cela peut aussi signifier pour les parties prenantes des économies sur les coûts. Par exemple, l’adaptation pourra permettre de réduire les coûts liés à la reconstruction d’une voirie ou de tout autre réseau de transport, de réduire indirectement les coûts liés à un dysfonctionnement ou à une perte d’exploitation, ou encore d’éviter tout surcoût de gestion liée à un vieillissement prématuré…