26 novembre 2021
Cour de l'école Jean Rostand à Sotteville-lès-Rouen
Marion Bernstein
Le Cerema, en partenariat avec la ville de Sotteville-lès-Rouen (76), a engagé une réflexion sur le réaménagement de la cour d’école Jean Rostand (maternelle et élémentaire) et de ses abords. Une réflexion globale viendra décliner localement la trame verte et bleue et positionner l’ensemble des écoles de la ville dans cette trame. Ceci afin de hiérarchiser les aménagements des cours et des espaces publics à réaliser, pour que les écoles jouent pleinement leur rôle dans la trame verte et bleue de la ville.

Une approche globalisée

LES GRANDS ENJEUX POUR LES COURS D’ÉCOLES

Le réaménagement des cours d’écoles revêt de nombreux enjeux : bien-être, santé et développement des enfants, préservation de la biodiversité, gestion des eaux pluviales, adaptation au changement climatique, sensibilisation à l’environnement, etc.
Convaincue de cette approche et déjà engagée dans une démarche Cit’ergie de transition écologique, la ville de Sotteville-lès-Rouen souhaite notamment ouvrir la réflexion sur l’aménagement de ses cours d’école. 

Les objectifs de ce projet sont les suivants :

  • Lutter contre les îlots de chaleur urbains, ramener de la fraîcheur en ville ;
  • Favoriser des usages diversifiés afin que chaque enfant puisse évoluer selon ses envies et ses besoins ;
  • Promouvoir de nouvelles formes de pédagogie : pouvoir sensibiliser les enfants à la nature dès le plus jeune âge ;
  • Favoriser le développement de la biodiversité et de la nature en ville ;
  • Assurer la sécurité et le bien-être des enfants.

Les réflexions sur les abords d'écoles s’inscrivent quant à elles dans la continuité des démarches engagées par le groupe de travail du Conseil de l’éducation de la ville. Il s’agit de penser les abords des écoles comme des espaces identifiés, apaisés et sécurisés. La Ville souhaite ainsi que la limitation de la circulation automobile et le développement des mobilités actives à proximité des écoles puissent favoriser le partage des usages et contribuer à en faire des espaces de rencontre et de vivre-ensemble.

Un dernier volet vient compléter ce projet : le Cerema déclinera localement la trame verte et bleue de la commune (l'école est située à côté d'un espace arboré et dispose d'une grande surface non imperméabilisée). Ce travail sera complété par un positionnement de l’ensemble des écoles de la ville au sein de cette trame verte et bleue pour hiérarchiser les renaturations des cours d’écoles et les mettre en réseau. Cette mise en réseau se fera par l’aménagement des espaces publics pour lier les écoles, par le végétal.

 

Le cœur du projet : la participation et la co-construction

La commune de Sotteville-lès-Rouen s'est engagée dans une démarche de transition écologique en faisant participer les habitants à l'élaboration du programme d'action. La quasi-totalité de l’étude est fondée sur la participation et la co-construction autour du projet, avec un public varié.

Ecole Jean Rostand
ECOLE JEAN ROSTAND

Au-delà des enjeux évoqués ci-dessus, la commune de Sotteville-lès-Rouen fait de la concertation, depuis 2014, son mode privilégié d’intervention pour l’évaluation et la définition de sa politique éducative.

Un Conseil de l’éducation réunit à ce propos des acteurs éducatifs volontaires (parents, enseignants, associations, agents et élus municipaux, délégués Départementaux de l'Education Nationale (D.D.E.N)) volontaires et un groupe de travail est actuellement dédié aux abords des écoles. La réflexion sur les cours d’école et leurs abords est inscrite dans cette culture de la participation et de la co-construction. Au total, une vingtaine d’ateliers sera réalisée sur l’ensemble du projet (diagnostic et phase de projet). 

Un projet d'expérimentation

Ce travail mené sur le groupe scolaire Jean Rostand aura une valeur expérimentale, c’est-à-dire qu’il permettra de dégager des orientations reproductibles sur les autres écoles de la ville. La démarche aura donc également pour finalité de définir un référentiel, pour concevoir et aménager les cours de demain à l’échelle de toute la ville.

 

Dans un premier temps, le Cerema a donc caractérisé le fonctionnement de la cour d'école à travers un diagnostic comprenant plusieurs volets (bioclimatique, écoulement, circulation des eaux pluviales, sols et revêtements, usages). Puis des ateliers de concertation ont eu lieu, d'abord avec les enfants pour partir de leur vision et de leurs pratiques des cours.

ATELIERS ÉLÉMENTAIRE
ATELIERS ÉLÉMENTAIRE

Quatre ateliers ont ainsi été réalisés d'une part avec les enfants de maternelle et d'autre part avec les enfants de l'élémentaire, recouvrant quatre séquences :

  • Sensibilisation sur les enjeux liés à l'effet de serre, l'eau et la biodiversité,
  • Diagnostic des usages de l'espace par les enfants
  • Photolangage avec l'utilisation de planches de photos pour se projeter sur des thématiques comme l'eau, le sensoriel, l'imaginaire, ...
  • Focus pluie pour les maternelles ou maquettes avec les élémentaires.

Ensuite, des ateliers de projet ont eu lieu avec les adultes (deux ateliers par cour, réunissant enseignant·es, agents municipaux, parents d'élèves...) afin d'affiner les propositions des enfants et de définir des schémas d'aménagement.
Finalement, des recommandations pour orienter les propositions de réaménagement ont été formulées au regard d'une série d'enjeux synthétisée autour de trois axes : l'adaptation au changement climatique, la gestion des eaux pluviales à la parcelle et une meilleure répartition des usages dans la cour.


La méthodologie définie pour cette étude est adaptable à d'autres contextes, sur l'ensemble du territoire français.