3 mai 2024
couverture
Alors que nouvelles sources de données sont apparues pour la connaissance des mobilités, le Cerema propose une nouvelle série de fiches sur la collecte et l'utilisation des données de mobilité pour la modélisation des déplacements. Les cinq premières sont en ligne, ainsi que la fiche de présentation de la série.

Ces nouvelles données issues des objets connectés comme les GPS ou les smartphones permettent de tracer les déplacements de manière moins contraignante pour les usagers que les dispositifs classiques d'enquête en renseignant le détail des itinéraires. Mais ces données posent aussi des questions: quelle représentativité? Quelle précision ? Peut-on réaliser des comparaison spatio-temporelles? Quelles informations donnent-elles sur les utilisateurs? 

Si les sources de données traditionnelles restent nécessaires, les sources massives apparaissent comme complémentaires.

L'enjeu est de savoir quel rôle peuvent jouer ces nouvelles données dans le cadre des études de mobilité. Cette série de fiches présente d'abord les principes de la modélisation des déplacements afin d'appuyer l'élaboration des politiques publiques de mobilité, à différentes échelles de territoire. Il ne s'agit pas d'une approche destinée à la prévision ou la modélisation dynamique du trafic.

Ces fiches proposent une typologie des données de mobilité en fonction de leurs caractéristiques principales pour la modélisation des déplacements, puis une série de critères pour déterminer les avantages et inconvénients des sources et les conditions d'utilisation.

 

La construction d'un modèle de déplacements et le choix des données

première page de la ficheLa première fiche présente la démarche de construction d’un modèle de déplacements, par la collecte de données sur :

  • l’offre de transport (réseaux, capacités routières, politique d’arrêt et horaires de transport collectif, etc.) ;
  • les générateurs de déplacements (population, emplois, services, etc.) ;
  • les mobilités (trafics ponctuels, enquêtes origine-destination (OD), enquêtes ménages déplacements, etc.) ; et de constituer une base de données territoriale structurée à partir de ces informations, initialement disparates.

Ce modèle permet ensuite de dégager, en fonction des besoins, des éléments d'explication des phénomènes observés en sélectionnant des variables d'entrée. Avec l'interpolation, notamment spatiale, des données de calage (ex : débits, vitesses, etc.), ce modèle permet d'éclairer les flux. Selon le type de modèle que l’on construit, les données de mobilité n’y seront pas intégrées de la même manière. Le modèle permet aussi de prévoir l'évolution de l'offre et de la demande dans le cadre d'un aménagement.

La fiche précise la manière de qualifier les données en relation avec l'échantillonnage et le caractère actif ou passif de la collecte, ce qui permet de définir quatre groupes de données présentés dans le document. 

Enfin, elle présente une série de critères pour l'analyse de pertinence d'une source de données de mobilité (sur le plan de la méthode de collecte, des informations fournies, de leur traitement et de leur coût.

 

Enquêtes origine-destination

Pour les besoins de la modélisation, des enquêtes sont réalisées auprès des usagers des transports au cours de leurs déplacements, au bord des routes auprès des conducteurs ou dans les transports collectifs. Contrairement aux enquêtes concernant les résidents d’un territoire, elles permettent de cibler les flux passant à un endroit précis du réseau.

Les dispositifs d’enquête sont construits de manière à maximiser la représentativité d’échantillon des usagers interrogés par rapport au flux passant au lieu de l’enquête. Nécessairement plus restreintes dans le temps que les enquêtes réalisées auprès des résidents, afin de limiter la gêne occasionnée à l’écoulement des flux, elles ne permettent donc de recueillir qu’un nombre limité de variables. En général, les principales variables recueillies concernent l’identification des origines et des destinations des déplacements. C’est pourquoi on parle le plus souvent d’enquêtes "origine-destination" (OD).

Cette fiche présente les enquêtes origine-destination, la méthode et les protocoles de collecte, la constitution de l'échantillon, les informations qu'elles fournissent et des recommandations pour le traitement des données et leur intégration dans les modèles. Des ressources bibliographiques sont aussi proposées.

 

Navettes : apport du recensement de la population

première page de la ficheCette fiche revient sur a modélisation des données issues des recensements de la population réalisés par l'Insee, portant sur les navettes domicile-travail réalisées par les actifs et les navettes domicile-études réalisées par des personnes inscrites dans un établissement d’enseignement. Ces données peuvent être utilisées pour construire une matrice origine-destination

Or, le recensement de la population mesure un nombre de navettes (c'est-à-dire effectuer régulièrement l’aller-retour entre deux lieux déterminés) et non un nombre de déplacements, car ni la fréquence quotidienne, ni la fréquence hebdomadaire des déplacements ne sont observées. Déduire une matrice origine-destination sur les déplacements passe donc nécessairement par une modélisation.

Cette fiche présente la méthode de collecte des informations du recensement, les informations fournies par la source, notamment en matière de mobilité, et la phase de traitement des données (principaux biais connus, généralisation à l'ensemble de la population, mesure des évolutions, intégration des données au modèle).

Le document présente aussi des ressources bibliographiques pour approfondie.

 

Données issues des antennes de la téléphonie mobile

première page de la ficheLes réseaux de téléphonie mobile génèrent des données qui peuvent être valorisées par les opérateurs, car elles présentent un fort potentiel pour la connaissance des mobilités en raison de:

  • leur potentiel de représentativité ;
  • leur vaste couverture géographique ;
  • le fait que le téléphone mobile soit un objet nomade qui accompagne presque systématiquement son porteur dans ses déplacements.

Il existe désormais une offre commerciale mature à destination des acteurs publics et privés dans les domaines des transports et du tourisme, notamment, mais aussi à des fins d’études de marché. 

Cette fiche à destination des techniciens présente les exploitations possibles de ces données issues des téléphones mobiles. Elle explicite la méthode de collecte des données, le type d'informations fournies et qui peuvent être extraites de ces données, précise la démarche lors de la phase de traitement des données et leur intégration dans des modèles de déplacements: du point de vue de la modélisation, ces données peuvent servir à la détermination de flux par ailleurs difficiles à mesurer, mais le faible recul sur leur domaine de pertinence impose cependant de les intégrer avec précaution dans la chaîne de modélisation.

 

Enquêtes déplacements auprès des ménages

Les enquêtes sur les déplacements des personnes des ménages sont réalisées depuis longtemps. A l'origine, ces enquêtes permettaient essentiellement de répondre aux besoins de la modélisation des déplacements.
En effet, cette source de données va apporter les principales données permettant de caler un modèle de demande :

  • comme le nombre de déplacements réalisés pour l'étape de génération
  • comme les flux zones à zones et la distribution des distances parcourues pour l'étape de distribution
  • ainsi que les parts modales pour l'étape de choix modal

Les enquêtes ont aujourd'hui un usage qui va au-delà des besoins pour la modélisation. L'ensemble des questions posées permet de répondre à des besoins de connaissance des comportements de mobilité.

 

Connaître la mobilité grâce à la lecture de plaques d'immatriculation

La lecture automatisée de plaques d’immatriculation (LAPI), développée à l'origine pour la verbalisation des véhicules, fait partie des sources permettant de modéliser les déplacements. Ces caméras sont capables de détecter des véhicules, ainsi que de lire et déchiffrer une suite numérique, grâce à une technologie spécifique de reconnaissance optique de caractères. 

Les données LAPI sont couramment commandées par des collectivités locales afin de disposer de données de trafic sur leur territoire. Cette fiche, destinée aux chargés d’études en collectivité ou en bureau d’étude et aux chefs de projet mobilité, explique comment sont collectées ces données, avec quels protocoles, quelles informations sont fournies, comment elles sont traitées et les précautions pour les intégrer à la chaîne de modélisation.

 

Télécharger les fiches sur CeremaDoc :

 

La série :

  • Fiche chapeau - Collecte et utilisation de données de mobilité pour la modélisation des déplacements - Des enquêtes ménages déplacements aux données massives.
  • Fiche n° 1 - Enquêtes origine-destination
  • Fiche n°2 - Navettes : apport du recensement de la population
  • Fiche n°3 - Données issues des antennes de la téléphonie mobile
  • Fiche n°4 - Enquêtes déplacements auprès des ménages 
  • Fiche n°5 - Connaître la mobilité grâce à la lecture de plaques d’immatriculation de véhicules.

Fiches à paraître :

  • Données issues des enquêtes spécifiques sur le transport de marchandises
  • Traces GPS de véhicules
  • Traces GPS d’applications smartphone
  • Enquêtes de préférences déclarées
  • Comptages ponctuels, permanents ou temporaires
  • Données billettiques et de péage
  • Données des capteurs Bluetooth et Wifi