9 décembre 2020
Plage de Guadeloupe avec une tortue de mer
Wikimedia Commons
Ce document regroupe toutes les connaissances concernant l'évolution du littoral de la Guadeloupe: activités humaines, mouvements sédimentaires, climatologie, hydrodynamie... Il constitue un outil précieux pour la compréhension des enjeux et l'aménagement du territoire et propose une vision prospective.

Conçue dans le cadre de la cadre de la Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte, cette série "Dynamiques et évolutions du littoral" présente l'état des connaissances disponibles sur chaque partie du littoral métropolitain et d'outre-mer.

Ce document est composé de 5 chapitres thématiques:

  • Contexte physiographique : principales caractéristiques géologiques et morphologiques, habitats naturels participant à l’évolution du littoral,
  • Facteurs hydrodynamiques : principaux facteurs exogènes tels que les paramètres climatiques, les niveaux et courants marins, les vagues et l’hydrologie des principaux cours d’eau,
  • Données sédimentologiques : nature et répartition des sédiments sur les côtes et les fonds marins, ainsi que leurs mouvements le long du littoral,
  • Impact des activités anthropiques : principaux aménagements réalisés sur les côtes et leur impact sur l’évolution du littoral, ainsi que les mesures prises pour limiter ces impacts,
  • Evolution du littoral et des fonds : bilan des tendances passées d’évolution du littoral et des fonds, ainsi que mouvements sédimentaires ponctuels liés au passage d’événements tempétueux morphogènes.

 

10% du littoral de la Guadeloupe est artificialisé

Couverture du guideL’archipel de la Guadeloupe est composé de six îles principales qui offrent plus de 630 km de côtes très diversifiées en raison leur histoire géologique : GrandeTerre (calcaire) et Basse-Terre (volcanique) qui sont les deux îles principales, entourées d'îles et archipels : la Désirade (20 km²), les îlets de la Petite-Terre (1,7 km²), Marie-Galante (158 km²) et les Saintes (13 km²).

Le littoral guadeloupéen connaît des pressions anthropiques nombreuses et variées du fait de l’activité touristique qui s'est fortement développée depuis les années 70 et de la transformation des modes de vie entraînant la requalification sociale et fonctionnelle des zones côtières. La population est essentiellement concentrée sur le littoral où on compte plus de 66 kilomètres d'aménagements et ouvrages côtiers, soit 10,6% du littoral artificialisé.

Des conflits d’usage peuvent s’y manifester, souvent au détriment des espaces naturels que les diverses formes de protection (forêt domaniale du littoral, domaine public maritime et littoral, loi Littoral) tentent de maintenir dans leur intégrité. La plaisance, par exemple, a un impact sur les fonds marins en raison des mouillages des bateaux importants sur certains sites, l'agriculture avec l'usage de produits chimiques rejetés en mer augmente la présence de nitrates. les eaux usées sont également une problématique, et seulement 40% des foyers sont raccordés au réseau de collecte des eaux usées.

Par ailleurs, les aménagements anthropiques sur les plages guadeloupéennes peuvent perturber les dynamiques sédimentaires, à long et court termes.

40% du territoire est recouvert de forêts, et le réseau hydrographique est dense. Le littoral est composé de falaises sur 35% du linéaire, de formations rocheuses basses sur 19,7% du linéaire, de plages sur 20% du rivage et de mangroves (19,6% du littoral). 

Le document présente les spécificités de chaque partie du littoral de Guadeloupe.

 

Evolution du littoral et perspectives

carte de la guadeloupe avec photos de différents paysagesL'archipel présente une particularité: les beach-rock ou grés de plage, qui résultent de la lithification in situ de la partie médio-littorale d’une plage. Ils peuvent représenter une protection contre l'érosion surtout lorsqu'ils sont inclinés.

En raison de sa position géographique et de son climat tropical insulaire et humide, la Guadeloupe est également exposée aux événements météo-marins extrêmes (tempêtes tropicales, cyclones), qui peuvent provoquer des dégâts sociaux-économiques et environnementaux. Certains séismes peuvent également intervenir dans les mécanismes d’évolution du littoral.

Les principales zones de recul du trait de côte sont localisées le long des côtes sableuses exposées aux houles chroniques, c’est-à-dire sur la côte nord-est et sud de Grande-Terre ainsi que la côte sud-est de Basse-Terre. Les linéaires rocheux présentent une bonne résistance même si, lors d’événements cycloniques, certaines falaises peuvent présenter des signes d’érosion.

Le littoral de Guadeloupe est fragilisé en raison d'une pression croissante des aménagements anthropiques et des événements météorologiques destructeurs qui entraînent une forte houle. La dynamique actuelle du littoral de l’archipel guadeloupéen est principalement conditionnée par l’hydrodynamisme marin, si bien que toutes les parties du littoral ne sont pas touchées de la même manière par l'érosion (qui peut même varier au niveau d'une seule plage).

Entre 1950 et 2013, certaines côtes basses sableuses ou à galets exposées aux houles présentent une forte érosion, surtout à l’est de la Basse-Terre et au nord-est et sud-est de la Grande-Terre. Néanmoins, certaines montrent également des signes d’accrétion. En revanche, de manière générale, les mangroves et estuaires présentent des signes d’accrétion, notamment dus à des apports terrigènes. 

 

 

Pour accéder à l'ouvrage :

Dans le dossier Dynamiques et évolutions du littoral : la synthèse des connaissances sur l'évolution du littoral