9 janvier 2026
Carrefour dans la forêt de Fontainebleau
Laurent Mignaux - TERRA
Une cartographie identifiant et priorisant les points noirs et obstacles aux continuités écologiques terrestres sur le territoire hexagonal a été réalisée par le Cerema à la demande de la Direction Générale de l'Aménagement, du Logement et de la Nature / Direction de l’Eau et de la Biodiversité (DGALN/DEB) et en partenariat avec d’autres organismes (Direction Générale des Infrastructures, des Transports et des Mobilités (DGITM), Directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL), Régions et Centre de ressources Trame Verte et Bleue.
Un premier rapport portant sur les points noirs liés aux infrastructures linéaires de transport (ILT : routes, voies ferrées et canaux) est disponible.

134 points noirs prioritaires liés aux infrastructures de transport

D’après le décret du 17/12/2019 adaptant les orientations nationales pour la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques, l’identification et la priorisation des points noirs doivent être prévues par les régions pour pouvoir résorber ces obstacles. La Stratégie Nationale Biodiversité 2030 a renforcé cette notion en introduisant de nouvelles mesures sur la résorption des points noirs.

Dans ce cadre, la Direction de l’Eau et de la Biodiversité (DEB) du Ministère de la Transition Écologique a sollicité le Cerema pour élaborer une cartographie nationale d’identification et de priorisation des points noirs, ainsi qu’une base de données associée, établies selon une méthode homogène en France hexagonale. Trois territoires régionaux (DREAL/Régions) ont été associés (Bretagne, Normandie et Grand Est) aux travaux. 

La méthodologie basée sur une modélisation informatique se décompose en 5 grandes étapes : 

  • Classification des infrastructures selon un niveau de transparence (i.e niveau de « franchissabilité » de l’infrastructure au regard des déplacements de la faune;

  • Prise en compte des ouvrages de transparence des infrastructures de niveau 1 ;

  • Modulation du niveau de transparence des infrastructures de niveau 1 en fonction de la présence d’infrastructures jumelées ;

  • Affectation d’une note globale de transparence par section d’infrastructure ;

  • Croisement des zones fragmentantes avec les trames vertes et bleues (TVB) régionales. 

Des cartographies ont été produites identifiant 134 points noirs prioritaires et 46 secondaires (de moindre importance) pour les trois catégories d’ILT (routes, voies ferrées et canaux).
 

Cartographie des point noirs "routes" (pdf joint)

 


A la suite de l'étude 

Ces données ont été transmises aux treize territoires régionaux de l’Hexagone en fin de second semestre 2025 pour avis et remontée d’une liste finale de points noirs "ILT" prioritaires à résorber par région (travail mené courant 2026).

In fine, ces données de points noirs serviront aux DREAL/Régions, gestionnaires d’infrastructures de transport (Direction Interrégionales des routes (DIR), Départements, concessionnaires privés), porteurs de projet, aménageurs… à hiérarchiser les priorités d’intervention et les investissements, puis dans un second temps, à effectuer un suivi des résorptions des points et de restauration des continuités écologiques terrestres.

Le même travail sera mené en 2026 sur les territoires d’Outre-Mer.

 

Solutions pour résorber les points noirs

Un point noir "ILT peut être résorbé en créant un passage à faune adapté aux espèces présentes et en posant des clôtures de chaque côté de l’infrastructure pour conduire les animaux à franchir le passage (sous réserve qu’il soit efficace). Des aménagements existants peuvent aussi être requalifiés (mise en place de banquette dans un ouvrage hydraulique, enherbement d’un boviduc par exemple). D’autres mesures peuvent être mises en place : réductions de vitesse, voire fermeture saisonnière de route.

 

Des guide sur les passages à faune :

Le Cerema a publié :

  • un guide "Les passages à faune. Préserver et restaurer les continuités écologiques avec les infrastructures linéaires de transport" (2021) pour la mise en œuvre des passages à faune, qui constituent la principale mesure de défragmentation des écosystèmes, dans différents contextes. Il s'adresse principalement aux gestionnaires de réseaux d'infrastructures linéaires de transport.
  • le guide "Permettre à la faune de franchir les infrastructures de transport" (2020)  

Le système d'information des passages à faune :

Une base de données nationale des passages à faune existants sur le réseau routier; ferroviaire et les voies navigables, le SIPAF (Système d'information des passages à faune), est disponible pour l'ensemble des acteurs. 

Contacts Cerema