Cet article fait partie du dossier : Le programme Territoires adaptés au climat de demain (+4°C) : Co-construire un diagnostic et une stratégie d’adaptation
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Le Programme territoires Adaptés au Climat de Demain, lancé en 2025 par le Cerema, a pour objectif d’apporter un accompagnement technique et en termes de transmission des connaissances aux collectivités. Il a été conçu selon plusieurs approches : une approche intégrée ou une approche sectorielle.
Dans la cadre de l’approche sectorielle dédiée au bâtiment, cette méthode est adaptée pour des collectivités disposant des tailles de parcs immobiliers variées : des communes assurant la gestion de bâtiments communaux comme les écoles, des locaux administratifs ou encore des espaces culturels. Des départements qui gèrent les collèges, des bâtiments de bureaux, des centres d’archives ou même des régions.
Le diagnostic : connaître son patrimoine
Le Cerema a accompagné un département dans sa démarche d'adaptation du parc de bâtiments publics face aux aléas climatiques du territoire et ses bâtiments étudiés. La première étape a été la réalisation d'un diagnostic précis des bâtiments.
La méthode ABCD est déployée dans le cadre d’une vision globale du patrimoine immobilier et permet d’attribuer à chaque bâtiment un niveau de risque pour chaque aléa étudié comme les fortes chaleurs, inondations, sécheresses, retrait et gonflement des sols argileux, feux de forêt, vents violents, grêle. Selon les besoins et la localisation de la collectivité, un seul ou plusieurs aléas climatiques peuvent être analysés.
Dans le cadre du département accompagné, le Cerema s’est attaché à évaluer le risque fortes chaleurs pour leurs bâtiments mais l’exposition à l’ensemble des aléas climatiques a d’abord été regardé grâce aux résultats des indicateurs TRACC, Trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique. Ainsi, dans un département, les projections d’exposition montrent, par exemple, une possible évolution des températures maximales moyenne en été de +3°C en 2050 et +5°C à 2100. Une augmentation des précipitations extrêmes, passant de 49 mm à 55 en 2100 et davantage de jours où les sols seront secs, estimés à 100 en 2050 et 150 en 2100.
Le risque d’un bâtiment face à une aléa climatique est défini par le croisement de l’exposition à un aléa, déterminé par des paramètres externes comme l’évolution du climat, les effets de chaleur urbain etc et la vulnérabilité qui vient évaluer les paramètres internes des bâtiments : composition des façades, mode d’occupation, stratégie de ventilation etc. Les paramètres externes et internes étudiés varient donc en fonction de l’aléa climatique regardé. Dans la cadre des fortes chaleurs, la note de vulnérabilité pour chaque bâtiment va dépendre notamment :
- Des apports internes
- Des stratégies de ventilation
- Des surfaces vitrées et de leur protection
- De la composition des façades, toitures et inertie du bâtiment
- De l’aménagement de la parcelle,
- De la présence d’équipements technique comme les brasseurs d’air, puits climatiques, rafraîchisseurs...
A noter : les systèmes de climatisations ne sont pas pris en compte dans la méthode.
Ainsi à partir des résultats du diagnostic de risque pour chaque bâtiment permettant de les prioriser entre eux, une stratégie d’adaptation à l’échelle du parc peut être construite. Cette stratégie prend la forme d’un tableau récapitulant par bâtiment les grandes actions d’adaptation qui pourraient être mises en œuvre.
Dans le cadre de l’accompagnement, ce travail a mis en évidence une forte exposition d’environ la moitié du parc de bâtiments aux fortes chaleurs à l’horizon 2100 avec des niveaux de vulnérabilité élevés pour la plupart des bâtiments., ce qui signifie que les bâtiments ne permettent pas dès aujourd’hui, en cas de fortes chaleurs, d’assurer un confort aux usagers.
Des recommandations pour adapter les bâtiments à intégrer aux documents stratégiques de la collectivité (SDIE, programmes de travaux etc.)
L’adaptation des bâtiments comprend une série d’actions destinées à améliorer le confort d’usage et la résistance des bâtiments aux conditions climatiques futures.
Des actions de travaux, pour chaque critère de notation, ont été envisagées et décrites afin d’aider les agents à comprendre les futurs enjeux techniques liés à l’amélioration du confort d’été dans les bâtiments et pour permettre d’amorcer une stratégie d’adaptation.
Ces bouquets de travaux peuvent être classés selon trois niveaux d’adaptation :
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