2 mai 2023
inspection au niveau d'une route dégradée par le séisme
Cerema
Entre le 31 mars et le 9 avril 2023, un spécialiste de l’équipe de recherche "Repsody" Département Risques Naturels du Cerema Méditerranée a participé à la mission post-sismique organisée par l’AFPS (Association Française du génie Para-Sismique) en Turquie, après les deux séismes survenus le 6 février 2023, de magnitudes Mw 7.8 et Mw 7.5. Cette mission pluridisciplinaire permet d’enrichir les connaissances sur les impacts des séismes, la gestion de crise, la réglementation parasismique notamment. 

L’AFPS (Association Française du génie Para-Sismique) est en charge du dispositif national français, dit "dispositif urgence", pour la conduite de diagnostics de bâtiments en situation d’urgence post-sismique sur le territoire national, également à l’international, sous convention d’intervention spécifique. L’Association organise aussi régulièrement des missions post-sismiques permettant d’effectuer du retour d’expérience sur des évènements réels et de développer l’expertise en génie parasismique.

Maisons endommagées en Turquie
Maisons endommagées suite aux séismes - Adobestock

Les objectifs techniques de la mission sont divisés en différents volets :

  1. Sismologie,
  2. Mouvements sismiques pour l’ingénieur et réglementation,
  3. Comportement de sols,
  4. Comportements de Monuments Historiques,
  5. Petits bâtiments et maisons individuelles,
  6. Comportement de Grands Ouvrages (Hôpitaux, Ponts, Barrages, Centrales)
  7. Réseaux et installations industrielles et 8) Gestion de Crise et reconstruction.

Suite aux événements du 6 février 2023 en Turquie (deux séismes de Mw 7.8 et Mw 7.5 à moins de 100 km de distance), une mission a été organisée avec la participation d’une quinzaine d’agents de différents Instituts et organismes publiques et entreprises privées membres de l’AFPS. Le Cerema a eu l’occasion d’y participer, en mettant en œuvre son expertise en ce qui concerne les mesures dynamiques in-situ, tant sur les sols environnant les zones de rupture afin de caractériser l’amplification du mouvement sismique, ainsi que sur les bâtiments et les ouvrages de génie civil (ponts, barrages, monuments historiques) pour mieux cerner les effets de vibrations sur l’environnement et le bâti. 

Cette mission post-sismique a été menée au niveau de l’épicentre des séismes, qui sont survenus proches de la surface (hypocentres à moins de 20 km de profondeur). Le Cerema a placé des capteurs à différents endroits , notamment des bâtiments, infrastructures, réseaux, pour comprendre leur comportement et les déplacements des sols et estimer la réponse des bâtiments à la suite des séismes ainsi que leur comportement dans le futur.  Ces informations permettent notamment de savoir s’il est opportun de reconstruire sur le même site, et comment.

La mission a consisté en plusieurs visites de sites impactés et des rencontres avec des universitaires et professionnels du génie parasismique turques pour recueillir un maximum d’information. Elle a également été l’occasion de rencontrer les habitants sur place, de recueillir leurs témoignages sur les constructions, les normes, les impacts du séisme, la gestion de crise... 

Figure de gauche : sismicité depuis entre le 6 février 2023 et 6 avril 2023 (couleur correspond à la magnitude) Source : emsc-csem.org. Droite : parcours des voitures de la mission postsismique AFPS (4 voitures confondues)
Figure de gauche : parcours des voitures de la mission postsismique AFPS (4 voitures confondues) Droite : sismicité depuis entre le 6 février 2023 et 6 avril 2023 (couleur correspond à la magnitude) Source : emsc-csem.org.

 

Ce retour d’expérience permet de récolter de nombreuses données et apportera des enseignements utiles le comportement des structures, sur les bonnes pratiques de construction, sur les endroits où les risques sont les plus importants, mais aussi sur la gestion de crise. Un rapport est en cours de rédaction par l’équipe de l’AFPS qui sera publié et présenté au public à la fin du mois de Septembre 2023.

En bref, quelques chiffres de la campagne : une région couverte de 250 km x 100 km (Fig 1a) par 4 voitures avec plus de 10000 km parcourus (cumulés) Fig 1b, plus de 3000 photos et 200 vidéos, et plus de 800 Mo de données de vibrations ambiantes enregistrés sur place (sols et structures).

 

mesure de vibrations au sol

 

 

Mesures de vibrations ambiantes à la base d'un bâtiment légèrement endommagé, dans le quartier nord d'Adana.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mesures barrage

 

Mesures de vibrations ambiantes avec matériel CEREMA, barrage-voûte de Berke (nord de Osmaniye, Turquie)

 

 

 

 

 

 

faille

 

 

 

 

 

Expression en surface de la faille > 1 m de décrochement senestre, quartier résidentiel de Kirikhan.