9 mars 2026
Verglas sur la route
Laurent Mignaux - TERRA
En France, sur le territoire métropolitain, un des effets du changement climatique est la multiplication des épisodes de précipitations verglaçantes. Le Cerema fait le point sur la stratégie de viabilité hivernale à déployer en amont et juste avant ces précipitations. Cette présentation sera effectuée au congrès mondial de la viabilité hivernale et a obtenu la médaille d'or.

L'élévation de la température des océans et de la Méditerranée induit la présence de masses d’air humide et relativement chaud, qui, lorsqu’elles rencontrent des masses d’air froid en provenance du nord peuvent donner lieu, à l’interface, à des précipitations sous forme de pluie en surfusion. Ce phénomène se produit lors de l’arrivée d’une perturbation océanique marquant le redoux alors qu’une pellicule froide persiste dans les basses couches à proximité du sol (Figure 1). Il est assez bien prévu par les météorologues.

 

Un phénomène à anticiper 

Figure 1/ Schéma représentatif d'une pluie en surfusion ; source Cerema

Les gouttes d’eau provenant de la neige qui a fondu en parcourant l’air doux en altitude, puis se refroidissent en traversant l’air froid resté proche du sol. Ces gouttes d’eau sont alors à l’état de surfusion, c’est-à-dire liquide mais à une température négative. Dans un état très instable, ces gouttes se transforment instantanément en glace au moindre choc. La glace apparait alors immédiatement sur tout élément situé sous la précipitation : voiture, arbre, caténaire etc. (Figure 2). Un verglas apparait instantanément sur la surface d’une chaussée, qu’elle soit à température négative ou positive.

Les conséquences en pertes d’adhérence sont immédiates et fortes : la circulation devient rapidement très délicate, les sorties de route des véhicules ou les collisions deviennent fréquentes, les accidents peuvent avoir de graves conséquences avec des blessés et des tués. Les poids lourds se trouvent facilement en difficulté (immobilisation, impossibilité de gravir une pente, accident, ...) provoquant des paralysies de trafic qui, non seulement bloquent les usagers, mais empêchent aussi les engins de service hivernal d’intervenir. 

 

Pour ne pas être pris au dépourvu, l’anticipation est le maitre mot. Les gestionnaires routiers doivent avoir établi une procédure visant à gérer au mieux ce type d’épisode en évitant la crise, qui doit elle aussi être anticipée.

Les stratégies et les moyens doivent être prêts dès la connaissance du risque :

  • des prévisions météorologiques fiables et bien interprétées ;
  • une organisation clairement définie en amont (chaîne de décision, circuits et procédures d’intervention) ;
  • des stratégies de traitement adaptées associant des traitements précuratifs et curatifs et basées sur l’utilisation de sel pré-humidifié (bouillie) à des dosages adaptés ;
  • l’activation de mesures de gestion de trafic (stockage préventif des poids-lourds, communication…) ;
  • une coordination de tous les acteurs de la gestion de crise (services gestionnaires des routes, forces de l’ordre, secours, préfectures).