11 mai 2026
Vue aérienne de Sarrebourg
Adobestock
Dans le cadre de la stratégie de développement du vélo de la ville de Sarrebourg, le Cerema a mené une étude de faisabilité pour la création d'une liaison cyclable traversant la ville, en évaluant les impacts sur les différents modes de déplacement.

La Communauté de communes Sarrebourg Moselle Sud (CCSMS) a engagé une stratégie de développement des mobilités actives afin d’atteindre, à court terme, une part modale du vélo de 9 %. Dans ce cadre, un schéma directeur cyclable a été élaboré pour structurer un réseau cohérent à l’échelle intercommunale et renforcer les continuités à travers la ville-centre.

L’un des maillons prioritaires identifié concerne la création d’une liaison cyclable Est–Ouest traversant Sarrebourg, notamment le long de l’avenue Poincaré qui présente un profil très routier à 2x2 voies. Cet axe, structurant pour les déplacements urbains, concentre des flux automobiles importants et dessert des secteurs commerciaux, résidentiels et des équipements majeurs.

Afin d’évaluer la possibilité d’insérer un aménagement cyclable sécurisé tout en maintenant un fonctionnement satisfaisant du trafic motorisé, la collectivité a sollicité le Cerema pour réaliser une étude de faisabilité approfondie. L’enjeu est d'évaluer les impacts d’une réduction de la place donnée à la voiture et définir les conditions de mise en œuvre d’un projet cohérent.

 

Un axe essentiel au fonctionnement urbain de Sarrebourg

Le périmètre d’étude couvre environ trois kilomètres, depuis la rue de Lunéville à l’ouest jusqu’au carrefour dit "Cora" à l’est, en passant par l’avenue de France, l’avenue Poincaré, la place Mathey et l’avenue Joffre. Cet axe assure plusieurs fonctions :

  • Desserte des zones commerciales périphériques,
  • Accès au centre-ville,
  • Transit inter-quartiers,
  • Liaisons vers les communes voisines.

Les analyses de trafic ont été réalisées à partir de campagnes de comptages routiers (réalisées du 23 au 29 juin 2022 et complétées par des comptages directionnels en décembre 2024), distinguant notamment les heures de pointe du matin et du soir, cette dernière constituant la situation la plus contraignante pour le dimensionnement des aménagements.

Une démarche combinant diagnostic et simulation

L’étude conduite par le Cerema s’est appuyée sur une approche en deux temps :

  1. Une analyse statique des carrefours existants, fondée sur les méthodes nationales de calcul de capacité, afin d’évaluer leur fonctionnement et les niveaux de saturation.
  2. Une simulation dynamique microscopique, permettant de modéliser finement les interactions entre véhicules et cyclistes, les remontées de files, les temps d’attente et les effets de report en situation projetée.

Le modèle numérique a été calé sur les données observées sur le terrain afin de garantir la fiabilité des simulations. Plusieurs scénarios d’aménagement ont ensuite été testés, intégrant notamment la suppression d’une voie de circulation automobile dans chaque sens et l’insertion d’un aménagement cyclable bidirectionnel continu. Ce modèle de simulation dynamique microscopique du trafic a été réalisé par le Cerema à l'aide du logiciel PTV Vissim. Il s'agit de modéliser les rues de la ville et de faire passer le trafic projeté sur ce périmètre, afin d'analyser les conditions de circulation. La simulation dynamique est l'outil le plus précis pour évaluer la longueur des remontées de file et les interactions entre des carrefours proches en milieu urbain. Il a permis également de tester plusieurs variantes d'aménagement au niveau des carrefours (variantes de carrefour à feux, de giratoire ou de carrefour géré par stop ou cédez-le-passage) et de la section courante (1 ou 2 voies, rues passées à sens unique).

 

Le scénario principal étudié consiste à :

  • Réduire l’avenue Poincaré à une voie de circulation dans chaque sens,

  • Aménager une piste cyclable bidirectionnelle continue,

  • Adapter la géométrie et la gestion des carrefours,

  • Optimiser les plans de feux lorsque nécessaire.